Crise : allègement des charges pour les entreprises grâce au cumul emploi-retraite

Le dispositif du cumul-emploi retraite peut permettre aux entreprises de réduire leurs charges. Explication de nos experts.
Sommaire

Des délais et reports de paiement d’échéances sociales et fiscales ont été accordés par l’Etat, face à la crise du Coronavirus, mais ces aides ne seront pas pérennes et beaucoup d’entreprises devront affronter des difficultés financières importantes.

Pour certains, il est toutefois possible de maintenir sa rémunération tout en allégeant les charges de son entreprise, pour ça une solution existe : le Cumul Emploi Retraite Libéralisé.

Selon une étude publiée le 6 juin 2019 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en 2017, 473 000 personnes travaillaient en France tout en percevant une pension de retraite. Plus de 4 sur 10 sont des cadres dirigeants ou des indépendants.

Mais qu’est-ce-que le Cumul Emploi Retraite ?

C’est la possibilité ouverte à l’assuré de pouvoir reprendre ou poursuivre son activité tout en percevant ses retraites. Evidemment des conditions sont à remplir. Il faut également savoir qu’il existe deux types de cumul emploi retraite, qu’il est important de distinguer.

  • Cumul Emploi Retraite « Libéralisé » : Dans ce cas, l’assuré peut cumuler activité et retraite sans limite de rémunération. Trois conditions sont à remplir : avoir le nombre de trimestres requis pour la retraite à taux plein, avoir atteint l’âge légal (62 ans pour les assurés nés à compter de 1955) et avoir demandé à percevoir l’intégralité des retraites* (à l’exception des retraites dont le taux est déterminé exclusivement en fonction de l’âge, comme l’AGIRC Tranche C).
  • Cumul Emploi Retraite « Plafonné » : Dans le cas où l’assuré ne remplit pas l’intégralité des conditions énoncées ci-dessus, alors celui-ci devra respecter, entre autres, une limite de rémunération, dans le cas d’une reprise ou d’une poursuite d’activité, dont le montant varie selon les régimes.

Quels sont les avantages du Cumul Emploi Retraite Libéralisé ?

  • Moins de charges pour l’entreprise : Ce dispositif permet, en effet, de réduire de façon importante sa rémunération, et donc par conséquent d’alléger les charges de l’entreprise sans entraîner, in fine, une perte financière pour l’assuré.

Par exemple, un assuré percevant 50 000 euros de revenu par an, paye des charges sur la base de 50 000 euros. Cependant, s’il perçoit 25 000 euros de retraite par an, il peut, sans perte financière, baisser sa rémunération au titre de son activité à hauteur de 25 000 euros et donc diviser ses charges par deux.

  • Moins de cotisations à perte : Comme pour toute activité professionnelle déclarée, les revenus d’activité perçus dans le cadre du Cumul Emploi Retraite sont soumis au paiement des cotisations dont les cotisations d’assurance vieillesse. Cependant, depuis le 1er janvier 2015, les cotisations versées ne sont plus génératrices de droits à compter de la date de liquidation d’une retraite personnelle dans un régime de base. Ainsi, baisser sa rémunération permet de payer moins de cotisations à fond perdus.

* le cumul emploi retraite est impossible pour certains régimes : Exploitant agricole (affilié à la surface), CAVOM (avant 1970), CPRN et CAVAMAC.

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FAQ

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Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

Oui, sur le régime de base : le taux de la tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 %, à compter de la régularisation des cotisations 2025 intervenant lors de la campagne déclarative d’avril 2026. S’y ajoute la revalorisation du plafond de la Sécurité sociale, porté à 48 060 €. Les barèmes des régimes complémentaires évoluent, eux, caisse par caisse.

 

Pour les générations nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal est maintenu à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Le taux plein reste automatique à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. La retraite progressive, elle, est accessible dès 60 ans.

 

Oui pour les paramètres généraux (âge légal et durée d’assurance), qui s’appliquent au régime de base CNAVPL comme aux autres régimes de base. Les règles propres aux régimes complémentaires de chaque section professionnelle, en revanche, restent définies par chaque caisse. Depuis la LFSS 2026, la montée en charge de ces paramètres est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028.

 

Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre votre activité tout en percevant votre pension, sous conditions. Depuis la réforme de 2023, c’est un levier pertinent pour compléter vos revenus et acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.

 

Oui, sous réserve d’avoir atteint l’âge légal applicable en fonction de l’année de naissance. Faute d’avoir validé l’ensemble des trimestres requis, vous subirez toutefois une décote applicable au montant de votre pension.

 

Oui, pour les médecins conventionnés, l’Allocation supplémentaire vieillesse (ASV) représente une part significative de la pension globale, sachant que son poids dépend de la durée d’affiliation et du montant des cotisations versées.

 

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