Projet de réforme de la pension de réversion : exit les ex-conjoints

Réforme des retraites et pension de réversion : nos experts vous en disent plus.
Sommaire

Les conditions d’attribution de la pension de réversion, très disparates d’un régime de retraite à l’autre, créent, assurément, de grandes inégalités. La réforme des retraites harmoniserait également ces différents dispositifs. Certains régimes ont beaucoup à y perdre.   

La pension de réversion, pour les conjoints seulement  

Selon le rapport de Jean-Paul Delevoye, la pension de réversion serait réservée aux conjoints. Comme aujourd’hui, ni les partenaires de pacs, ni les concubins ne pourraient y prétendre. En revanche, les ex-conjoints en seraient exclus. Et c’est là une nouveauté ! 

Actuellement, la pension de réversion est partagée, sous certaines conditions variables d’un régime à l’autre, entre le veuf ou la veuve et les ex-conjoints de l’assuré décédé en fonction de la durée de chaque mariage.  

Les ex-conjoints perdraient le droit à la réversion pour un divorce prononcé après l’entrée en vigueur de la loi, envisagée pour le 1er janvier 2025. 

A partir de cette date, lors d’une procédure de divorce, il serait nécessaire de demander aux juges des affaires familiales de tenir compte de la perte de la pension de réversion pour établir le montant de la prestation de compensatoire. Cette prestation est versée par le conjoint le mieux nanti au moins fortuné, en principe sous forme de rente, lorsque le divorce entraîne une disparité du niveau de vie.   

La réversion nouvelle version : une garantie de niveau de vie 

La réversion sous sa nouvelle version garantirait un niveau de vie à la personne veuve égale à 70% des droits à la retraite du couple. Il faudrait avoir au moins 62 ans pour la percevoir. 

Exemple : 

Marc a une retraite de 2000 €/mois et Anita de 850 € soit au total 2850 €.  

  • Si Marc décède le premier, Anita aurait droit à une réversion de : (70% de 2850 €) – 850 € soit 1145 €. En ajoutant sa retraite de 850 €, son revenu mensuel serait de 1995 € 
  • Si Anita décède la première, Marc n’aura pas droit à la réversion car le montant de sa retraite (2 000 €) est supérieur à 70% de la totalité des retraites du ménage (70% de 2850 € = 1995 €).  

Ce mode de calcul aura un fort impact pour les conjoints n’ayant pas le même montant de retraite. Les veufs ou les veuves dont les pensions sont très inférieures à celles du conjoint décédé seront gagnants. A l’inverse celle ou celui dont la retraite représente au moins 70% des ressources du couple ne percevra rien. 

 

Exemple : 

Prenons l’exemple d’un couple de salariés. Selon les règles actuelles, quel que soit le niveau de ses revenus, le conjoint survivant a droit à la réversion de la retraite complémentaire Agirc-Arrco du défunt, accordée sans condition de ressources. Le raisonnement est le même si le conjoint décédé est fonctionnaire. 

Si les modifications en perspectives sont confirmées, elles doivent amener à revoir les stratégies à mettre en place pour s’assurer un complément de retraite notamment en cas de veuvage. Ne seraient pas concernées par ces nouvelles règles les personnes qui ne sont pas encore à la retraite au 1er janvier 2025.  

 

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FAQ

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Cela dépend de l’option et de votre situation. Le rachat au taux seul, qui efface la décote, est généralement rentable assez vite ; le rachat taux + durée l’est beaucoup plus lentement. La déduction fiscale améliore nettement le calcul, surtout si vous êtes fortement imposé. Pour les hauts revenus, l’effet sur la retraite complémentaire peut faire pencher la balance. Un calcul personnalisé est indispensable avant de décider.

 

12 trimestres maximum sur l’ensemble de la carrière, au titre des études supérieures et/ou des années incomplètes. S’y ajoutent, sous conditions, jusqu’à 2 trimestres de stages en entreprise à tarif réduit. Dans tous les cas, on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an.

 

Idéalement 4 à 5 ans avant la date de départ souhaitée : les règles de calcul sont alors connues et le gain comme l’économie d’impôt peuvent être chiffrés précisément. Racheter trop tôt (avant 30 ans) fait courir le risque de payer pour des trimestres qui deviendront inutiles.

 

Au régime général, comptez entre 1 500 € et 4 500 € par trimestre au titre du taux seul, et jusqu’à 6 500 € au titre du taux + durée. Le prix exact dépend de votre âge, de vos revenus des 3 dernières années et de l’option choisie. Le barème est fixé chaque année par la CNAV.

 

La retraite progressive permet de percevoir une partie de sa retraite tout en exerçant une ou plusieurs activités à temps partiel. En revanche, le cumul avec d’autres dispositifs est encadré :

  • Avec une activité salariée : si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas exercer une activité indépendante en parallèle (et vice versa).
  • Avec le cumul emploi-retraite : la retraite progressive est une alternative au cumul emploi-retraite, et non un dispositif qui s’y ajoute. 

Après la retraite définitive : une fois admis à la retraite définitive, si vous poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, celle-ci est soumise aux règles du cumul emploi-retraite.

 

Le montant perçu dépend directement du temps de travail. Une retraite provisoire est calculée sur la base des droits acquis au moment de la demande, et la part versée est proportionnelle à la réduction d’activité. Par exemple, travailler à 65 % donne droit à 35 % de sa retraite. 

À cela s’ajoute le salaire à temps partiel, ce qui permet de maintenir un niveau de revenus global satisfaisant.

Le montant de la retraite progressive est provisoire : la pension sera recalculée et généralement revalorisée lors du départ définitif en retraite, en tenant compte des cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

 

Oui, l’employeur peut refuser une demande de retraite progressive. Toutefois, la loi encadre désormais strictement les motifs de refus : l’employeur doit justifier son refus par les conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l’activité de l’entreprise, ou par des difficultés de recrutement sur le poste concerné. Un employeur invoquant des arguments inexacts s’expose à un recours aux prud’hommes. 

En l’absence de réponse de l’employeur dans les 2 mois suivant la demande, celle-ci est considérée comme acceptée.

 

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, quelle que soit l’année de naissance.

 

Oui, en principe. La fusion n’a modifié ni les droits acquis, ni les taux de cotisation. En pratique, des trimestres ou des revenus ont parfois été mal repris lors du transfert : faire vérifier son relevé de carrière avant de partir est vivement recommandé.

 

Comme pour les salariés : une retraite de base assise sur le revenu annuel moyen des 25 meilleures années (taux de 50 % au taux plein, avec décote ou surcote selon les trimestres), complétée par une retraite complémentaire des indépendants calculée en points. Les droits acquis avant 2018 sont intégralement conservés.

 

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