Retraite : les principaux changements en 2015, pour 2016 et à venir !

Sommaire

Frédéric BARREL, ancien Directeur Technique de NEOVIA Retraite, revient dans notre lettre de l’expertise retraite de Février, sur les principaux changements réglementaires intervenus en 2015, ceux prévus en 2016 et à venir d’ici 2019 !

Comme nous pouvions l’anticiper, pour 2016 le législateur n’a pas souhaité apporter de nouvelles modifications d’importance à la réglementation des retraites. Les prochains grands bouleversements devraient être étudiés et votés par la prochaine législature qui verra le jour en 2017, pour une mise en application au 1er janvier 2019…. date que la récente réforme des retraites complémentaires ARRCO-AGIRC a d’ailleurs déjà anticipée.

Il reste que les mesures prévues par la réforme des retraites de janvier 2014 se mettent en place de manière progressive : certaines ont pris effet dès 2014, d’autres au 1er janvier 2015 ou 2016, et certaines sont prévues pour 2017 et 2018. Par ailleurs, les lois de financement de la sécurité sociale apportent toujours quelques aménagements avec une application quasi immédiate. Nous vous proposons de faire un point sur les principales modifications déjà actées avec les dates de mise en œuvre.

Allongement de la durée d’assurance : sans modifier l’âge légal de départ en retraite, qui reste à 62 ans pour les assurés nés à compter de 1955, la réforme des retraites de 2014 augmente d’un trimestre par tranche de 3 années de naissance la durée d’assurance nécessaire pour ouvrir droit à la retraite à taux plein. Aujourd’hui fixée à 165 trimestres pour les générations 1953 et 1954, elle passera à 166 pour les personnes nées de 1955 à 1957, 167 pour celles nées de 1958 à 1960, 168 pour celles nées de 1961 à 1963, etc. Il faudra 172 trimestres (43 ans) aux assurés nés à compter de 1973.

Réforme du cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2015 : généralisation du principe de cessation de toute activité pour percevoir une retraite, et du principe de gel des droits en cas de poursuite ou reprise d’une activité. La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2016 précise les dérogations au principe de cessation d’activité et les revenus professionnels à prendre en compte dans le cadre du cumul emploi-retraite non libéralisé. Pour toutes les retraites servies, les plafonds à ne pas dépasser dépendent de la nature de l’activité poursuivie ou reprise : la moyenne des 3 derniers mois de salaire s’il s’agit d’une activité salariée, la moitié du PASS s’il s’agit d’une activité relevant du RSI, et le PASS pour une activité libérale.

Le nouveau mode de calcul de la retraite de base des polypensionnés des régimes alignés doit entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2017. La LFSS 2016 précise que cette réforme, qui sera rarement favorable aux futurs retraités, ne s’appliquera qu’aux assurés nés à compter de 1953.

Les conditions d’accès à la retraite progressive ont été assouplies depuis le 1er janvier 2015 pour accroître l’attractivité de ce dispositif. Possible dès 60 ans, la retraite progressive permet de réduire l’activité professionnelle en bénéficiant d’une compensation de revenu, de ne pas cotiser à perte, et de percevoir une partie des retraites avant l’âge légal sans forcément réunir le nombre de trimestres nécessaire au taux plein. Elle peut ainsi être une véritable alternative aux nouvelles règles de cumul emploi-retraite, mais ne concerne principalement que les salariés du privé.

Les petites retraites des régimes de base ne sont plus versées en capital unique depuis le 1er janvier 2016. Si le montant annuel brut de la pension est inférieur à 200 €, son service est assuré par le régime auprès duquel le demandeur réunit le plus grand nombre de trimestres.

L’accord signé le 30 octobre 2015 dans le but d’assurer l’avenir des retraites complémentaires ARRCO-AGIRC comporte des mesures prenant effet immédiatement, et d’autres qui s’appliqueront à partir de 2019. Dès 2016, entre autres mesures d’économie, la revalorisation de la valeur de service du point est décalée du 1er avril au 1er novembre de chaque année, et elle sera diminuée d’1% par rapport à l’inflation jusqu’en 2018. Jusqu’à cette date en revanche, la valeur d’achat du point sera supérieure de 2 % à l’évolution de la moyenne des salaires. En 2019, cet accord prévoit la fusion des régimes ARRCO et AGIRC et la création d’un système de bonus/malus provisoire pour les liquidations à compter du 1er janvier 2019 et pour les personnes nées à partir de 1957.

