L’essentiel à retenir
• Le régime de base des professions libérales est le seul régime de base français à fonctionner intégralement en points depuis 2004. Il est piloté par la CNAVPL et commun à toutes les professions libérales, sauf les avocats (CNBF).
• En 2026, vous cotisez 8,73 % sur la tranche 1 (revenus jusqu’à 48 060 €) et 1,87 % sur la tranche 2 (dès le premier euro, jusqu’à 240 300 €). Le taux de tranche 1 a été relevé de 8,23 % à 8,73 % avec la réforme de l’assiette sociale unique.
• Une année complète au plafond rapporte au maximum 582 points (557 sur T1 + 25 sur T2). La valeur du point est de 0,6599 € au 1er janvier 2026.
• La validation des trimestres dépend du revenu cotisé, pas des points : 1 803 € pour un trimestre, 7 212 € pour quatre en 2026.
• La cotisation minimale de 573 € protège les faibles revenus, mais ne valide que 3 trimestres par an : c’est l’un des pièges les plus fréquents.
Médecin, kinésithérapeute, architecte, expert-comptable, consultant : quelle que soit votre activité, une part de votre future retraite se construit dans un régime que vous ne voyez presque jamais. Le régime de base des professions libérales, piloté par la CNAVPL, fonctionne selon des règles très différentes de celles du régime général des salariés. Il ne calcule pas votre pension sur vos 25 meilleures années, mais sur des points accumulés année après année.
Cette mécanique a une conséquence directe : chaque année de faibles revenus, chaque cotisation impayée, chaque début d’activité mal anticipé laisse une trace définitive sur votre pension. Et comme le régime de base ne représente qu’une fraction de ce que vous percevrez à la retraite, beaucoup de professionnels libéraux découvrent trop tard l’écart entre ce qu’ils imaginaient et ce qu’ils toucheront réellement.
Cet article vous explique concrètement comment ce régime fonctionne en 2026 : sur quels revenus vous cotisez, comment vos cotisations se transforment en points, comment vous validez vos trimestres, et surtout où se situent les angles morts qui coûtent le plus cher.
Vos points de base sont-ils conformes à votre carrière ?
Une erreur sur un relevé de points passe inaperçue pendant des années et se paie à vie. En 30 minutes, un expert Neovia vérifie vos droits réellement enregistrés et vous dit où vous en êtes.
Qu’est-ce que le régime de base des professions libérales ?
Le régime de base est le premier étage obligatoire de votre retraite. Il ne se choisit pas : dès votre affiliation en libéral, vous y cotisez automatiquement. Sa particularité est d’être unique et commun à toutes les professions libérales, alors que la retraite complémentaire, elle, dépend de votre caisse professionnelle.
Quel est le rôle de la CNAVPL ?
La Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) pilote et harmonise le régime de base pour l’ensemble des professionnels libéraux. Créé en 1948, ce régime reposait à l’origine sur des cotisations forfaitaires propres à chaque caisse. En 2004, il est devenu un régime unique proportionnel en points : à revenus égaux, cotisations et droits acquis sont désormais identiques, quelle que soit votre profession.
La CNAVPL ne gère pas directement votre dossier. Elle définit les règles ; ce sont les dix sections professionnelles qui recouvrent les cotisations, tiennent votre compte de points et vous versent votre pension. Vous ne correspondez donc jamais avec la CNAVPL, mais avec votre caisse : CARMF, CARPIMKO, CAVEC, CIPAV, CARCDSF, etc.
Point de vigilance essentiel : vos cotisations de retraite de base ne passent pas par l’URSSAF si vous exercez une profession libérale réglementée. L’URSSAF recouvre la maladie-maternité, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la formation professionnelle. Vos cotisations retraite de base, complémentaire et invalidité-décès vont directement à votre caisse professionnelle. Cette séparation explique une partie des erreurs de report de carrière.
Quelles professions dépendent de la CNAVPL ?
