Tout savoir sur le cumul emploi-retraite des médecins en libéral

Vous êtes médecin libéral ? Nos experts vous expliquent un dispositif intéressant et bien souvent méconnu : le cumul emploi-retraite.
Sommaire

Le dispositif de cumul emploi-retraite offre la possibilité aux médecins libéraux de pouvoir poursuivre leur activité tout en percevant leurs retraites.  Selon la CARMF, le cumul emploi-retraite concernerait un peu plus de 13 500 médecins libéraux au 1er janvier 2025.

Quelles sont les conditions et les démarches à suivre pour combiner emploi et retraite ? Découvrez toutes les informations nécessaires dans ce guide.

Médecins : quelles sont les conditions pour cumuler emploi et retraite ?

Depuis sa libéralisation en 2009, le dispositif de cumul emploi-retraite connaît une progression continue. Cette pratique est particulièrement cruciale dans les « déserts médicaux », où les médecins généralistes reportent souvent leur départ à la retraite, à cause des difficultés que leurs patients rencontreraient pour trouver un nouveau médecin.

Le cumul emploi-retraite peut être soit total (également appelé « libéralisé »), soit partiel (également appelé « plafonné »).

Cumul emploi-retraite « libéralisé »

Dans ce cas, l’assuré peut cumuler activité libérale et retraite sans limite de revenus. Pour bénéficier de ce dispositif, trois conditions sont à remplir :

  1. avoir le nombre de trimestres requis pour la retraite à taux plein ou avoir atteint l’âge automatique du taux plein (67 ans)
  2. avoir atteint l’âge légal de la retraite (entre 62 ans et 64 ans selon votre année de naissance).
  3. avoir demandé à percevoir l’intégralité de ses retraites en France auprès des régimes de retraite obligatoires, de base et complémentaire (y compris à l’étranger, le cas échéant).

Bon à savoir : les personnes bénéficiant d’une retraite anticipée pour carrière longue, en raison d’un handicap ou en tant qu’ancien combattant, ne peuvent pas prétendre au cumul intégral emploi-retraite.

Dans le cas où l’assuré ne remplit pas l’intégralité des conditions énoncées ci-dessus, celui-ci peut tout de même poursuivre son activité professionnelle pendant sa retraite. Il devra alors respecter un revenu professionnel à la CARMF inférieur au plafond de la Sécurité Sociale, soit 47 100 par an au 1er janvier 2025 (source : CARMF).

Médecins : quelles sont les démarches à effectuer pour cumuler retraite et emploi libéral ?

Si vous souhaitez poursuivre ou reprendre votre activité de médecine libérale, voici les démarches à effectuer :

  • En cas de maintien de votre activité : vous devez adresser une demande de retraite en précisant le maintien de l’activité libérale, par courrier ou dans votre espace en ligne CARMF.
  • En cas de reprise d’activité : vous devez avertir la CARMF qui vous enverra un formulaire de déclaration d’activité à retourner dans les 30 jours suivant la reprise. Cela permettra de procéder à votre réaffiliation aux régimes de base, complémentaire, et le cas échéant, ASV. Ensuite, vous devez retourner une déclaration sur l’honneur mentionnant les noms des organismes ayant liquidé vos droits à retraite en cas de cumul intégral. Si ce document n’est pas retourné dans le délai d’un mois, une pénalité sera appliquée. Enfin, vous devez adresser à la CARMF votre avis d’impôt avant le 31 décembre de l’année suivant la poursuite ou la reprise de l’activité.
  • En cas d’arrêt du cumul : vous devez renvoyer à la CARMF le questionnaire de déclaration de cessation de l’activité médicale libérale.

En plus de ces démarches, vous devez également prévenir le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de votre demande de retraite avec cumul d’une activité libérale. Par ailleurs, vous devez maintenir votre assurance responsabilité civile professionnelle.

Qu’en est-il de l’exonération des cotisations de 2023

L’exonération exceptionnelle des cotisations d’assurance vieillesse pour les revenus annuels ne dépassant pas 80 000 € en 2023 n’a pas été reconduite en 2024. Cette mesure avait été mise en place pour lutter contre la pénurie de médecins. 

