Retraite du médecin généraliste libéral : calcul, âge de départ et optimisation

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En tant que médecin généraliste libéral, vous vous posez des questions sur votre future retraite ? Trois caisses différentes interviennent dans le calcul de votre pension (régime de base, complémentaire et ASV), chacune obéissant à ses propres règles. Comment choisir le bon âge pour prendre sa retraite de médecin généraliste libéral ? Quels sont les leviers d’optimisation à actionner ? Faisons le point.

Résumé en 5 points :

  • La retraite d’un médecin généraliste libéral repose sur trois régimes obligatoires : de base (CNAVPL), complémentaire (CARMF), et ASV pour les conventionnés.
  • L’âge légal de départ se situe entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance, avec un taux plein automatique à 67 ans.
  • Une décote de 1,25 % par trimestre manquant s’applique au régime de base.
  • La pension moyenne d’un médecin libéral avoisine 2 900 à 3 000 € brut mensuels.
  • Le cumul emploi-retraite intégral permet de continuer à exercer sans plafond de revenus, et d’acquérir de nouveaux droits au régime de base.

Quels sont les régimes de retraite d’un médecin généraliste libéral ?

Les médecins généralistes qui exercent en libéral cotisent auprès de trois régimes de retraite, chacun ayant son propre fonctionnement : régime de base, retraite complémentaire du médecin généraliste et ASV.

La retraite du médecin généraliste de base est prise en charge par la CNAVPL (Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales). Les cotisations versées à ce régime sont converties en points de retraite selon des modalités qui ont varié dans le temps. Certaines situations donnent droit, en outre, à des points gratuits. Toutefois, pour fixer le montant de la retraite d’un médecin libéral de base, les trimestres d’assurance vieillesse validés au cours de votre carrière sont également pris en compte. Ainsi, un trimestre est validé chaque fois que le médecin a cotisé sur un revenu professionnel égal à au moins 150 fois la valeur du Smic horaire (sachant qu’une année ne peut comporter plus de 4 trimestres).

À cela vient s’ajouter la retraite complémentaire des médecins libéraux (RCV ou Régime complémentaire Vieillesse), gérée par la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France). Dans le cadre du calcul de la pension de retraite d’un médecin libéral par la CARMF, le nombre de points acquis est proportionnel aux revenus non-salariés du professionnel.

Enfin, la retraite du régime ASV du médecin (Allocations supplémentaires vieillesse) vient compléter ces deux régimes : pour les médecins conventionnés de secteur 1, une partie des cotisations à ce troisième niveau de pension est prise en charge par l’assurance maladie. Les modalités d’acquisition des points ont changé dans le temps.

Comment est calculée la retraite d’un médecin généraliste ?

La retraite d’un médecin généraliste est calculée selon un système de points. Découvrez son fonctionnement.

Durant votre carrière comme médecin libéral, vous cotisez à trois régimes (de base, complémentaire et ASV) qui fonctionnent selon un système de points. La pension est calculée à partir des points acquis durant les années d’activité, selon une formule qui est propre à chacun des régimes. Lors du départ en retraite, le nombre total de points est multiplié par la valeur de service du point.

La valeur du point est fixée chaque année par chaque régime : plus elle est élevée au moment de la liquidation, et plus le montant de la pension augmente.

Régime de retraiteValeur du point au 1er janvier 2026
Régime de base du médecin0,6599€
Régime complémentaire RCV du médecin77,14€
Régime ASV du médecin11,82€

Quels facteurs influencent le montant final ?

En plus de la valeur du point, différents facteurs influent sur le montant final de la pension de retraite du médecin libéral :

  • Les revenus d’activité. Le taux de cotisation variant en fonction du montant perçu : première tranche jusqu’à une fois le PASS (plafond annuel de Sécurité sociale), puis seconde tranche jusqu’à cinq fois le PASS.
  • La durée de la carrière et le nombre de trimestres cotisés.
  • L’âge de départ en retraite (avec la possibilité de bénéficier d’une surcote en cas de départ différé).
  • L’éventuel rachat de trimestres manquants.
  • La situation familiale.

À quel âge un médecin généraliste peut-il partir à la retraite ?

Vous vous demandez à quel âge vous pourrez partir en retraite ? Sur ce point, vous êtes soumis aux mêmes règles que les autres assurés pour ce qui est du régime de base.

L’âge de la retraite pour un médecin libéral, tout comme le nombre de trimestres requis sont fixés en tenant compte de la date de naissance : de 62 ans pour les générations nées avant 1961 (entre 166 et 168 trimestres) à 64 ans pour celles qui sont nées à partir de 1969 (avec 172 trimestres).