Le régime de base couvre l’immense majorité des professions libérales réglementées et non réglementées, réparties entre dix sections :
| Section | Professions concernées |
| CARMF | Médecins |
| CARCDSF | Chirurgiens-dentistes et sages-femmes |
| CARPIMKO | Kinésithérapeutes, infirmiers, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues |
| CAVP | Pharmaciens et directeurs de laboratoires |
| CARPV | Vétérinaires |
| CAVAMAC | Agents généraux d’assurance |
| CAVEC | Experts-comptables et commissaires aux comptes |
| CAVOM | Officiers ministériels et publics |
| CPRN | Notaires |
| CIPAV | Architectes, géomètres, ingénieurs-conseils, consultants, psychologues, ostéopathes, guides-conférenciers |
Deux exceptions à connaître :
– Les avocats ne relèvent pas de la CNAVPL. Ils cotisent à la CNBF, régime entièrement autonome avec ses propres règles de base et de complémentaire.
– Les professions libérales non réglementées créées depuis le 1er janvier 2018 ne relèvent plus de la CIPAV mais du régime général des indépendants (SSI). Un consultant installé en 2016 et un consultant installé en 2020 n’ont donc pas le même régime de retraite : c’est une source classique de confusion dans les carrières mixtes.
Quelle différence entre retraite de base et retraite complémentaire ?
C’est la distinction la plus mal comprise, et celle qui produit les plus mauvaises surprises.
Les deux régimes sont obligatoires, mais ils n’obéissent pas aux mêmes logiques.
| Régime de base (CNAVPL) | Régime complémentaire (votre section) | |
| Qui fixe les règles | Règles nationales identiques pour tous | Chaque caisse fixe les siennes |
| Mode de calcul | Points, avec taux de liquidation lié aux trimestres | Points, classes de cotisation ou forfait selon la caisse |
| Taux 2026 | 8,73 % (T1) + 1,87 % (T2) | Variable : proportionnel, par classes ou forfaitaire |
| Valeur du point 2026 | 0,6599 € | Propre à chaque caisse |
| Poids dans la pension | Environ 30 % en moyenne | Environ 70 % en moyenne |
Retenez ce chiffre : la complémentaire pèse en moyenne près de 70 % de la pension d’un professionnel libéral. Optimiser sa retraite en libéral ne consiste donc jamais à regarder le seul régime de base. Mais c’est bien le régime de base qui commande votre taux de liquidation, donc l’existence ou non d’une décote : il est la clé de voûte du calcul.
Comment sont calculées les cotisations du régime de base ?
Sur quels revenus les cotisations sont-elles calculées ?
Vos cotisations sont proportionnelles à votre revenu d’activité non salariée. Elles sont appelées à titre provisionnel sur la base des revenus de l’avant-dernière année, puis régularisées une fois le revenu réel connu. Ce décalage explique pourquoi une bonne année se paie deux ans plus tard, et pourquoi une baisse d’activité peut être doublement douloureuse.
Depuis la campagne déclarative d’avril 2026, la base de calcul a changé. La réforme de l’assiette sociale unique remplace les deux assiettes antérieures par une seule : votre revenu professionnel brut, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. Cet abattement est encadré : il ne peut être inférieur à 845,86 € ni supérieur à 62 478 € en 2026. La même assiette sert désormais à toutes les branches, CSG-CRDS comprise.
En contrepartie de la baisse mécanique de l’assiette de CSG-CRDS, les barèmes de retraite ont été relevés. Le niveau global de prélèvement reste comparable, mais la part qui construit réellement vos droits augmente : c’est le sens du passage du taux de tranche 1 de 8,23 % à 8,73 %.
Comment fonctionne le système de tranches ?
Le principe est simple si l’on accepte une subtilité : les deux tranches ne se succèdent pas, elles se superposent. La tranche 2 s’applique dès le premier euro, en plus de la tranche 1.
| Tranche | Taux 2026 | Assiette | Points maximum par an |
| Tranche 1 | 8,73% | De 0 à 48 060 € (1 PASS) | 557 points |
| Tranche 2 | 1,87% | De 0 à 240 300 € (5 PASS) | 25 |
Concrètement, jusqu’au plafond de la Sécurité sociale, vous payez donc 10,60 % (8,73 % + 1,87 %). Au-delà, seule la tranche 2 continue à courir, à 1,87 %, jusqu’à cinq fois le plafond.