De fait, les médecins retraités qui poursuivent ou reprennent une activité libérale sont de nouveau soumis à l’obligation de cotiser aux régimes de base, complémentaire et ASV.

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Pour un médecin exerçant son activité en libéral, le cumul emploi-retraite est-il judicieux ?

L’un des premiers avantages du cumul emploi-retraite est l’allégement des charges sociales. Cependant, pour un médecin qui souhaiterait poursuivre son activité en libéral, il est judicieux d’effectuer des calculs.

Par exemple, un assuré CARMF percevant 144 000 euros de revenu par an, paye des cotisations annuelles d’environ 25 000 euros. Il pourrait percevoir 49 200 euros de retraite par an (4 100 €/mois) à taux plein.

Il va donc avoir la possibilité de percevoir 144 000 € + 49 200 € de retraite, soit 193 200 €. Toutefois, bien que son impôt augmente proportionnellement à ce revenu, les cotisations versées après le départ en retraite peuvent lui permettre d’acquérir de nouveaux droits dans le régime de base et ouvrir la possibilité d’une seconde liquidation de ses pensions. Attention, cette seconde pension n’est possible qu’auprès du régime de base de la CARMF, et sera plafonné à 5 % du PASS (2 355 euros annuels bruts en 2025).

Dans certains cas, lors du passage en retraite, il peut être intéressant de réduire son activité libérale, voire de l’arrêter, au profit d’une activité de médecin salarié. Ainsi, la charge des cotisations sera moins importante (50 % salariale – 50 % patronale).

Vous êtes médecin et vous vous questionnez sur le dispositif du cumul emploi-retraite ? Nos experts retraite sont là pour faire un audit complet de votre carrière et procéder à un calcul exact de l’intégralité de vos pensions de retraite afin de vous conseiller au mieux sur vos choix, n’hésitez pas à faire appel à eux !

A retenir :
Le cumul emploi-retraite permet aux médecins libéraux de continuer à travailler tout en percevant leur retraite, avec des options intégrales ou plafonnées selon les conditions remplies.
Le médecin retraité doit effectuer des démarches administratives auprès des organismes compétents pour signaler la reprise ou la poursuite de son activité.
L’exonération des cotisations de 2023 n’a pas été reconduite en 2024, rendant à nouveau obligatoire le paiement des cotisations retraite pour les médecins retraités poursuivant une activité libérale.
Les cotisations versées par le médecin en cumul emploi-retraite intégral permet d’obtenir des droits pour une seconde pension de retraite au régime de base.

Sources utilisées : 

https://conseil91.ordre.medecin.fr/content/cumul-emploi-retraite-2

https://www.macsf.fr/patrimoine-finance/actualites-conseils/cumul-emploi-retraite-exoneration-cotisations

https://www.carmf.fr/doc/documents/guides/guide-cumul.pdf

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FAQ

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Pour la carrière longue, ce sont principalement les trimestres cotisés qui comptent. Mais il y a des exceptions avec certains trimestres assimilés comme le congé maternité, le congé paternité, l’arrêt maladie, le chômage involontaire indemnisé ou l’accident du travail/maladie professionnelle dans la limite de 4 trimestres au total.

Les trimestres assimilés non acceptés pour la carrière longue sont : chômage non indemnisé ou encore l’aide à la création d’entreprise (ACRE).

 

Rendez-vous sur info-retraite.fr, vous pouvez vous connecter avec France Connect et vous trouverez votre RIS (Relevé Individuel de Situation) qui détaille : 

  • le nombre de trimestres cotisés
  • le nombre de trimestres assimilés
  • le total de trimestres validés
  • l’ensemble de votre carrière tous régimes confondus

 

Non, vous ne pouvez pas obtenir plus de 4 trimestres par an.