L’âge du taux plein, c’est-à-dire l’âge auquel vous partez automatiquement en percevant le montant maximum de votre pension (indépendamment du nombre de trimestres validés), est fixé à 67 ans pour les générations nées à partir de 1955.

Néanmoins, le taux plein peut être obtenu avant 67 ans si la durée d’assurance requise est atteinte.

En plus de l’âge légal, il faut tenir compte du nombre de trimestres validés durant la carrière : c’est ce que l’on appelle la durée d’assurance. Il est important de noter que les trimestres sont comptabilisés tous régimes de base confondus.

Décote et surcote : quels impacts sur la pension ?

Le système de surcote et de décote a un impact significatif sur le montant de la pension que vous allez percevoir une fois à la retraite. Comment ça marche ?

En cas de trimestres manquants, une décote est appliquée au montant de la retraite de base, à raison de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 25 % (soit 20 trimestres). Il est toutefois possible de racheter des trimestres pour limiter cette décote sur votre retraite de médecin. Cette décote disparaît à l’âge du taux plein automatique.

À l’inverse, en validant plus de trimestres, vous bénéficiez d’une surcote sur votre retraite de médecin de 1,25 % par trimestre accompli (depuis le 1er septembre 2023), applicable à la retraite de base.

Les régimes complémentaires appliquent leur propre système de majoration :

  • 1,25 % par trimestre de report de 62 à 65 ans.
  • 0,75 % par trimestre de report de 65 à 70 ans.

L’impact de cette variation sur le montant de la pension peut être considérable. Grâce aux coefficients de majoration, et si vous choisissez de reporter la liquidation de votre retraite, vous pouvez obtenir jusqu’à 5 % de pension supplémentaire par année entre 62 et 65 ans, et 3 % par année entre 65 et 70 ans pour les retraites complémentaires et ASV.

Combien gagne un médecin généraliste à la retraite ?

En moyenne, en juin 2025, la pension d’un médecin libéral s’élevait à 2 967 € brut par mois, donc avant les prélèvements sociaux et les impôts. Ce montant est composé comme suit :

  • 668 € pour le régime de base (23 %).
  • 1 339 € pour le régime complémentaire (45 %).
  • 960 € pour le régime ASV (32 %).

Le cumul emploi-retraite pour les médecins libéraux

Pour un médecin libéral qui souhaite poursuivre son activité après la liquidation de ses droits, le cumul emploi-retraite reste un levier majeur. Mais attention : la Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 (article 102, loi n°2025-1403) restructure entièrement le dispositif à compter du 1er janvier 2027. Le critère central n’est plus le taux plein, mais l’âge du retraité au moment de la reprise d’activité.

Deux régimes coexistent encore aujourd’hui :

  • Le cumul intégral (ou libéralisé), sans plafond de revenus, à condition d’avoir obtenu sa retraite de base à taux plein et d’avoir liquidé l’ensemble de ses retraites obligatoires (de base et complémentaires), en France comme à l’étranger.
  • Le cumul plafonné, accessible sans taux plein, mais avec une limite de revenus. En cas de dépassement, le versement de la pension est réduit à hauteur du dépassement. Certaines activités échappent à ce plafonnement, comme la participation à la permanence des soins.

Depuis le 1er janvier 2023, l’activité exercée en cumul intégral permet par ailleurs d’acquérir des droits pour une seconde pension au régime de base, aujourd’hui plafonnée à 5 % du PASS (environ 2 400 € par an) — plafond dont la LFSS 2026 prévoit la suppression.

La réforme s’applique à toute première liquidation d’une pension de retraite de base prenant effet à compter du 1er janvier 2027. Trois situations sont désormais distinguées :

1. Avant l’âge légal (départ anticipé) : un cumul rendu inopérant

Pour les médecins partis en retraite anticipée (carrière longue, incapacité, inaptitude…), tout revenu d’activité sera déduit de la pension dès le premier euro. Si les revenus atteignent le montant de la pension, celle-ci peut être totalement suspendue. Concrètement, la reprise d’activité perd tout intérêt financier dans cette configuration.

2. Entre l’âge légal et 67 ans : un cumul plafonné

Le cumul reste autorisé, mais strictement encadré :

  • un seuil annuel de tolérance (fixé par décret, estimé à environ 7 000 € bruts par an) pourra être cumulé sans impact sur la pension ;
  • au-delà, la pension est réduite à hauteur de 50 % du montant dépassant le plafond ;
  • le délai de carence de 6 mois en cas de reprise chez le dernier employeur est supprimé ;
  • aucun nouveau droit à pension n’est constitué sur ces périodes travaillées.

