Retraite : j’ai travaillé aux Etats-Unis, quelle sera ma pension ?

Vous avez travaillé aux États-Unis et vous vous interrogez sur votre retraite ? Découvrez les démarches à suivre sur votre future pension de retraite.
Sommaire

Les travailleurs sont nombreux à se poser des questions sur le fonctionnement de la retraite aux États-Unis. Quel est l’âge de départ à la retraite, quelles sont les conditions à respecter, les périodes sont prises en compte, etc. Sachez que la France et les États-Unis ont signé une convention bilatérale de Sécurité sociale vous permettant de faire reconnaître vos annuités et de cumuler vos droits dans les deux systèmes de retraite.

Quel est l’âge de la retraite aux Etat-Unis ?

Aux États-Unis, l’âge de départ à la retraite est déterminé selon l’année de naissance et augmente progressivement de 2 mois par an. Il est fixé à 66 ans et 2 mois pour les personnes nées en 1955, et 67 ans pour les personnes nées en 1960 ou après.

Il est néanmoins possible de prendre une retraite anticipée dès l’âge de 62 ans avec une réduction des prestations.

Un calculateur est mis à disposition sur le site de la Social Security Administration.

Quelles sont les conditions pour bénéficier d’une pension aux Etats-Unis ?

Pour bénéficier d’une pension aux USA, il faut remplir deux conditions principales : l’âge et le nombre de crédits de travail (« quarter of coverage » – QC), qui sont acquis en travaillant et en payant des taxes de sécurité sociale.

En tant que travailleur français, il faut avoir cumulé au moins 6 crédits sur le sol américain, ce qui représente environ 1 an et demi de travail. Les crédits sont acquis en fonction des revenus, avec un maximum de quatre crédits par an. La totalité de votre durée de travail cumulée en France et aux États-Unis doit être de 10 ans minimum. (Source : https://www.cleiss.fr/docs/textes/conv_etatsunis.html)

Comment est calculée la retraite si l’assuré a eu une carrière mixte aux Etats-Unis et en France ?

Selon le Cleiss, l’accord de Sécurité sociale entre la France et les USA permet d’additionner les périodes de travail accomplies en France et aux États-Unis pour le calcul de la durée de votre carrière dans les deux pays. L’objectif de cet accord est de ne pas pénaliser un travailleur qui a effectué une partie de sa carrière en France et une partie de sa carrière aux États-Unis.

Concrètement, l’accord prévoit le calcul séparé des retraites. Ainsi, lorsque vous avez décidé de liquider votre retraite et que vous remplissez les conditions d’ouverture de droit, la caisse de retraite française prendra en compte votre carrière effectuée sur le sol français. En cas de besoin, les périodes validées aux États-Unis seront également comptabilisées pour bénéficier d’un taux plus avantageux pour votre retraite.

À noter :
Chaque pays va calculer la pension en fonction de sa législation nationale et au prorata du temps travaillé sur son territoire. Cela signifie aussi que comme l’âge et les conditions de retraite varient d’un pays à l’autre, l’assuré bénéficiera des prestations de chaque pays, uniquement lorsqu’il aura satisfait à la condition d’âge prévue par la législation du pays en question.

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Exemples de calcul en cas de périodes accomplies aux Etats-Unis

Prenons quelques exemples pour illustrer le calcul de la retraite après une carrière mixte effectuée aux États-Unis et en France.

Exemple 1 : « J’ai travaillé 2 ans aux Etats-Unis, quelle sera ma retraite ? « 

Prenons l’exemple d’une personne née en 1967, qui a travaillé 2 ans aux États-Unis (8 trimestres). À l’âge du départ à la retraite, cette personne devra justifier de 172 trimestres pour obtenir le taux plein en France.

À l’âge de 63 ans, ses droits à la retraite du régime français seront calculés en fonction de ses trimestres validés en France. Si ces derniers sont suffisants pour atteindre le taux plein, les périodes de travail aux États-Unis ne seront pas prises en compte dans ce calcul.

Retraite = Revenu annuel moyen × 50 % × (trimestres validés en France) / 172

Si, en revanche, le nombre de trimestres validés en France est insuffisant, les périodes américaines pourront être utilisées pour améliorer le taux de calcul et obtenir un taux plus avantageux.

Retraite = Revenu annuel moyen × 50 % x (trimestres validés en France + 8) / 172

Exemple 2 : « J’ai travaillé 5 ans aux Etats-Unis, j’aimerais savoir quelle sera ma pension ? « 

Vous êtes né en 1963 et vous avez passé 5 ans à travailler aux USA (20 trimestres)  et 38 ans en France (152 trimestres). Vous devez justifier de 170 trimestres pour obtenir le taux plein. 

Vos droits à la retraite du régime français seront calculés en prenant en compte les périodes accomplies aux Etats-Unis, puisque vous n’avez pas validé assez de trimestres pour obtenir le taux plein en France. Là aussi, le montant est proratisé par rapport à la durée réelle passée dans chaque pays. 

Retraite = Revenu annuel moyen × 50 % (20+152) × 152/170

Exemple 3 : « J’ai travaillé 25 ans en France puis 10 ans aux Etats-Unis, j’aimerais savoir quelle sera ma pension ? « 

Comme dans l’exemple précédent, vos droits à la retraite seront examinés en faisant appel aux périodes américaines pour obtenir le taux le plus avantageux.

En effet, dans votre cas les périodes de cotisation en France et aux États-Unis seront prises en compte pour éviter des pénalisations dues à une carrière mixte.

A quel moment faire sa demande de pension ?

Les pensions de retraite ne sont pas accordées automatiquement. Il est conseillé de faire sa demande de pension plusieurs mois avant la date d’ouverture du droit. Si vous résidez en France, déposez votre demande auprès de la caisse de retraite de votre lieu de dernière affiliation en France (Carsat/Cnav, CGSS, CCMSA, etc.). 

Votre caisse examinera vos droits à pension française dans le cadre des règlements de coordination et transmettra une demande de liquidation de pension étrangère aux organismes américains.

A retenir :Les États-Unis et la France ont conclu une convention de Sécurité Sociale afin de pouvoir additionner les périodes de travail accomplies dans les deux pays.
Il faut avoir cumulé au moins 6 crédits sur le sol américain pour que les règles de coordination soient applicables.
Vous devez soumettre votre dossier à la caisse de retraite compétente de votre pays de résidence.
Consultez un expert en retraite pour un accompagnement personnalisé.

Sources utilisées : 

https://www.cleiss.fr/docs/textes/conv_etatsunis.html

https://www.cleiss.fr/docs/textes/conv_etatsunis.html

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F35063

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F19666
https://frenchmorning.com/fiches/la-retraite-aux-usa/laccord-de-securite-sociale-entre-la-france-et-les-etats-unis/« 

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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