Qui est réellement concerné par la retraite progressive depuis le 1er janvier 2015 ?

Sommaire

La retraite progressive permet au salarié de réduire son temps de travail tout en bénéficiant d’une compensation de revenu par le versement d’une partie de ses retraites. De son côté, l’entreprise aménage en douceur une transmission des savoir-faire tout en diminuant les coûts salariaux.

La retraite progressive, qui existe depuis le 1er juillet 1988, est soumise à 3 conditions : une condition d’âge, une condition de durée d’assurance, et une condition d’activité à temps partiel. Elle est déterminée et servie à titre provisoire : la retraite définitive sera recalculée en intégrant les droits acquis par les cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

L’article 18 de loi n°2014-40 du 20 janvier 2014 a modifié les conditions d’accès ainsi que le mode de détermination de la fraction de pension à servir. Le but est de rendre plus attractif ce dispositif jusque-là très peu utilisé.

Le décret d’application n°2014-1513 du 16 décembre 2014 précise et assouplit les règles applicables à la retraite progressive en prévoyant à compter du 1er janvier 2015 :

  • une attribution possible dès l’âge de 60 ans,
  • la prise en compte de l’intégralité des régimes de retraite pour la condition de durée d’assurance des 150 trimestres,
  • une fraction de pension à servir égale à la différence entre 100 % et la durée de l’activité à temps partiel qui doit lui-même être compris entre 40 % et 80 %. Auparavant, il n’existait pas de minimum à la durée du temps de travail.

La loi prévoit aussi que l’attribution d’une retraite progressive auprès du régime dont relève l’activité à temps partiel entraîne automatiquement le paiement de la même fraction de pension auprès des régimes de base des salariés du privé (régimes général et agricole), des commerçants-artisans (RSI), des exploitants agricoles, et des professions libérales (sauf avocats). Les retraites complémentaires associées à ces régimes sont aussi concernées : ARRCO-AGIRC-IRCANTEC pour les régimes salariés, RCI pour les commerçants-artisans et RCO pour les exploitants agricoles. Attention toutefois : les retraites complémentaires des sections de professions libérales ne servent pas de retraite progressive.

L’activité à temps partiel doit être exercée à titre exclusif et relever du régime général, du régime agricole (salariés ou exploitants), ou du RSI. Les fonctionnaires et les professions libérales en sont exclus. En fonction de l’activité exercée, la fraction de pension à servir ainsi que la date d’effet de la retraite progressive sont déterminées de manières différentes :

S’il s’agit d’une activité salariée, il faut être titulaire d’un contrat de travail à temps partiel de 40 % à 80 % de la durée légale ou conventionnelle. Si cette durée est de 35h par semaine, le temps de travail doit être compris entre 14h et 28h et la fraction de pension varie entre 60% et 80%. La retraite progressive est attribuée au plus tôt au 1er jour du mois qui suit la demande et la fraction de retraite est servie pendant 12 mois. Si la durée du temps de travail est modifiée pendant cette période, tout en respectant les bornes minimales et maximales, la retraite progressive n’est révisée qu’à compter du 13ème mois. S’il y a lieu, la part de pension du régime des exploitants agricoles est servie à compter de la même date que les régimes salariés, celle du régime de base des professions libérales est attribuée au 1er jour du trimestre civil qui suit la demande, et celle du régime des commerçants-artisans (RSI) au 1er janvier de l’année suivante.

Il ne faut exercer qu’une seule activité salariée à temps partiel, et seuls une activité bénévole et un mandat électif peuvent être exercés en parallèle. Les salariés suivants n’ont pas accès à la retraite progressive : intermittents, VRP, cadres au forfait en jours, et les mandataires sociaux (Gérants salariés, PDG ou Présidents).

S’il s’agit d’une activité commerciale ou artisanale relevant du RSI la retraite progressive prend effet au 1er janvier de l’année qui suit la demande pour tous les régimes concernés. Les revenus d’activité doivent être compris entre 40 et 80 % de la moyenne des 5 années précédant la demande. Pendant les 18 premiers mois, la fraction de pension est fixée à 50 % à titre provisionnel, puis est révisée chaque 1er juillet en fonction des revenus définitifs de l’année qui précède. Selon le cas, les caisses remboursent ou récupèrent la différence.

