Réforme AGIRC ARCCO : impact sur votre retraite complémentaire

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RÉFORME AGIRC-ARRCO : QUELS IMPACTS SUR LES RETRAITES COMPLÉMENTAIRES ?

[8 décembre 2015] Depuis le 30 octobre dernier et après plusieurs mois de négociations, les partenaires sociaux sont arrivés à un accord visant à assurer l’avenir des régimes de retraite complémentaire.
Nous faisons aujourd’hui le point sur les principales mesures et leurs impacts sur votre retraite de la réforme AGIRC ARCCO.
Cet accord sera mis en œuvre en deux temps : des mesures appliquées à partir de 2016 et d’autres à partir de 2019.

En 2016, des mesures d’économie

La revalorisation des retraites, qui est habituellement indexée sur l’inflation (hors tabac), sera diminuée de 1% sur trois ans : 2016, 2017 et 2018. Il faut néanmoins noter qu’en cas d’inflation nulle ou très faible, les pensions ne seront pas baissées. Rappelons que les retraites n’ont pas été augmentées depuis 2013. Cette revalorisation sera également décalée du 1er avril au 1er novembre de chaque année.
Conséquence : un gel des pensions complémentaires pendant 7 mois.

Le prix d’achat du point augmentera en revanche plus rapidement sur ces trois mêmes années puisqu’il est à présent indexé sur l’évolution moyenne des salaires, majoré de 2%. Pour 2016, le point d’achat AGIRC sera à 5,4455€ et celui de l’ARRCO à 15,6556€.

Enfin, les cadres cotisant en tranche C seront impactés du prélèvement AGFF pour la partie du salaire supérieur à 12 680 € bruts mensuels (soit 4 fois le plafond de la sécurité sociale pour 2015).
L’AGFF (Association pour la gestion du fonds de financement ARRCO et AGIRC) est chargée de gérer les fonds permettant aux salariés bénéficiant de la retraite de base à taux plein (parce qu’ils réunissent le nombre de trimestres requis) de percevoir aussi les retraites complémentaires ARRCO AGIRC sans abattement avant l’âge du taux plein (67 ans).

Nos articles sur la réforme (date de publication) :
27 septembre 2018 : Web-conférence : réforme bonus-malus
12 septembre 2018 : La fusion de l’AGIRC et de l’ARRCO en 2019 : Quels impacts sur les retraites complémentaires
14 août 2018 : A compte de 2019 un seul compte de points « AGIRC-ARRCO »

Ces salariés n’étaient jusqu’alors pas soumis à cette cotisation pour la part du salaire supplémentaire à 4 PASS. Le taux de l’AGFF est de 2,20% dont 1,30% à la charge de l’employeur et 0,90% à celle du salarié. Ces cadres noteront alors une légère baisse de leur salaire net, mais pourront bénéficier d’une retraite Tranche C sans abattement lié à l’âge pour les points acquis à compter de 2016 et jusqu’en 2019 (détail ci-dessous).

A partir de 2019, le système bonus-malus entre en jeu

Au 1er janvier 2019, les régimes ARRCO-AGIRC seront fusionnés pour créer un régime unifié avec deux tranches de cotisations : Tranche 1 jusqu’au PASS et Tranche 2 de 1 à 8 PASS. C’est la fin de la Tranche C. C’est la réforme AGIRC ARRCO.
Le taux d’acquisition des points de retraite restera à 6.20% pour la Tranche 1 (3 170 €/mois pour 2015) et sera augmenté de 16,44% à 17% pour les salariés cadres et de 16,20% à 17% pour les salariés non-cadres. La répartition employeur/salarié sera unifiée à 60/40% pour tous.

Le taux d’appel des cotisations passera de 125 à 127% c’est-à-dire que sur 127€ cotisés seulement 100€ seront pris en compte pour la future retraite.

Taux de cotisations = taux d’acquisition d’un point (6.20% pour T1) x taux d’appel (125%)
La mesure phare de cette réforme  agic arrco reste la mise en œuvre d’un système de bonus-malus pour les liquidations de retraite à compter du 1er janvier 2019 ET pour les personnes nées à partir de 1957.

Pour vous aider à y voir plus clair, voici quelques précisions sur l’application de ce système :
Vous ne serez pas impacté(e) par ce dispositif :

  • Si vous êtes né(e) avant 1957,
  • Ou si vous avez liquidé vos retraites avant le 1er janvier 2019 (y compris pour les personnes nées après 1957),
  • Ou si vous êtes bénéficiaire d’une retraite anticipée Travailleur Handicapé ou Amiante,
  • Ou si vous êtes : mère ouvrière de 3 enfants, reconnu inapte, ex-invalide ou ancien combattant,
  • Ou si vous êtes bénéficiaire d’une retraite du régime de base à taux plein à l’âge de 65 ans et vous êtes aidants familiaux, parents d’un enfant handicapé.

Si vous êtes né(e) après 1957 et si vous avez atteint à la fois l’âge légal de départ à la retraite et le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier du taux plein en retraite de base, plusieurs hypothèses :

  • Vous prenez vos retraites dès l’âge légal. Vous serez impacté(e) d’un malus de 10% par an, pendant 3 ans et jusqu’à 67 ans au maximum.
  • Vous reportez la date de liquidation de vos retraites au-delà de l’âge légal. Vous bénéficierez alors d’un bonus :
    • Si report du départ d’1 an : vous échapperez au malus sur les retraites complémentaires (0% de bonus)
    • Si report de 2 ans : bonus de 10% sur les retraites complémentaires pendant 1 an
    • Si report de 3 ans : bonus de 20% sur les retraites complémentaires pendant 1 an
    • Si report de 4 ans : bonus de 30% sur les retraites complémentaires pendant 1 an

Comment calculer les conséquences de ces changements amenés par la réforme retraite complémentaire pour vous-même ?
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FAQ

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Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

Oui, sur le régime de base : le taux de la tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 %, à compter de la régularisation des cotisations 2025 intervenant lors de la campagne déclarative d’avril 2026. S’y ajoute la revalorisation du plafond de la Sécurité sociale, porté à 48 060 €. Les barèmes des régimes complémentaires évoluent, eux, caisse par caisse.

 

Pour les générations nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal est maintenu à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Le taux plein reste automatique à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. La retraite progressive, elle, est accessible dès 60 ans.

 

Oui pour les paramètres généraux (âge légal et durée d’assurance), qui s’appliquent au régime de base CNAVPL comme aux autres régimes de base. Les règles propres aux régimes complémentaires de chaque section professionnelle, en revanche, restent définies par chaque caisse. Depuis la LFSS 2026, la montée en charge de ces paramètres est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028.

 

Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre votre activité tout en percevant votre pension, sous conditions. Depuis la réforme de 2023, c’est un levier pertinent pour compléter vos revenus et acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.

 

Oui, sous réserve d’avoir atteint l’âge légal applicable en fonction de l’année de naissance. Faute d’avoir validé l’ensemble des trimestres requis, vous subirez toutefois une décote applicable au montant de votre pension.

 

Oui, pour les médecins conventionnés, l’Allocation supplémentaire vieillesse (ASV) représente une part significative de la pension globale, sachant que son poids dépend de la durée d’affiliation et du montant des cotisations versées.

 

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