Qui perd ? Qui gagne ? Simulations du nouveau mode de calcul des polypensionnés

Sommaire

Au plus tard au 1er janvier 2017*, il est prévu que les retraites des régimes alignés soient regroupées pour ne faire qu’une seule et même retraite. Quel sera l’impact de cette réforme pour les polypensionnés ? L’étude des cas réels que nous avons réalisée montre que le futur mode de calcul des retraites ne leur sera que rarement et faiblement favorable par rapport au mode de calcul actuel.

Nous avons vu que pour un tiers des assurés, la future modification du mode de calcul de la retraite des polypensionnés entraînera en moyenne une baisse des pensions. Elle sera presque sans effet pour un autre tiers et elle augmentera sensiblement pour le dernier tiers.

Comment déterminer les gagnants ou les perdants de ce nouveau mode de calcul ?

L’impact réel de la réforme dépendra de la carrière personnelle de chacun.

Citons l’exemple de Monsieur Maurice F. né en mars 1954 et qui partira en retraite à taux plein dès l’âge légal de 61 ans et 7 mois, soit à la date du 01/11/2015.

Monsieur Maurice F. a été salarié de 1973 à 1989 puis artisan de 1990 à ce jour. De plus, il a été moniteur de ski pendant les saisons d’hiver de 1978 à 2006. Pour cette dernière activité, il cotisait à l’époque à un régime particulier qui a été repris par la CIPAV (profession libérale).

Aujourd’hui le montant calculé annuel brut des retraites du régime général et du RSI :
– Pour le RG : 11 320,02 x 50 % x 64/165 = 2 195,39 €
– Pour le RSI : 35 503,55 x 50 % x 100/165 = 10 758,65 €
Pour un total de 12 954,04 € par an, soit 1 079,50 € brut par mois.

En appliquant le nouveau mode de calcul, le montant de la retraite des polypensionnés serait de :
– 30 876,33 x 50 % x 164/165 = 15 344,60 € par an, soit 1 278,71 € brut par mois.

Monsieur Maurice F. gagnerait donc 200 € par mois de pension à attendre la mise en œuvre de la réforme pour demander sa retraite. Deux éléments expliquent pourquoi ce Monsieur fait partie des gagnants :
– Les carrières du régime général et du RSI ne se chevauchent pas, et le nombre de trimestres au total des 2 régimes reste inférieur au maximum retenu pour le calcul (165) : ainsi aucun trimestre ne se « perd » dans la fusion des 2 régimes.
– Aujourd’hui le SAM du régime général seul est très faible car il s’appuie uniquement sur les premières années de la carrière. Ainsi dans ce cas, le fait de retenir les 25 meilleures années valorise plus les 64 trimestres du régime général que la baisse subit par les 100 trimestres du RSI.

Soulignons que les trimestres de la CIPAV, s’ils sont bien retenus pour l’ouverture du droit à la retraite à taux plein, ne sont pas intégrés dans la retraite des polypensionnés. En effet, la CIPAV n’est pas un régime aligné.

* Par un communiqué de presse en date du 30 août 2016, le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé indique que la date de mise en œuvre de la réforme est repoussée au 1er juillet 2017 : voir le communiqué de presse

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FAQ

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Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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