Heures supplémentaires et retraite

Toutes les heures supplémentaires sont prises en compte dans le calcul de votre retraite. Nos experts vous expliquent les conditions.
Sommaire

Les heures supplémentaires peuvent jouer un rôle important dans le calcul de la retraite en augmentant le salaire annuel moyen et en permettant de valider plus points Agirc-Arrco. C’est pourquoi il est crucial de bien comprendre l’impact des heures supplémentaires et de gérer sa carrière en conséquence pour optimiser sa retraite future.

Qu’est-ce qui est considéré comme une heure supplémentaire et quel est le cadre légal ?

Les heures supplémentaires sont les heures de travail effectuées au-delà de la durée légale du travail, qui est de 35 heures par semaine en France depuis la loi Aubry. L’Article L212-5-1 du Code du travail relatif aux heures supplémentaires stipule que toute heure travaillée au-delà de ces 35 heures est considérée comme une heure supplémentaire. 

Par exemple : 
Si vous travaillez 38 heures par semaine, vous faites 3 heures supplémentaires. Ces heures supplémentaires doivent être payées avec une majoration. Le taux de majoration est généralement de 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires (de la 36ème à la 43ème heure) et de 50 % au-delà. Le taux exact peut varier en fonction des accords collectifs ou des conventions de votre entreprise.

Les heures supplémentaires sont encadrées par la loi, qui fixe des limites pour éviter les abus. Par exemple, un salarié ne peut pas faire plus de 220 heures supplémentaires par an sans accord spécifique, sauf si ce nombre d’heures est défini dans la convention collective ou les accords de branche de l’entreprise.

Les heures supplémentaires sont souvent effectuées à la demande de l’employeur pour répondre à des pics d’activité ou des urgences.

Comment est calculée la retraite de base ?

Pour comprendre comment les heures supplémentaires influencent la retraite, il est essentiel de savoir comment la pension de retraite est calculée. Dans le régime général, la retraite de base repose sur deux éléments principaux :

  • Le salaire annuel moyen : il est calculé à partir des 25 meilleures années de salaire d’un salarié. Ce salaire annuel moyen sert de base pour calculer le montant de la pension de retraite.
  • Les trimestres de cotisation : pour obtenir une retraite complète, il faut avoir cotisé un certain nombre de trimestres. C’est ce qu’on appelle la « durée d’assurance ». Le nombre de trimestres demandés dépend de l’année de naissance du salarié. Par exemple, les personnes nées à partir de 1968 doivent valider 172 trimestres.

Les retraites complémentaires (comme l’AGIRC-ARRCO) fonctionnent différemment, elles utilisent des points accumulés au cours de la carrière pour déterminer le montant de la pension. 

Les heures supplémentaires sont-elles incluses dans le salaire de référence pour le calcul de la retraite ?

Oui, les heures supplémentaires sont soumises aux cotisations sociales et sont donc intégrées dans le calcul de votre retraite. Par conséquent, si ces heures sont régulières, elles peuvent faire partie des 25 meilleures années de salaire et augmenter le montant de la future pension de retraite.

Exemple :
Marie a travaillé pendant 30 ans avec un salaire annuel moyen de 30 000 €. Pendant 5 ans, elle a fait 200 heures supplémentaires par an, rémunérées à 25 € de l’heure. Ses heures supplémentaires annuelles s’élèvent donc à 5 000 € (200 heures x 25 €). Ces heures supplémentaires peuvent faire partie de ses 25 meilleures années de salaire, augmentant ainsi automatiquement sa pension de retraite.

Cependant, si votre salaire de base (sans heures supplémentaires) atteint déjà le Plafond de la Sécurité sociale (47 100 € en 2025), le cotisations supplémentaires payées avec les heures supplémentaires ne permettront pas d’augmenter le montant de votre salaire, qui est plafonné au PASS.

Les heures supplémentaires permettent-elles de valider plus de trimestres pour la retraite ?

Pour valider un trimestre de retraite, il faut avoir cotisé sur une base de rémunération minimale. En 2025, cette base est de 1 782 € par trimestre, soit 7 128 € pour valider les 4 trimestres. Il n’est pas possible de valider plus de 4 trimestres sur une année civile. Généralement, avec un travail à temps complet, le salaire de 7 128 € sur l’année est déjà atteint sans les heures supplémentaires. 

Les heures supplémentaires sont-elles prises en compte de la même manière dans tous les régimes de retraite ?

Le régime général s’applique à la majorité des salariés du secteur privé. Les fonctionnaires et les indépendants ont des régimes spéciaux, où les règles de prise en compte des heures supplémentaires peuvent varier. Par exemple, pour les fonctionnaires, les heures supplémentaires sont intégrées dans le calcul de la retraite s’ils ont opté pour un régime de retraite additionnel.

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Comment les heures supplémentaires influencent-elles la retraite complémentaire ?

Les heures supplémentaires sont également comptées pour les régimes de retraite complémentaire, comme l’AGIRC-ARRCO. Les cotisations sur les heures supplémentaires permettent d’acquérir des points supplémentaires, augmentant ainsi le montant de la pension complémentaire.

Exemple :
Si Miriam a accumulé 200 points AGIRC-ARRCO grâce à ses heures supplémentaires, et que chaque point vaut 1,4386€ (valeur 2025), elle aura une retraite complémentaire augmentée de 287,72 € bruts par an (200 x 1,4386 €).

Quels sont les avantages et les inconvénients des heures supplémentaires pour la retraite ?

Les avantages des heures supplémentaires pour la retraite

Les heures supplémentaires peuvent augmenter le salaire de référence pour le calcul de la retraite. Elles offrent également une opportunité d’augmenter les points de retraite complémentaire, améliorant ainsi la pension de retraite globale.

Les inconvénients des heures supplémentaires pour la retraite

Toutefois, les heures supplémentaires peuvent avoir un impact limité si elles ne sont pas régulières ou significatives. De plus, elles peuvent accroître la pénibilité du travail et avoir des conséquences sur la santé, ce qui pourrait affecter la capacité à travailler jusqu’à l’âge de la retraite. Attention donc à ne pas en abuser !

A retenir :
Les heures supplémentaires sont prises en compte dans le calcul du montant de la retraite.
Les cotisations sur les heures supplémentaires augmentent les points de retraite complémentaire, améliorant la pension globale.

Sources utilisées : 

https://www.jobstrategy.fr/est-ce-que-les-heures-suplementaires-comptent-pour-la-retraite/

https://www.la-retraite-en-clair.fr/depart-retraite-age-montant/essentiel-age-depart-retraite/a-quel-age-peut-partir-retraite

https://www.la-retraite-en-clair.fr/parcours-professionnel-regimes-retraite/temps-partiel-heures-supplementaires-retraite/heures-supplementaires-comptent-calcul-retraite

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FAQ

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Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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