Etude de cas carrière médicale : la solution du rachat de trimestres est-elle une bonne option ?

Découvrez comment NEOVIA a traité le dossier de M. Bernard, médecin qui peut avoir recours au rachat de trimestres pour obtenir le taux plein.
Sommaire

M. Bernard est né en avril 1961. Il est aujourd’hui père de deux enfants. Après de longues années d’études, il a ouvert son cabinet médical. Depuis cette date, il travaille également à l’hôpital sous le statut de salarié.

Selon l’estimation de son relevé de carrière, s’il prend sa retraite à 62 ans soit l’âge légal, il aura 144 trimestres sur les 168 nécessaires et pourra compter sur 3 361 euros de pensions.

Pour décrocher le taux plein et 5 102 euros de retraites mensuelles, il lui faudrait attendre ses 67 ans, en 2028. Il envisage néanmoins de cesser son activité avant. Pour prendre sa décision, M. Bernard a besoin de savoir s’il est opportun de racheter des trimestres.

La reconstitution de carrière

Pour établir le plus justement possible le montant de la future retraite en tant que médecin, la carrière doit être passée au crible. Pourquoi ? Pour détecter toutes les périodes d’activité oubliées et les erreurs, comme par exemple, un salaire brut annuel erroné. Ce travail est réalisé en confrontant les bulletins de salaires et relevé de cotisations de toute la carrière avec les éléments portés sur le relevé de carrière. Pour ce dossier, le travail du conseiller retraite a été fructueux.

En 1982, M. Bernard a travaillé : pour cette année-là aucun oubli n’est à signaler. En revanche, pour les années au cours desquelles M. Bernard a été externe puis interne – entre 1984 – 1990 – deux omissions sont relevées.

Des régularisations retraite demandées

La première erreur à rectifier concerne une période d’activité entre 1986 et 1987. M. Bernard était alors interne au CHU de Grenoble et a cotisé à l’Ircantec. Toutefois, ce régime complémentaire n’a pas pris en compte cette période. Avec une « attestation employeur » réclamée au CHU de Grenoble et présentée à l’Ircantec, 28 points supplémentaires ont été ajoutés au compte de points (soit un euro de plus par mois).

Une deuxième période d’internat dans un hôpital local, entre 1986 et 1987, n’était connue ni du régime général, ni de l’Ircantec. Avec la photocopie des bulletins de salaire correspondant, le régime général a validé 5 trimestres en plus. Grâce à cela M. Bernard a la possibilité d’obtenir sa retraite à taux plein dès le 1er janvier 2028 (au lieu du 1er mai 2028). Aux vues de l’attestation du versement des cotisations établies par l’hôpital local, 95 points Ircantec supplémentaires ont été obtenus (soit 3 euros en plus par mois).

Enfin, la régularisation de l’année 1987 au régime général permet de faire entrer la rémunération brute correspondante dans les 25 meilleures années de salaire. Le montant de la retraite de base de salarié s’en trouve augmenté.

Les possibilités de rachat de trimestres

Pour son activité libérale M. Bernard cotise à la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France). Dans le même temps, il relève également du régime général pour son activité à l’hôpital. Au regard de cette affiliation simultanée, le rachat ne pourra se faire qu’auprès de l’Assurance Retraite.

Après la rectification opérée sur sa carrière et les 5 trimestres validés en plus, M. Bernard aura 149 trimestres à 62 ans (au 1er mai 2023). Il lui en faudrait 167 pour obtenir le taux plein. En rachetant 12 trimestres, il atteindrait ce chiffre fatidique.

Bilan financier de l’opération de rachat de trimestres

Le rachat de 12 trimestres coûterait 54 528 euros à M. Bernard, s’il le fait le plus tôt possible. Cette dépense est déductible des revenus de M. Bernard ce qui se traduirait par une baisse de 10 435 euros de son impôt.

On peut alors parler d’un coût de rachat de 44 093€ (54 528€ – 10 435€).

Or, ce rachat ferait gagner à Monsieur 257€/mois net de pension, soit 3 084€/an.

La durée d’amortissement serait de plus de 14 ans, ce qui est plutôt long.

Le rachat est déconseillé pour M. Bernard.

 

Les apports de NEOVIA

Grâce à l’analyse fine de sa carrière, M. Bernard a gagné 5 trimestres. Cela se traduit par une augmentation de sa retraite et lui permet d’obtenir le taux plein au 1er janvier 2028. Il a également reçu nos conseils sur le rachat de trimestre.  

À savoir : le coût de rachat d’un trimestre dépend de plusieurs critères :

  • En premier lieu, l’âge auquel la demande de rachat est faite : le prix augmente jusqu’à 62 ans puis baisse légèrement jusqu’à 67 ans. La moyenne des revenus professionnels bruts des 3 dernières années joue également sur la somme à débourser.
  • Le coût tient compte enfin de l’option choisie : avec l’option 1, le rachat augmente le taux de la liquidation de la retraite, avec l’option 2, le rachat, dont le prix est plus élevé, joue sur le taux et la durée d’assurance.
  • Le prix d’achat d’un trimestre est en fonction du niveau de revenus et de l’âge atteint au moment de la réalisation de l’opération.

 

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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