Retraite : les erreurs dans les prélèvements

200 000 retraités impactés par les erreurs dans les prélèvements ! Nos experts font le point.
Sommaire

UNE ERREUR SUR LA CSG POUR ENVIRON 200 000 RETRAITÉS

La réforme de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) introduite par la Loi de Financement de la Sécurité Sociale de 2018 est venue complexifier le calcul des prélèvements sociaux appliqués aux pensions de retraite.

En effet, cette réforme a introduit deux nouveaux taux de prélèvement en fonction du revenu fiscal de référence de l’assuré.

Le magazine Capital avait indiqué dans un article du 9 septembre 2020 que « plus de 200 000 retraités s’étaient vu appliquer, depuis le 1er janvier, un taux de CSG ne correspondant pas à leur niveau de ressources ».

Résultat : la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) a réclamé à ces retraités le remboursement du trop-perçu représentant une moyenne d’environ 200 euros par pension, en raison d’une erreur de calcul du taux de CSG applicable à leur pension de vieillesse du régime de base.

Heureusement, tout est bien qui finit bien pour les quelques 200 000 retraités concernés : le gouvernement a finalement demandé à la CNAV de ne pas leur réclamer ce trop-perçu, dû initialement à une erreur de calcul de leur part.

Si cette erreur de la caisse a finalement été au bénéfice des retraités concernés, il n’est pas rare qu’à l’inverse, les erreurs dans l’application des prélèvements sociaux se fassent à leur détriment. De plus, la mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu a introduit une nouvelle source d’erreurs pour les caisses de retraite dans le calcul des prélèvements applicables aux pensions.

Il convient donc d’être extrêmement vigilant dans l’application de ces prélèvements par les caisses de retraite et de communiquer sans délai tout changement dans votre situation fiscale à l’administration.

 

LE RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES

La Cour des comptes pointe du doigt les erreurs commises par les caisses dans le calcul des pensions de retraites qui sont, selon cette instance, encore trop nombreuses en 2019.

En effet, selon le rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale établi par la Cour des Comptes en octobre 2020 : « La fréquence et les montants de ces erreurs sont en augmentation ces dernières années. Cette situation nécessite de la part des caisses du régime général un effort de maîtrise déterminé et rapide, passant par une plus grande dématérialisation des processus de gestion et un contrôle interne plus efficace. »

La Cour des comptes a notamment indiqué que l’an dernier, les caisses ont versé un total de 835 000 pensions de retraite et que plus d’une pension sur sept a comporté au moins une erreur avec une incidence financière. Dans 50% des cas, le montant de l’erreur était supérieur à 124 € en défaveur de l’assuré, soit plusieurs milliers d’euros au fil des années.

Selon cette instance, l’erreur la plus fréquente est la mauvaise prise en compte de la carrière de l’assuré. Elle pointe également du doigts l’absence de conventions d’échange de données avec la caisse de retraite, qui aboutissent souvent à l’application de taux de prélèvements erronés.

 

Pour notre part, nous observons dans les dossiers que nous recevons une moyenne de 6 anomalies dans 95% des cas !

 

Pensez à faire appel à un expert pour vous aider dans vos démarches de liquidation de vos retraites afin d’éviter toute erreur dans le calcul de vos droits ou une mauvaise application des prélèvements sociaux et fiscaux.

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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