Pour chaque tranche, le nombre de points attribué est calculé au prorata de votre cotisation réelle rapportée à la cotisation maximale de la tranche.
| Exemple chiffré (montants approximatifs, à titre indicatif) Assiette 2026 : 45 000 €. • Tranche 1 : 45 000 × 8,73 % = 3 928 € → (45 000 / 48 060) × 557 = environ 521 points. • Tranche 2 : 45 000 × 1,87 % = 841 € → (45 000 / 240 300) × 25 = environ 5 points. • Total : environ 4 770 € de cotisation pour environ 526 points sur l’année. |
Une conséquence est rarement anticipée par les hauts revenus. Avec une assiette de 120 000 €, la tranche 1 est plafonnée : vous acquérez 557 points, et la tranche 2 n’ajoute qu’environ 12 points. Soit environ 569 points, contre 526 points pour une assiette de 45 000 €. Vous cotisez nettement plus, pour à peine 8 % de points supplémentaires.
Ce plafonnement n’est pas une anomalie : c’est la logique du régime de base. Mais il signifie qu’au-delà d’un certain niveau de revenus, votre effort de retraite se joue ailleurs — dans votre complémentaire et dans votre épargne dédiée. Encore faut-il le savoir avant l’année de vos 60 ans.
Qu’est-ce que la cotisation minimale ?
Le régime prévoit un plancher. Même avec un revenu faible, déficitaire ou nul, votre cotisation de retraite de base ne peut pas être calculée sur une assiette inférieure à 450 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier.
En 2026, ce plancher correspond à une cotisation minimale de 573 €. Elle s’applique pour toute l’année, sans proratisation possible, même si vous n’avez exercé que quelques mois. Elle ne s’applique pas aux bénéficiaires du RSA ou de la prime d’activité, sauf demande contraire de leur part.
Son utilité est réelle : elle garantit un minimum de droits aux professionnels dont l’activité démarre, ralentit ou traverse une année difficile. Elle permet de valider 3 trimestres d’assurance retraite pour l’année.
Trois trimestres, pas quatre. C’est précisément là que se joue l’un des écarts les plus coûteux entre ce que les professionnels croient acquis et ce qui est réellement inscrit à leur compte.
Vos cotisations construisent-elles vraiment vos droits ?
Assiette unique, régularisations décalées, changement de taux en 2026 : votre appel de cotisation ne dit rien de ce que vous avez réellement acquis. Neovia reconstitue votre carrière ligne par ligne auprès de vos caisses.
Comment valider des trimestres lorsqu’on exerce en profession libérale ?
Points et trimestres sont deux compteurs distincts, alimentés par la même cotisation mais selon des règles différentes. Les points déterminent le montant brut de votre pension de base. Les trimestres déterminent votre taux de liquidation, c’est-à-dire le pourcentage appliqué à ce montant. On peut avoir beaucoup de points et subir une décote : les deux compteurs doivent être suivis séparément.
Combien faut-il cotiser pour valider des trimestres ?
La règle est celle du revenu cotisé : il faut avoir cotisé sur un revenu au moins égal à 150 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier de l’année pour valider un trimestre.
| Trimestres validés en 2026 | Revenu cotisé nécessaire |
| 1 trimestre | 1 803 € (150 × SMIC horaire) |
| 2 trimestres | 3 606 € |
| 3 trimestres | 5 409 € |
| 4 trimestres | 7 212 € (600 × SMIC horaire) |
Autrement dit, il suffit de 7 212 € de revenu annuel pour valider une année complète. Le seuil est bas : la grande majorité des professionnels libéraux en exercice valident leurs quatre trimestres sans difficulté. Les problèmes se concentrent sur les années atypiques (installation, congé maternité, arrêt maladie prolongé, cession d’activité, année blanche).
Peut-on valider 4 trimestres avec de faibles revenus ?
Pas automatiquement, et c’est un point de bascule majeur. Si votre revenu est inférieur à 7 212 €, vous ne validez que le nombre de trimestres correspondant à votre revenu réel. Et si votre revenu est très faible, nul ou déficitaire, la cotisation minimale de 573 € prend le relais : elle vous garantit 3 trimestres, mais pas le quatrième.