Exemple : un retraité de 65 ans percevant une pension annuelle de 20 000 € et exerçant une activité rapportant 12 000 € verra sa pension réduite de 2 500 € (12 000 € – 7 000 € = 5 000 € × 50 %), soit une pension ramenée à 17 500 €.

3. Après 67 ans : un cumul intégral et de nouveaux droits

À partir de l’âge du taux plein automatique, le cumul redevient totalement libre : aucun plafond de revenus, aucune réduction de pension, et acquisition de nouveaux droits à une seconde pension. C’est désormais la seule tranche d’âge permettant de générer de nouveaux droits en cumul emploi-retraite.

Tableau récapitulatif du cumul emploi retraite pour les médecins généralistes libéraux

SituationAvant 2027 (règles actuelles)À partir du 1er janvier 2027
Avant l’âge légalCumul plafonnéÉcrêtement total dès le 1er euro
Entre l’âge légal et 67 ans, sans taux pleinCumul plafonnéPlafond d’environ 7 000 €/an, puis –50 % du dépassement
Entre l’âge légal et 67 ans, avec taux pleinCumul intégral sans limite + nouveaux droitsPlafond d’environ 7 000 €/an, puis –50 % du dépassement
Après 67 ansCumul intégral sans limite + nouveaux droitsCumul intégral sans limite + nouveaux droits
Délai de carence chez l’ancien employeur6 mois si retraite à taux minoréSupprimé
Acquisition de nouveaux droitsPossible dès le cumul intégraUniquement après 67 ans

Les médecins ayant liquidé leur pension de base avant le 1er janvier 2027 conservent intégralement les règles actuelles, même en cas de reprise d’activité après cette date. Il en va de même pour ceux déjà en cumul emploi-retraite au 31 décembre 2026.

À noter : pour les professions libérales, les modalités propres à chaque caisse complémentaire dont la CARMF et l’ASV seront précisées par décret. Une vigilance particulière s’impose donc pour les médecins conventionnés.

Les obligations déclaratives restent inchangées : cesser ses activités salariées avant la liquidation, déclarer la reprise d’activité à sa caisse dans le mois qui suit, et fournir les justificatifs demandés. En cas de non-déclaration ou de dépassement non signalé, la réduction de pension s’applique rétroactivement, générant des trop-perçus à rembourser.

Pension de réversion : quels droits pour les proches ?

En cotisant, vous vous constituez des droits pour votre retraite personnelle tout en ouvrant des droits à pension de réversion pour votre conjoint(e) actuel(le) et vos éventuel(le)s ex-conjoint(es). Les conditions d’attribution varient selon le régime concerné :

ConditionsRégime de baseRégime complémentaireASV
Âge55 ans62 ans62 ans
Durée de mariagePas de minimum2 ans (sauf dérogation)2 ans (sauf dérogation)
Taux de réversion54 %60 %50 %

Majoration familiale
+10 % pour une pension de réversion liquidée à compter du 1er septembre 2023 si le conjoint a 3 enfants ou plus+ 10 % si le conjoint a eu/élevé au moins 3 enfants avec le médecin+ 10 % si le conjoint a eu/élevé au moins 3 enfants avec le médecin
Cumul avec d’autres ressourcesPlafond 2026 : 25 001,60 € pour une personne seule, 40 002,56 € pour un coupleOui, sans plafondOui, sans plafond

Quelles sont les erreurs fréquentes dans la retraite des médecins libéraux ?

Le calcul de la retraite d’un médecin généraliste libéral donne souvent lieu à des erreurs :

  • Un départ en retraite mal optimisé, qui se traduit par une pension faible.
  • La sous-estimation des droits ASV.
  • Le fait de ne pas profiter de la surcote lorsqu’elle s’applique.
  • Une mauvaise anticipation du nombre de trimestres à valider pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Comment optimiser sa retraite de médecin généraliste libéral ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’optimiser votre retraite de médecin généraliste libéral en actionnant les leviers pertinents.

La clé de l’optimisation, c’est l’anticipation : il est recommandé de préparer votre départ suffisamment tôt afin de vérifier vos droits acquis dans les trois régimes, de consulter régulièrement votre relevé de carrière, d’estimer le montant futur de votre pension, et de choisir la date de départ en retraite la plus favorable.

Il y a deux manières d’obtenir une surcote en ce qui concerne la retraite d’un médecin généraliste de base.