Les cotisations pour la retraite de base augmentent pour la 3ème année consécutive pour les salariés comme pour les non-salariés. La réforme des retraites 2014 prévoyait en effet une augmentation des cotisations retraite de 0,60 % (total salariés-employeurs) étalée sur 3 ans de 2014 à 2016. Par ailleurs, la base de cotisation minimale pour les non-salariés passe de 7,7 % du PASS en 2015 à 11,5 % du PASS. Jusqu’en 2014 cette cotisation minimale ne permettait la validation que d’1 seul trimestre d’assurance, pour 2 trimestres en 2015 et 3 trimestres en 2016. Si cette tendance à la hausse se poursuit, la cotisation minimale permettra la validation de 4 trimestres à compter de 2017, et ce sera donc la fin des rachats Madelin pour les ressortissants du RSI.

La possibilité pour les professionnels libéraux de racheter sous conditions leurs premières années d’exercice s’est éteinte fin 2015. Après celle du rachat dit « Quevillon » fin 2013 pour les artisans-commerçants, voici une autre possibilité de régularisation de trimestres qui disparaît.

Nous n’insisterons jamais assez sur la nécessité de s’interroger en temps et en heure sur l’intérêt d’un rachat ou d’une régularisation de cotisations, avant que la possibilité même de l’effectuer disparaisse.

Avertissement : les informations publiées en matière de réglementation sur les droits à la retraite sont des informations en vigueur à date de publication.

 

Si vous souhaitez plus d’informations, contactez-nous pour un diagnostic personnalisé de votre situation ! 

Contactez un expert retraite

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

Vous n’avez pas trouvé la réponse ?

Contactez-nous pour obtenir une réponse et un accompagnement personnalisé

Pour aller plus loin

Découvrez tous nos articles pour vous aider à appréhender votre départ à la retraite.

Nos solutions

Chaque année, nous réalisons plus de 2000 accompagnements auprès de chefs d’entreprise, médecins, professions juridiques, artisans/commerçants ou salariés/cadres.

Neovia ne propose pas une solution retraite, mais plusieurs, personnalisées et adaptées à chaque profil et à chaque situation : Bilan Retraite Conseil, Expertise Retraite, Expertise de Départ…

Nos experts possèdent une connaissance pointue des régimes de retraite, des carrières complexes et des spécificités sectorielles. Ils vous apportent des résultats concrets : reconstitution de carrière, sécurisation des droits, optimisation de votre retraite et audits de relevé de carrière pour déceler les éventuelles erreurs.

 

Audit de retraite

Bilan Retraite Conseil

Réservé aux cadres et salariés, ce diagnostic personnalisé vous permet de connaître l'âge de départ optimal et le montant de vos revenus pour préparer sereinement votre retraite.

Niveau d'accompagnement

1/5

Expertise Retraite

Dirigeants, chefs d’entreprise et professions libérales, après reconstitution fidèle de votre carrière, nous analysons les dispositifs réglementaires (régimes, rachats, majorations…) permettant d’optimiser votre retraite.

Niveau d'accompagnement

3/5

Expertise Retraite à Domicile

Un service premium et confidentiel, réservé uniquement aux cadres et salariés. Sur rendez-vous, un expert Neovia vous rend visite pour une étude retraite sur mesure et individualisée.

Niveau d'accompagnement

4/5

Votre profil

Vous avez un statut de dirigeant, professions libérale, médicale ou juridique, artisan/commerçant ou cadre ?

Vous avez besoin de mieux connaître vos droits ?

Découvrez tous nos conseils et prestations associées pour vous accompagner.

Dirigeant

Neovia accompagne les dirigeants pour sécuriser et optimiser leur retraite.

Profession médicale

Neovia accompagne les médecins et libéraux pour une retraite sereine et simplifiée.

Profession libérale

Neovia aide les professionnels à y voir clair dans leur retraite grâce à une approche sur mesure.

Profession juridique

Neovia accompagne les professions juridiques avec l’expertise nécessaire pour une retraite maîtrisée.

Artisan/ Commerçant

Neovia accompagne les artisans et commerçants pour optimiser et sécuriser leur retraite.

Cadre supérieur/ Expatrié

Neovia aide les cadres aux parcours complexes à reconstituer leur carrière et optimiser leur retraite.

DRH

Neovia vous aide à gérer la retraite de vos salariés grâce à des prestations adaptées à vos besoins.