L’acquisition du taux plein : les avantages et les inconvénients

Dans ce nouvel article, nos experts vous présentent les différents avantages et inconvénients du taux plein.
Sommaire

Avec ses 42 régimes différents, il est facile de se perdre dans la complexité du système de retraite français. Le « taux plein » est pourtant une notion connue de tous, avec cette idée reçue tenace : il faut absolument « avoir le taux plein » avant de partir en retraite, sans que l’on sache vraiment pourquoi …

Qu’est-ce que le taux plein ? A quoi sert-il ? Est-il indispensable de l’obtenir avant de demander sa retraite ? La mise au point de notre expert.

Qu’est-ce que le taux plein ?

A travers vos différentes activités professionnelles déclarées vous versez des cotisations retraite, dont le montant varie en fonction de vos revenus. Plus vos revenus sont importants, plus vous versez de cotisations, et plus vous pourrez prétendre à une pension de retraite élevée.
L’expression « avoir le taux plein » signifie que vous percevrez 100% du montant de votre pension de retraite, sans minoration.

Ex : les cotisations que j’ai versées tout au long de ma vie professionnelle me permettent d’avoir en théorie 1000 € de retraite mensuelle –> Si j’ai le taux plein, je percevrai 100% de 1000€.

Pour avoir le taux plein, il faut avoir acquis au cours de sa vie un certain nombre de trimestres, variable selon l’année de naissance :

Nombre de trimestres requis selon votre date de naissance

Ex : Je suis né en 1955, il me faut donc 166 trimestres pour le taux plein ; j’ai 164 trimestres, il me manque 2 trimestres pour le taux plein, soit une minoration de 2 x 1,25 = 2,5%Les cotisations que j’ai versées tout au long de ma vie professionnelle me permettent d’avoir en théorie 1000 € de retraite mensuelle : si je demande ma retraite aujourd’hui je percevrai donc une pension égale à 97,5% de 1000€, soit 975€ par mois.

Avantage du taux plein : poursuite / reprise d’activité sans plafond de revenu

Outre la « satisfaction de principe » d’obtenir 100% du montant de vos retraites sur la base des cotisations versées au cours de votre vie professionnelle, le principal intérêt du taux plein réside dans la possibilité de reprendre / poursuivre une activité sans limite : c’est le cumul emploi-retraite libéralisé. Ce système vous permet ainsi de percevoir vos retraites + vos revenus d’activité, sans aucun plafond.

A contrario, si vous êtes retraité et souhaitez reprendre / poursuivre une activité professionnelle alors que vous n’avez pas le taux plein, vos revenus professionnels devront respecter certains plafonds de revenus, différents selon la nature de l’activité (salariée, indépendante, libérale, …) : c’est le cumul emploi-retraite plafonné. Par exemple une activité libérale, reprise une fois retraité sans le taux plein, pourra générer au maximum 41 136 € de revenus annuels brut (valeur 2020) – au-delà de ce montant, la pension de retraite sera réduite à hauteur du dépassement du plafond.

Inconvénient du taux plein : le malus sur les pensions de retraite AGIRC ARRCO

Pour les retraites liquidées à compter du 1er janvier 2019, les caisses ARRCO AGIRC (régime complémentaire des salariés du secteur privé) appliquent un malus de 10 % pendant 3 ans en cas de liquidation dès l’acquisition du taux plein. Cette règle ne concerne que les assurés nés à compter de 1957.

Un système de bonus a également été mis en place :

  • Annulation du malus si décalage de la liquidation de 4 trimestres au-delà du taux plein
  • 10 % pendant 12 mois pour 8 trimestres
  • 20 % pendant 12 mois pour 12 trimestres
  • 30 % pendant 12 mois pour 16 trimestres

Cette réforme impacte principalement les personnes ayant eu une longue activité salariée dans le secteur privé au cours de leur vie professionnelle : pour ces assurés, la pension AGIRC-ARRCO peut représenter une partie importante du montant total de leur retraite ; s’ils demandent leur retraite à l’obtention du taux plein, l’application pendant 3 ans d’un malus de 10% peut considérablement affecter leur pension. Dans cette situation, il peut donc être tout à fait intéressant de demander ses retraites avant d’avoir le taux plein, afin d’éviter de subir ce malus (inversement, si vous avez peu été salarié du privé dans votre carrière, l’application du malus aura moins d’effet sur le montant total de vos retraites).

En définitive, avoir le taux plein permet de percevoir 100% du montant des retraites pour lesquelles vous avez cotisé tout au long de votre vie. Il permet également de reprendre ou poursuivre une activité sans limite de revenus, ce qui peut être très intéressant si vous souhaitez continuer de travailler activement avec des revenus importants.

A l’inverse, si vous souhaitez cesser toute activité professionnelle, ou « lever le pied » avec une activité professionnelle réduite, il n’est pas forcément recommandé d’attendre d’avoir le nombre de trimestres requis pour obtenir le taux plein : vous pourrez d’une part recourir au cumul emploi-retraite plafonné, et d’autre part vous échapperez au malus de 10% pendant 3 ans appliqué sur les pensions de retraite AGIRC- ARRCO.

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FAQ

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Une seule année de cotisation suffit pour ouvrir des droits à l’AVS, c’est l’un des grands avantages du système suisse par rapport au système français. Dès lors qu’on a cotisé au moins un an, on reçoit une rente partielle.