Sur une carrière, l’effet est cumulatif. Quatre années à trois trimestres, ce sont quatre trimestres perdus. À raison de 1,25 % de décote par trimestre manquant sur le régime de base, cela représente 5 % de pension en moins, à vie et un effet en cascade sur certaines complémentaires, dont les règles d’abattement sont indexées sur le taux plein du régime de base.
| Cas fréquent Un ostéopathe s’installe en 2016. Trois de ses cinq premières années dégagent un bénéfice inférieur à 7 212 € en valeur actualisée. Il valide 3 trimestres par an sur ces trois années au lieu de 4. Vingt ans plus tard, il découvre à 60 ans qu’il lui manque 3 trimestres pour le taux plein. Il a le choix entre travailler neuf mois de plus, subir une décote de 3,75 % à vie, ou racheter à un tarif qui a triplé depuis ses 30 ans. |
Pourquoi certains professionnels valident moins de trimestres qu’ils ne le pensent ?
Plusieurs mécanismes produisent ce décalage, et ils se cumulent souvent :
- Le raisonnement en points. Un relevé qui affiche des centaines de points laisse croire à une année pleine, alors que la validation des trimestres suit une règle indépendante.
- La cotisation minimale. Elle rassure « j’ai cotisé » mais plafonne à 3 trimestres.
- Les exonérations et dispenses. Une dispense obtenue pour faibles revenus soulage la trésorerie de l’année, mais ampute les droits correspondants.
- Les régularisations tardives. Les cotisations non acquittées dans un délai de cinq ans suivant leur exigibilité ne sont plus prises en compte pour le calcul de la pension. Un arriéré laissé sans solution ne se traduit pas seulement par une dette : il devient une perte de droits définitive.
- Les carrières mixtes. Salariat puis libéral, ou exercice mixte simultané : le total des trimestres validés sur une même année civile ne peut jamais dépasser quatre, tous régimes confondus. Cotiser deux fois ne valide pas huit trimestres.
Combien de trimestres avez-vous réellement validés ?
Trois trimestres au lieu de quatre, une année d’installation oubliée, un arriéré prescrit : ces écarts n’apparaissent nulle part tant que personne ne les cherche. Nos experts les identifient et engagent les régularisations à votre place.
Comment est calculée la retraite de base des professions libérales ?
Comment fonctionne le système par points ?
La formule est courte, ce qui ne veut pas dire qu’elle est simple à anticiper :
Pension annuelle de base = Nombre de points acquis × Valeur du point × Taux de liquidation
- Le nombre de points correspond au cumul de toute votre carrière libérale. Les trimestres validés avant le 1er janvier 2004 ont été convertis en points à raison de 100 points par trimestre.
- La valeur du point est de 0,6599 € au 1er janvier 2026. C’est une valeur de service : ce que rapporte un point au moment de la liquidation, à ne pas confondre avec ce que coûte un point via les cotisations.
- Le taux de liquidation est de 100 % si vous atteignez la durée d’assurance requise, tous régimes confondus. À défaut, une décote de 1,25 % par trimestre manquant s’applique. À 67 ans, le taux plein est automatique quel que soit votre nombre de trimestres.
Des points supplémentaires peuvent être attribués dans certaines situations, notamment en cas d’invalidité. Une majoration de 10 % de la pension est par ailleurs accordée aux parents d’au moins trois enfants, pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2023.
Quels éléments influencent le montant de la retraite ?
- Le niveau de vos revenus, mais avec un effet plafonné au-delà du PASS : au-delà de 48 060 €, chaque euro supplémentaire ne rapporte presque plus de points de base.
- La durée d’activité : le régime récompense la continuité, pas l’intensité ponctuelle.
- Le nombre de trimestres validés tous régimes confondus, qui commande le taux de liquidation.
- L’âge de départ, via la décote ou la surcote.
- La régularité des cotisations : une année non cotisée, prescrite ou dispensée est une année définitivement absente du compteur.
| Le point de bascule à connaître en 2026 La LFSS 2026 (loi du 30 décembre 2025) a suspendu jusqu’en 2028 le calendrier de relèvement de l’âge légal et de la durée d’assurance issu de la réforme de 2023, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Pour les générations nées entre 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal reste fixé à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Les générations 1966 à 1968 bénéficient d’un décalage de trois mois sur l’âge légal, sans réduction de la durée d’assurance. Ce gel change la date optimale de départ pour un grand nombre de professionnels libéraux. Toute simulation réalisée avant fin 2025 est à reprendre. |
La retraite de base suffit-elle pour maintenir son niveau de vie ?
Non, et le calcul le montre sans ambiguïté. Le maximum théorique du régime est de 582 points par an. Une carrière complète de 40 ans intégralement cotisée au plafond représenterait environ 23 280 points, soit environ 15 360 € bruts par an de l’ordre de 1 280 € bruts par mois.
