La retraite complémentaire : un droit pour tous

Quels sont les régimes de retraite complémentaires ? Quels sont les calculs ? Nos experts vous donnent toutes les informations à connaître !
Sommaire

Quelle que soit la profession exercée, tout actif cotise, de façon obligatoire à un régime d’assurance vieillesse de base et à un régime de retraite complémentaire. Tous les régimes complémentaires ont en commun de reposer sur un système de points. Les cotisations versées servent à acquérir des points. La totalité des points est, au moment de la liquidation des retraites, convertie en pension avec, selon le cas, l’application d’un coefficient de minoration ou de majoration. Tout dépend de la durée de la carrière ou de l’âge de liquidation de la pension.

Pas de régime unique pour la retraite complémentaire

Quelle que soit la profession exercée, vous cotisez pour vous constituer une retraite de base et une retraite complémentaire… à une nuance près : les fonctionnaires.

Les salariés ont droit à la complémentaire Agirc-Arrco dont le montant représente une part importante des retraites des cadres. A l’inverse, pour les fonctionnaires la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP) est souvent d’un montant symbolique. En effet, ce régime est récent : il a été créé en 2005.

En outre, les droits à la retraite auxquels il donne droit sont calculés sur les primes et indemnités qui ne comptent pas pour la retraite principale. Un agent titulaire qui ne recevrait pas de telles primes ou indemnités ne recevra pas de retraite additionnelle. Les agents non titulaires de l’Etat cotisent à l’Ircantec.

Avant 2013, les artisans et les commerçants disposaient chacun de leur propre régime de retraite complémentaire. Ils ont depuis un régime unique : le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants. Mais pour en obtenir la liquidation, artisans et commerçants doivent s’adresser à leur Carsat (à la Cnav pour celles et ceux qui résident en Ile-de-France).

Pour les professions libérales, tout dépend de leur section professionnelle.

A chacun son mode de calcul de la retraite complémentaire

La retraite complémentaire des salariés, agents non titulaires de l’Etat, des artisans et commerçants est minorée de façon définitive dès lors qu’ils ne peuvent prétendre à leur retraite de base à taux plein.

Par exemple, un assuré, né en 1960 qui a accompli une carrière complète comme artisan (soit 167 trimestres), obtiendra en 2022 ses retraites de base et complémentaires à taux plein, c’est-à-dire sans minoration. En revanche, s’il n’a que 160 trimestres, il subira sur sa retraite de base et sa complémentaire un abattement.

A noter : les salariés qui prennent leur retraite dès qu’ils ont tous les trimestres nécessaires pour avoir leur retraite de base à taux plein subissent un abattement temporaire de 10% sur leur retraite complémentaire Agric-Arrco pendant 3 ans. Pour y échapper, ils doivent différer de 4 trimestres la liquidation de leurs retraites.

Zoom sur la complémentaire des professions libérales

Chaque section a ses règles d’attribution. Cependant, de grands principes se retrouvent dans plusieurs d’entre elles. Ainsi, la retraite complémentaire est versée sans minoration si vous faites liquider votre retraite à partir de 67 ans (au lieu de 65 ans), cet âge limite ne s’appliquant pas à partir de la même génération selon les sections.

Elle s’adresse aux assurés nés à compter :

  • De 1955 à la CAVAMAC (section des Agents généraux d’assurance), à la CARCD (section des chirurgiens-dentistes et sage-femmes).
  • De 1956 à la CAVP (section des pharmaciens).
  • De 1957 à la CPRN (section des notaires).
  • De 1959 à la CAVOM (section des officiers ministériels).
  • De 1961 à la CARPIMKO (section des auxiliaires médicaux).

 

L’âge du taux plein à 65 ans a été maintenu à la CARPV (section des vétérinaires) et à la CAVEC (experts-comptables). Pour la CIPAV : liquidation de la complémentaire à 62 ans si le régime de base est liquidé au taux plein.

Pour un départ avant 67 ou 65 ans, selon le cas, une minoration est appliquée. Cependant, certaines sections ne l’appliquent pas en cas de liquidation de la retraite pour inaptitude. Les médecins (CARMF) font exception : ils ont droit à leur retraite complémentaire sans minoration à partir de 62 ans et obtiennent une majoration s’ils en diffèrent la liquidation.

 

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FAQ

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Au-delà des majorations de retard, il existe un risque bien plus lourd : les cotisations non acquittées dans un délai de cinq ans suivant leur exigibilité ne sont plus prises en compte pour le calcul de votre pension. Un arriéré laissé sans solution ne se traduit donc pas seulement par une dette, mais par une perte de droits définitive. En cas de difficulté, un échéancier négocié avec votre caisse préserve vos droits.

 

7 212 € de revenu annuel, soit 600 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier 2026. Chaque trimestre isolé est validé à partir de 1 803 € (150 fois le SMIC horaire). En dessous, la cotisation minimale de retraite de base (573 € en 2026) permet néanmoins de valider trois trimestres.

 

Une assiette sociale unique remplace les deux bases de calcul antérieures : votre revenu professionnel brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, encadré entre 845,86 € et 62 478 € en 2026. Cette assiette sert à toutes les branches, CSG-CRDS comprise. En contrepartie de la baisse mécanique de l’assiette de CSG-CRDS, les barèmes de retraite de base et de maladie ont été relevés. Le niveau global de prélèvement reste comparable, mais la part qui construit vos droits augmente.

 

Non, pas si vous exercez une profession libérale réglementée. L’URSSAF recouvre la maladie-maternité, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle. Vos cotisations de retraite de base, de retraite complémentaire et d’invalidité-décès sont versées directement à votre caisse professionnelle. Seule exception : les professions libérales non réglementées créées depuis le 1er janvier 2018, qui relèvent du régime général.

 

Pour le régime de base CNAVPL en 2026 : 8,73 % sur la tranche 1 (revenus jusqu’à 48 060 €) et 1,87 % sur la tranche 2 (jusqu’à 240 300 €). Le taux de tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 % avec la réforme de l’assiette sociale. Pour la retraite complémentaire, il n’existe pas de taux unique : chaque section professionnelle fixe le sien, sous forme de taux proportionnel, de classes de cotisation ou de forfait.

 

La pension de base se calcule en multipliant le nombre de points acquis sur toute la carrière par la valeur du point (0,6599 € en 2026) et par le taux de liquidation, qui dépend de votre durée d’assurance tous régimes confondus. S’y ajoute la pension complémentaire de votre section professionnelle, calculée selon ses propres règles et sa propre valeur de point. Cette complémentaire représente en moyenne environ 70 % du total perçu.

 

Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

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