Expatrié : quelle conséquence sur votre future retraite ?

Le droit social du pays dans lequel vous êtes expatrié s’applique.
Sommaire

Expatrié : quelle conséquence sur votre future retraite ?

Principes

Le droit social du pays dans lequel vous êtes expatrié s’applique. S’il y existe un système de retraite obligatoire, vous y verserez des cotisations et obtiendrez une retraite locale sous réserve de remplir les conditions exigées.

Quand vous exercez en France, vous cotisez et faites l’acquisition des droits à la retraite dans des conditions définies par la législation française. En l’occurrence, vos retraites françaises sont le reflet de votre parcours professionnel. Elles sont établies en tenant compte de la durée de votre carrière (traduite en nombre de trimestres) et de la moyenne des rémunérations de vos 25 meilleures années de salaires.

Pour la retraite d’un expatrié, la question est donc de savoir si sa période d’activité à l’étranger va être prise en compte par les régimes français pour calculer la retraite qu’ils verseront. Et réciproquement, si la durée de la carrière française sera retenue par le pays d’accueil pour déterminer la pension qu’il versera.

La coordination européenne des régimes

Si vous êtes expatrié dans l’un des 28 états membres de l’Union Européenne, ou dans l’un des trois pays de l’Espace Economique Européen (Islande, Liechtenstein et Norvège) ou en Suisse, ces périodes d’activité valideront des trimestres. En revanche, elles ne seront pas prises en compte par les complémentaires AGIRC/ARRCO. En outre, les salaires perçus à l’étranger ne peuvent être retenus dans les 25 meilleures années de salaire.

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Les pays liés par une convention avec la France

A ce jour, la France a signé des conventions de sécurité sociale avec une quarantaine de pays. Ces textes coordonnent la législation de sécurité sociale des deux pays signataires afin d’assurer une égalité de traitement entre leurs ressortissants. Chaque État verse la part de retraite qui lui incombe à l’expatrié.

Les États liés à la France par une convention de sécurité sociale sont :

l’Algérie, Andorre, l’Argentine, le Bénin, la Bosnie-Herzégovine, le Brésil, le Cameroun, le Canada, le Cap-Vert, le Chili, le Congo, la Corée du Sud, la Côte-d’Ivoire, les États-Unis, le Gabon, l’Inde, Israël, le Japon, le Kosovo, la Macédoine, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, Monaco, le Monténégro, le Niger, les Philippines, le Québec, le Royaume-Uni, Saint-Marin, le Sénégal, la Serbie, le Togo, la Tunisie, la Turquie, Uruguay. Il faut y ajouter les accords d’Outre-mer avec : Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Saint-Pierre et Miquelon.

Deux modes de calcul de la retraite

Le calcul par totalisation/proratisation : chaque pays fait tout d’abord un calcul théorique de la retraite, comme si vous aviez accompli l’intégralité de votre carrière chez lui. Dans un deuxième temps la retraite est proratisée. Dans chaque État, le régime verse une retraite en proportion des périodes effectuées chez lui, rapportées à la durée d’assurance totale. Exemple : vous avez travaillé 26 ans en France et 16 ans à l’étranger, soit 42 ans en tout. Vous percevrez 26/42ème de la retraite française et 16/42ème de la pension du pays d’expatriation.

Le calcul séparé des retraites : chaque pays calcule la retraite à laquelle le salarié a droit en fonction de sa réglementation. Les périodes d’activité à l’étranger sont retenues seulement pour le taux de la retraite versée en France.

Les options varient selon les accords :

  • permet de choisir entre le calcul par totalisation/proratisation et le calcul séparé.
  • prévoit le calcul séparé des retraites.
  • attribue directement le mode de calcul le plus avantageux.

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Oui, dans plusieurs situations selon le régime concerné :

  • Dépassement du plafond de ressources (régime général) : si vos revenus dépassent 25 001,60 € par an seul ou 40 002,56 € en couple en 2026, la pension est réduite, voire suspendue.
  • Remariage : à l’Agirc-Arrco, dans la fonction publique et dans la plupart des complémentaires, le remariage entraîne la suppression définitive de la réversion. Au régime général en revanche, il n’y a pas de suppression automatique (mais les revenus du nouveau ménage sont pris en compte).
  • PACS ou concubinage : aucune incidence au régime général et à l’Agirc-Arrco, mais suppression dans la fonction publique.
  • Fin d’invalidité : si la réversion vous était versée avant 55 ans au titre de l’invalidité, elle s’interrompt jusqu’à l’âge requis.

Vous devez signaler tout changement de situation (revenus, vie de couple) aux caisses, sous peine de devoir rembourser les sommes trop perçues.

À noter : au régime général, la pension n’est plus révisable 3 mois après la liquidation de toutes vos retraites personnelles.  Un changement de ressources ultérieur n’entraîne donc plus la révision de la pension de réversion.

 

Non, la pension de réversion n’est jamais versée automatiquement. Vous devez en faire la demande auprès des caisses de retraite du défunt.La démarche se fait en ligne sur info-retraite.fr (via FranceConnect) : une seule demande dématérialisée vaut pour tous les régimes (base et complémentaires) auxquels votre conjoint a cotisé.

 

Oui, dans plusieurs situations :

  • Plusieurs régimes du même conjoint : la réversion du régime de base (54 %) se cumule avec celle de la complémentaire (60 % à l’Agirc-Arrco).
  • Plusieurs mariages successifs : vous pouvez percevoir une réversion pour chaque ex-conjoint décédé, sous réserve de remplir les conditions (âge, plafond de ressources, non remariage etc…).
  • Avec votre propre retraite : le cumul est autorisé.

 

Comptez 4 à 6 mois de traitement pour le régime de base, 2 à 3 mois pour l’Agirc-Arrco, après dépôt d’un dossier complet.
Important : déposez votre demande dans les 12 mois suivant le décès pour bénéficier du versement rétroactif au 1er jour du mois suivant le décès. Passé ce délai, la pension n’est versée qu’à partir de la date de la demande.
Demande à effectuer en ligne sur info-retraite.fr (une seule démarche pour tous les régimes).

 

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

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