C’est un plafond théorique, qu’atteignent très peu de professionnels. Pour un praticien avec une assiette moyenne de 45 000 € sur 40 ans, l’ordre de grandeur est plutôt d’environ 21 000 points, soit environ 13 900 € bruts par an autour de 1 160 € bruts par mois. À comparer à un revenu d’activité de 45 000 €.
C’est tout l’enjeu : le régime de base assure un socle, pas un niveau de vie. Le taux de remplacement d’un professionnel libéral se joue dans la complémentaire de sa section, dans l’éventuel régime ASV pour les professions médicales conventionnées, et dans son épargne retraite. Piloter les trois ensemble est ce qui distingue une retraite subie d’une retraite choisie.
Quel sera vraiment votre revenu à la retraite ?
Base, complémentaire, ASV, épargne, régimes antérieurs : un chiffre fiable suppose de tout consolider. Depuis 2004, Neovia réalise plus de 2 000 accompagnements par an auprès de dirigeants, médecins et professionnels libéraux.
Quels sont les impacts des faibles revenus ou des débuts d’activité ?
Pourquoi les premières années d’activité sont-elles importantes ?
Parce qu’elles sont structurellement défavorables. Au cours des deux premières années civiles d’activité, votre cotisation est calculée à titre provisionnel sur une base forfaitaire fixée à 19 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Cette assiette forfaitaire est ensuite régularisée en fonction de vos revenus réels sauf pour la toute première année, où le régime de base conserve des règles spécifiques.
Or ces premières années coïncident avec le moment où votre trésorerie est la plus tendue : investissement d’installation, patientèle ou clientèle en construction, emprunt en cours.
Beaucoup de professionnels sollicitent alors une dispense ou une estimation basse de revenus. C’est compréhensible sur le plan financier, et coûteux sur le plan des droits.
Il faut ajouter un effet de temps. Un trimestre non validé à 30 ans peut être racheté ensuite, mais le barème de rachat tient compte de l’âge et du revenu moyen des trois dernières années.
Plus vous rachetez tard, plus vous le faites cher, avec des revenus plus élevés qu’à l’époque. Un trimestre laissé de côté à 30 ans coûte souvent plusieurs fois son prix d’origine à 60 ans.
Quels risques pour la retraite future ?
- Une décote définitive de 1,25 % par trimestre manquant sur votre pension de base, sans possibilité de correction après la liquidation.
- Un effet en cascade sur votre complémentaire : plusieurs sections indexent leurs abattements sur l’obtention du taux plein au régime de base.
- Un report contraint de la date de départ, parfois de plusieurs trimestres, avec l’obligation de poursuivre une activité que l’on souhaitait réduire.
- Une perte sèche et irréversible en cas de prescription quinquennale des cotisations impayées.
- Un manque à gagner sur la pension de réversion du conjoint survivant, calculée sur des droits amputés.
Peut-on rattraper des trimestres manquants ?
Oui, plusieurs leviers existent encore faut-il les activer au bon moment et dans le bon ordre.
- Le rachat de trimestres : vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres au titre des années d’activité libérale n’ayant pas permis de valider quatre trimestres, et au titre des années d’études lorsque le régime libéral a été votre premier régime d’accueil. Le barème dépend de votre âge et de votre revenu moyen des trois dernières années.
- Le rachat minoré pour les jeunes actifs : dans les dix ans suivant la fin des études, jusqu’à quatre trimestres d’études peuvent être rachetés à tarif préférentiel. C’est le levier le plus rentable du dispositif, et le plus souvent ignoré.
- La régularisation d’arriérés : tant que la prescription de cinq ans n’est pas acquise, un échéancier négocié avec votre caisse préserve vos droits. Passé ce délai, plus rien n’est récupérable.
- La correction d’erreurs de report : c’est le levier le moins coûteux, puisqu’il ne s’agit pas d’acheter des droits mais de faire inscrire des droits déjà acquis. Il suppose un audit méthodique du relevé de carrière, caisse par caisse.
Ces leviers ne s’arbitrent pas isolément. Un rachat n’est rentable que rapporté à votre date de départ visée, à votre taux marginal d’imposition et à son effet sur votre complémentaire.