 

Non, il ne compte pas toujours autant. Les deux types de trimestre comptent de la même façon pour la durée d’assurance (nombre total de trimestres nécessaires pour obtenir la retraite à taux plein) mais la différence se fait sur le départ en retraite anticipée. Pour partir en retraite anticipée, seuls les trimestres cotisés sont pris en compte et non les trimestres assimilés.

 

Une seule année de cotisation suffit pour ouvrir des droits à l’AVS, c’est l’un des grands avantages du système suisse par rapport au système français. Dès lors qu’on a cotisé au moins un an, on reçoit une rente partielle.

Ensuite, tout est une question de proportionnalité :

  • Pour toucher la rente complète, il faut 44 années de cotisation (de 20 à 65 ans). Une durée plus courte donne droit à une rente partielle, proportionnelle au nombre d’années cotisées. 
  • Chaque année manquante réduit la rente d’environ 2,3 %. Il est possible de combler des lacunes en payant des cotisations arriérées, mais uniquement pour les 5 dernières années.
  • En pratique, parmi les personnes vivant à l’étranger ayant travaillé en Suisse, près des deux tiers n’affichent que 15 années de cotisation environ, pour une rente moyenne autour de 630–645 CHF/mois.

En résumé : pas de seuil minimum bloquant, mais plus vous avez cotisé longtemps, plus la rente est élevée — avec 44 ans comme référence pour le maximum de 2 520 CHF/mois.

 

En 2026, la rente AVS minimale est de 1 260 CHF/mois, et la rente maximale de 2 520 CHF/mois pour une personne seule — à condition d’avoir cotisé pendant 44 ans (carrière complète). 

Quelques précisions importantes :

  • Cette rente minimale a été relevée de 2,9 % au 1er janvier 2026 (elle était de 1 225 CHF auparavant), en ligne avec l’évolution des prix et des salaires. 
  • Pour un couple marié dont les deux conjoints sont à la retraite, la rente AVS est plafonnée à 150 % de la rente maximale individuelle, soit 3 780 CHF/mois au maximum. 
  • Si la rente AVS ne suffit pas à couvrir les besoins vitaux, des prestations complémentaires peuvent être demandées.
  • À partir de décembre 2026, une 13ᵉ rente annuelle sera versée aux bénéficiaires de l’AVS.

 

Après 10 ans en Suisse, vous cumulez trois sources :

  • AVS (1er pilier) : une rente partielle proportionnelle à vos années cotisées, soit environ 290 à 580 CHF/mois.
  • LPP (2e pilier) : le capital de votre caisse de pension, récupérable en rente ou en capital selon votre choix.
  • 3e pilier : votre épargne privée, si vous y avez contribué.

Du côté français, vos 10 ans suisses (≈ 40 trimestres) s’ajoutent à votre carrière pour atteindre le taux plein plus rapidement.

À noter : si vous résidez en France, vos deux pensions seront soumises aux prélèvements sociaux français (CSG, CRDS). Les démarches sont à faire séparément dans chaque pays, idéalement 5 à 6 mois avant la retraite.

 

Oui, vous pouvez percevoir les deux retraites en parallèle, chaque pays versant sa propre pension selon ses propres règles.

Grâce à l’accord de coordination sociale signé en 2002 entre la Suisse et l’UE, les périodes de cotisation effectuées dans l’un des pays sont reconnues par l’autre.

Si le travailleur frontalier a effectué une partie de sa carrière en Suisse et l’autre en France (ou dans un autre pays de l’UE), il reçoit une pension de chaque État, à condition d’avoir été assuré dans le pays concerné au moins une année.

 

Oui. Ce dispositif permet de combler des périodes non cotisées (études, stages, années incomplètes) pour améliorer sa pension ou réduire une décote. Il est accessible à tout assuré entre 20 et 67 ans, dans la limite de 12 trimestres maximum sur toute la carrière.

Le coût varie selon l’âge et le revenu — plus on attend, plus c’est cher — mais les sommes versées sont déductibles des revenus imposables. Le paiement peut être étalé sur 1, 3 ou 5 ans.

 

Vous pouvez valider au maximum 4 trimestres par an.

 

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