Ensuite, tout est une question de proportionnalité :

  • Pour toucher la rente complète, il faut 44 années de cotisation (de 20 à 65 ans). Une durée plus courte donne droit à une rente partielle, proportionnelle au nombre d’années cotisées. 
  • Chaque année manquante réduit la rente d’environ 2,3 %. Il est possible de combler des lacunes en payant des cotisations arriérées, mais uniquement pour les 5 dernières années.
  • En pratique, parmi les personnes vivant à l’étranger ayant travaillé en Suisse, près des deux tiers n’affichent que 15 années de cotisation environ, pour une rente moyenne autour de 630–645 CHF/mois.

En résumé : pas de seuil minimum bloquant, mais plus vous avez cotisé longtemps, plus la rente est élevée — avec 44 ans comme référence pour le maximum de 2 520 CHF/mois.

 

En 2026, la rente AVS minimale est de 1 260 CHF/mois, et la rente maximale de 2 520 CHF/mois pour une personne seule — à condition d’avoir cotisé pendant 44 ans (carrière complète). 

Quelques précisions importantes :

  • Cette rente minimale a été relevée de 2,9 % au 1er janvier 2026 (elle était de 1 225 CHF auparavant), en ligne avec l’évolution des prix et des salaires. 
  • Pour un couple marié dont les deux conjoints sont à la retraite, la rente AVS est plafonnée à 150 % de la rente maximale individuelle, soit 3 780 CHF/mois au maximum. 
  • Si la rente AVS ne suffit pas à couvrir les besoins vitaux, des prestations complémentaires peuvent être demandées.
  • À partir de décembre 2026, une 13ᵉ rente annuelle sera versée aux bénéficiaires de l’AVS.

 

Après 10 ans en Suisse, vous cumulez trois sources :

  • AVS (1er pilier) : une rente partielle proportionnelle à vos années cotisées, soit environ 290 à 580 CHF/mois.
  • LPP (2e pilier) : le capital de votre caisse de pension, récupérable en rente ou en capital selon votre choix.
  • 3e pilier : votre épargne privée, si vous y avez contribué.

Du côté français, vos 10 ans suisses (≈ 40 trimestres) s’ajoutent à votre carrière pour atteindre le taux plein plus rapidement.

À noter : si vous résidez en France, vos deux pensions seront soumises aux prélèvements sociaux français (CSG, CRDS). Les démarches sont à faire séparément dans chaque pays, idéalement 5 à 6 mois avant la retraite.

 

Oui, vous pouvez percevoir les deux retraites en parallèle, chaque pays versant sa propre pension selon ses propres règles.

Grâce à l’accord de coordination sociale signé en 2002 entre la Suisse et l’UE, les périodes de cotisation effectuées dans l’un des pays sont reconnues par l’autre.

Si le travailleur frontalier a effectué une partie de sa carrière en Suisse et l’autre en France (ou dans un autre pays de l’UE), il reçoit une pension de chaque État, à condition d’avoir été assuré dans le pays concerné au moins une année.

 

Oui. Ce dispositif permet de combler des périodes non cotisées (études, stages, années incomplètes) pour améliorer sa pension ou réduire une décote. Il est accessible à tout assuré entre 20 et 67 ans, dans la limite de 12 trimestres maximum sur toute la carrière.

Le coût varie selon l’âge et le revenu — plus on attend, plus c’est cher — mais les sommes versées sont déductibles des revenus imposables. Le paiement peut être étalé sur 1, 3 ou 5 ans.

 

Vous pouvez valider au maximum 4 trimestres par an.

 

Partir à 62 ans avec 120 trimestres signifie avoir un nombre important de trimestres manquants (entre 47 et 52 selon votre génération). La décote appliquée atteint dans tous les cas son plafond maximum de 25 %, ce qui réduit significativement votre pension de base.

Concrètement, une pension calculée à 1 200 €/mois sans décote ne vous en verserait plus que 900 €/mois.

La meilleure alternative dans cette situation est souvent d’attendre vos 67 ans : vous obtenez alors automatiquement le taux plein, sans décote, quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Le nombre de trimestres requis varie entre 167 et 172 selon votre date de naissance, avec un âge légal de départ compris entre 62 et 64 ans. Le maximum de 172 trimestres (43 ans de cotisation) s’applique à toutes les générations nées à partir de 1965 (1966 pour les retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026, suite à la suspension de la réforme des retraites).

À noter : à 67 ans, le taux plein est automatique quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Oui, plusieurs leviers existent :

  • Travailler plus longtemps : chaque année supplémentaire génère de nouveaux points.
  • Racheter des points : il est possible de combler certaines périodes peu cotisées (études, années incomplètes), dans la limite de 420 points au total. Plus le rachat est fait tôt, moins il est coûteux.
  • Corriger son relevé de carrière : des points peuvent manquer par erreur. À partir de 55 ans, une demande de correction est possible sur info-retraite.fr.
  • Demander un entretien retraite : dès 45 ans, votre caisse peut vous aider à simuler votre pension et envisager un rachat de points.

 

Plusieurs options s’offrent à vous :

  • agirc-arrco.fr : accédez à votre espace personnel pour consulter votre relevé annuel de points (RAP) et obtenir une estimation de votre future pension.
  • info-retraite.fr : consultez votre relevé individuel de situation (RIS), qui centralise vos droits auprès de tous vos régimes de retraite.

Dans les deux cas, la connexion se fait via FranceConnect.

 

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