Enfin, s’il s’agit d’une activité non-salariée agricole l’assuré doit souscrire un plan de cession progressive de son exploitation. En fonction des parts cédées, la fraction de retraite progressive est fixée à 40 % ou 50 %. Elle est servie au plus tôt à compter du 1er jour du mois qui suit la demande pour le régime agricole et les régimes salariés, au 1er jour du trimestre civil pour le régime de base des professions libérales et au 1er janvier de l’année suivante pour le RSI.

La retraite progressive est suspendue si le bénéficiaire cesse son activité à temps partiel sans demander la retraite définitive, supprimée s’il modifie son temps de travail sans respecter les limites de durée ou s’il exerce une autre activité à temps partiel.

Pendant la retraite progressive et avec l’accord de l’employeur, le salarié peut cotiser pour la retraite sur la base d’une activité à temps plein. Le montant de sa retraite définitive ne sera ainsi pas impacté par cette réduction du temps de travail.

 

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FAQ

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La retraite progressive permet de percevoir une partie de sa retraite tout en exerçant une ou plusieurs activités à temps partiel. En revanche, le cumul avec d’autres dispositifs est encadré :

  • Avec une activité salariée : si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas exercer une activité indépendante en parallèle (et vice versa).
  • Avec le cumul emploi-retraite : la retraite progressive est une alternative au cumul emploi-retraite, et non un dispositif qui s’y ajoute. 

Après la retraite définitive : une fois admis à la retraite définitive, si vous poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, celle-ci est soumise aux règles du cumul emploi-retraite.

 

Le montant perçu dépend directement du temps de travail. Une retraite provisoire est calculée sur la base des droits acquis au moment de la demande, et la part versée est proportionnelle à la réduction d’activité. Par exemple, travailler à 65 % donne droit à 35 % de sa retraite. 

À cela s’ajoute le salaire à temps partiel, ce qui permet de maintenir un niveau de revenus global satisfaisant.

Le montant de la retraite progressive est provisoire : la pension sera recalculée et généralement revalorisée lors du départ définitif en retraite, en tenant compte des cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

 

Oui, l’employeur peut refuser une demande de retraite progressive. Toutefois, la loi encadre désormais strictement les motifs de refus : l’employeur doit justifier son refus par les conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l’activité de l’entreprise, ou par des difficultés de recrutement sur le poste concerné. Un employeur invoquant des arguments inexacts s’expose à un recours aux prud’hommes. 

En l’absence de réponse de l’employeur dans les 2 mois suivant la demande, celle-ci est considérée comme acceptée.

 

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, quelle que soit l’année de naissance.

 

Oui, en principe. La fusion n’a modifié ni les droits acquis, ni les taux de cotisation. En pratique, des trimestres ou des revenus ont parfois été mal repris lors du transfert : faire vérifier son relevé de carrière avant de partir est vivement recommandé.

 

Comme pour les salariés : une retraite de base assise sur le revenu annuel moyen des 25 meilleures années (taux de 50 % au taux plein, avec décote ou surcote selon les trimestres), complétée par une retraite complémentaire des indépendants calculée en points. Les droits acquis avant 2018 sont intégralement conservés.

 

Le RSI n’existant plus, il faut s’adresser à l’organisme compétent selon votre besoin : Assurance retraite pour la retraite, CPAM pour la santé, URSSAF pour les cotisations. Pour y voir clair et éviter les allers-retours, un expert Neovia peut faire le point avec vous lors d’un rendez-vous gratuit.

 

Trois interlocuteurs : l’Assurance retraite (CARSAT) pour la retraite, la CPAM pour la santé et l’URSSAF pour les cotisations. Pour toute question retraite, votre interlocuteur unique est l’Assurance retraite.

 

Oui, indirectement. Le RSI a d’abord été transformé en Sécurité sociale des indépendants (SSI), une structure de transition, avant d’être totalement intégré au régime général. Les indépendants relèvent désormais des mêmes organismes que les salariés.

 

Non. Le RSI a été supprimé au 1er janvier 2018. Il a laissé place à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), elle-même intégrée au régime général depuis le 1er janvier 2020. Aujourd’hui, on parle simplement de la protection sociale des indépendants, gérée par les organismes du régime général.

 

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