C’est exactement le type de calcul qu’un simulateur en ligne ne peut pas faire : il ne connaît ni votre section professionnelle, ni vos régimes antérieurs, ni votre projet.
Quels sont les pièges fréquents liés au régime de base des professions libérales ?
Après plus de vingt ans d’accompagnement de professionnels libéraux, les mêmes angles morts reviennent avec une régularité frappante.
- Confondre trimestres et points : les points font le montant, les trimestres font le taux. Un relevé bien garni en points peut masquer une décote à venir.
- Se contenter de la cotisation minimale : elle sécurise 3 trimestres, jamais 4. Répétée sur plusieurs années, elle crée un trou durable.
- Les erreurs de déclaration et de report : revenus estimés non régularisés, changement de section professionnelle, exercice en société, périodes d’exercice mixte : chaque discontinuité administrative est un point d’entrée pour l’erreur.
- Anticiper trop tard : la plupart des leviers correctifs (rachats à tarif jeune, régularisation d’arriérés, arbitrage d’assiette) se referment avec l’âge ou la prescription. À 62 ans, il ne reste souvent que le rachat au prix fort.
- Les carrières mixtes : salariat, libéral, exercice à l’étranger, changement de section, statut de conjoint collaborateur : plus la carrière est fragmentée, plus le risque d’oubli est élevé. C’est le profil sur lequel les écarts constatés sont les plus importants.
- Croire que le plafond ne change rien : au-delà du PASS, vos cotisations de base ne construisent presque plus de droits. Ne pas le savoir conduit à surestimer sa pension future de plusieurs centaines d’euros par mois.
Un audit maintenant coûte moins cher qu’une décote à vie
Erreur de report, trimestre manquant, arriéré proche de la prescription : chacun de ces points se corrige tant qu’il est détecté à temps. Le premier rendez-vous Neovia sert précisément à savoir si vous êtes concerné.
Pourquoi anticiper sa retraite lorsqu’on exerce en profession libérale ?
Un salarié relève d’un régime, éventuellement deux. Un professionnel libéral cumule presque toujours un régime de base national, une complémentaire propre à sa section, parfois un régime ASV, souvent des périodes salariées antérieures, parfois un exercice à l’étranger ou en société. Personne ne consolide cet ensemble à votre place.
Pourquoi faire un bilan retraite ?
Un bilan retraite ne sert pas à obtenir un chiffre : il sert à répondre à trois questions opérationnelles. Où en suis-je réellement ? Qu’est-ce qui est corrigible, et jusqu’à quand ? Quelle date de départ maximise mes droits compte tenu de mon projet ?
C’est là que se situe la différence entre un simulateur en ligne et une expertise humaine. Un outil automatisé travaille sur les données déjà enregistrées : si une année d’installation manque à votre relevé, il calculera consciencieusement une pension fausse. Un expert, lui, part du principe que le relevé est à vérifier et va chercher l’information auprès des caisses.
C’est le métier de Neovia depuis 2004. Nos experts reconstituent votre carrière, la confrontent aux règles de votre section professionnelle, identifient les dispositifs mobilisables et chiffrent leur rentabilité réelle. Le tout adapté à votre situation, pas à un profil moyen.
Quels éléments faut-il vérifier régulièrement ?
Sans attendre l’approche du départ, quatre vérifications méritent d’être faites périodiquement :
- Votre relevé individuel de situation (RIS), accessible sur info-retraite.fr via FranceConnect, qui centralise vos droits auprès de tous vos régimes.
- Le nombre de trimestres validés année par année, en particulier sur les années d’installation, de faible activité, de maternité ou d’arrêt maladie.
- L’exhaustivité de vos périodes : régimes antérieurs, exercice salarié, périodes à l’étranger, changements de section professionnelle.
- L’état de vos éventuels arriérés de cotisations, avant que la prescription de cinq ans ne les rende définitivement improductifs.
Un accompagnement personnalisé permet de mieux comprendre ses droits et d’anticiper l’impact réel de ses cotisations sur sa future retraite pendant que les corrections sont encore possibles.
Sources :
https://www.cnavpl.fr/comprendre-sa-retraite
https://www.cnavpl.fr/preparer-sa-retraite
https://www.cnavpl.fr/les-professionnels-liberaux-et-leurs-retraites
https://www.cnavpl.fr/regime-de-base
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18825