  • La première : le médecin doit poursuivre son activité au-delà de l’âge auquel il a suffisamment de trimestres pour obtenir le taux plein.
    Chaque trimestre accompli en plus augmente de 1,25 % la retraite de base (la surcote était de 0,75 % jusqu’au 01/09/2023). Exemple : un médecin, né en 1962, justifie des 169 trimestres requis pour obtenir sa retraite à taux plein.
    En prolongeant son activité pendant un an, le montant de sa retraite en tant que médecin libéral de base sera majorée de 5% (1,25 % x 4).
  • La deuxième manière d’obtenir une surcote est grâce au dispositif de la retraite dit en temps choisi .
    Le médecin qui fera liquider ses retraites complémentaires et ASV après 62 ans, bénéficiera d’une majoration de 1,25 % par trimestre supplémentaire.
    En demandant à bénéficier de ses retraites à 63 ans, elles seront majorées de 5 % ; à 64 ans et 2 trimestres de 12,50 %. La surcote n’est plus que de 0,75% par trimestre entre 65 et 70 ans. Pour une liquidation à 70 ans, la surcote sera donc de 30 %.
Âge de départMajoration
62 ans et 3 trimestres+3,75 %
64 ans et 2 trimestres+12,50 %
65 ans et 1 trimestre+15,75 %
66 ans et 3 trimestres+20,25 %
68 ans et 2 trimestres+25,50 %
70 ans+30,00 %

Comment Neovia accompagne les médecins libéraux ?

Neovia met en place plusieurs outils pour accompagner les médecins libéraux avant l’âge de départ en retraite :

  • Un audit complet de votre situation retraite : restitution de votre carrière, analyse de vos droits acquis auprès des régimes obligatoires, identification d’éventuelles anomalies à corriger.
  •  Une simulation multi-régimes pour choisir la stratégie adéquate.
  • L’optimisation de votre âge de départ en retraite, l’objectif étant de partir au moment le plus avantageux pour bénéficier d’une surcote ou de majorations, racheter des trimestres, voire poursuivre l’activité en complément de la pension de retraite.
  •  La sécurisation de vos droits jusqu’à la liquidation.

Un accompagnement permet d’identifier la meilleure stratégie de départ selon votre carrière médicale.

Chaque année, Neovia réalise plus de 2 000 accompagnements auprès de médecins, dirigeants et professions libérales. Nos experts maîtrisent les spécificités de la CNAVPL, de la CARMF et de l’ASV, ainsi que les carrières mixtes (hôpital, remplacements, secteur 1 / secteur 2, expatriation). Un premier échange permet de savoir où vous en êtes, ce que vous pouvez encore optimiser et à quelle date partir. 

Sources :

https://www.carmf.fr/page.php?page=cdrom%2Fretr%2Fretr-condi.htm

https://www.carmf.fr/page.php?page=cdrom%2Fretr%2Fretr-calcul.htm

https://www.carmf.fr/page.php?page=cdrom%2Fretr%2Fretr-chiffre.htm

https://www.carmf.fr/page.php?page=cdrom/retr/retr-age.htm

https://www.carmf.fr/page.php?page=chiffrescles%2Fstats%2F2025%2Fretraite-moyenne-07.htm

https://www.carmf.fr/page.php?page=cdrom%2Fretr%2Fretr-continuer.htm

https://www.carmf.fr/doc/documents/guides/guide-retraite.pdf

https://www.carmf.fr/page.php?page=cdrom%2Frev%2Frev-condi.htm

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre votre activité tout en percevant votre pension, sous conditions. Depuis la réforme de 2023, c’est un levier pertinent pour compléter vos revenus et acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.

 

Oui, sous réserve d’avoir atteint l’âge légal applicable en fonction de l’année de naissance. Faute d’avoir validé l’ensemble des trimestres requis, vous subirez toutefois une décote applicable au montant de votre pension.

 

Oui, pour les médecins conventionnés, l’Allocation supplémentaire vieillesse (ASV) représente une part significative de la pension globale, sachant que son poids dépend de la durée d’affiliation et du montant des cotisations versées.

 

La retraite complémentaire de la CARMF fonctionne selon un système de points. Le calcul de la retraite du médecin généraliste repose sur le nombre de points acquis durant la carrière, celui-ci étant multiplié par la valeur de service du point au moment de la liquidation.

 

Un médecin généraliste peut partir sans décote dès qu’il atteint l’âge légal, et s’il a validé le nombre de trimestres requis en fonction de son année de naissance. Et il bénéficie automatiquement du taux plein à 67 ans, même en cas de trimestres manquants.

 

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