Le PER pour préparer sa retraite

Plan Epargne Retraite (PER) : Rappel des dispositifs existants, de leurs caractéristiques, versements, fiscalités
Sommaire

Le PER (Plan d’Epargne Retraite) est le successeur des Plans d’épargne retraite populaire (Perp) et des contrats Madelin, fermés à la commercialisation depuis le 1er octobre 2020. C’est aussi le successeur du Perco et des « contrats articles 83 », systèmes d’épargne retraite mis en œuvre dans les entreprises.  Les versements opérés sur le PER sont déductibles des revenus imposables, dans des limites indiquées dans l’avis d’imposition. Ils permettent de se constituer un complément de ressources à la retraite.  C’est une solution intéressante pour réduire très sensiblement le montant de ses impôts en mettant de l’argent de côté.

Un produit unique pour un complément de retraite par capitalisation

Le PER renferme plusieurs compartiments en fonction de l’origine des sommes versées.

Le « PER individuel » est alimenté par les versements volontaires du souscripteur.

Le « PER collectif » reçoit l’épargne salariale versée dans l’entreprise comme la participation, l’intéressement, les sommes accordées par l’employeur (appelées abondements). Il peut également accueillir les versements volontaires du salarié.

Le « PER obligatoire » remplace les contrats article 83. Il recueille les versements obligatoires de l’employeur et le cas échéant des salariés (versements obligatoires et/ou volontaires).

Les PER collectif et obligatoire sont ouverts par l’entreprise pour le compte des salariés.

PER : un placement pour préparer sa retraite

Le PER est un produit de placement dédié à la retraite. Ainsi, l’épargne accumulée est bloquée jusqu’à la cessation d’activité. Il ne s’agit donc pas d’un produit « liquide » sur lequel on peut compter en cas de besoin, comme l’assurance-vie.

A la retraite, il est possible de sortir son épargne sous forme de capital, en une ou plusieurs fois, ou de la transformer en rentes viagères (revenu versé jusqu’au décès) ou encore de mixer les deux.

Cependant, les versements obligatoires fructifiant sur un « PER obligatoire » sont automatiquement transformés en rente viagère.  Néanmoins, si le montant de celle-ci ne dépasse pas 100 euros par mois, une sortie en capital est possible.

PER : des sorties anticipées possibles

Certaines situations ou évènements permettent de récupérer son épargne avant l’âge de la retraite. Par exemple en cas :

  • D’achat de sa résidence principale.
  • D’invalidité du titulaire du PER, de son conjoint ou partenaire de pacs, ou de ses enfants.
  • De décès du conjoint ou partenaire de pacs.
  • De fin de ses droits aux allocations de chômage.
  • De cessation de son activité indépendante à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire.
  • De surendettement.

PER : différents modes de gestion possibles

L’épargne versée fait l’objet d’une gestion pilotée à horizon. Cela veut dire qu’elle sera investie sur des supports financiers sélectionnés en fonction de la durée restant à courir avant la date du départ à la retraite.

Au fil du temps, la société chargée de ce pilotage effectue elle-même les arbitrages pour sécuriser le capital. Lorsque l’épargnant est jeune, les investissements se font sur les marchés financiers les plus dynamiques. Pour quel objectif ? Obtenir les meilleurs rendements et lisser les risques sur du long terme. Plus l’âge de la retraite approche, plus les investissements sont orientés vers des supports mettant le capital à l’abri des retournements boursiers. Toutefois, l’épargnant peut renoncer à cette formule pour opter pour une gestion libre.

La fiscalité du Plan Epargne Retraite : deux situations à envisager

Situation 1 :

L’épargnant a choisi de déduire de son revenu imposable ses versements volontaires effectués sur le PER. S’il opte pour une sortie en capital, les sommes retirées correspondant aux versements défiscalisés s’ajoutent à ses autres revenus. Elles sont soumises au barème progressif de l’impôt sans abattement de 10%. Les gains subissent le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30%.

Avec une sortie en rente, celle-ci est imposée comme les autres pensions de retraite.

Situation 2 :

L’épargnant n’a pas déduit ses versements volontaires de son revenu imposable. Pour une sortie en capital, les sommes correspondantes au versement sont exonérées d’impôt, les gains retirés soumis au PFU de 30%.

S’il choisit une sortie en rente, une fraction de celle-ci est imposée selon le barème progressif de l’impôt. La part imposable est déterminée en fonction de l’âge atteint par l’épargnant au 1er versement de la rente. Elle est égale à 40% du montant pour un rentier âgé entre 60 et 69 ans et à 30 % s’il a 70 ans et plus.

À savoir : Plus de transparence sur les frais

Le cumul des frais au versement, de gestion, d’arbitrage, et en cas de sortie en rente réduit le rendement du PER.  Mais toutes les banques et assureurs n’ont pas les mêmes pratiques, en la matière. A partir du 1er juin 2022, ils devront afficher les frais sur leur site Internet selon un tableau standard. Cette présentation unifiée facilitera la mise en concurrence (accord signé le 2 février 2022 entre Bruno Le Maire et les professionnels de la banque et de l’assurance).

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FAQ

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Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

Oui, sur le régime de base : le taux de la tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 %, à compter de la régularisation des cotisations 2025 intervenant lors de la campagne déclarative d’avril 2026. S’y ajoute la revalorisation du plafond de la Sécurité sociale, porté à 48 060 €. Les barèmes des régimes complémentaires évoluent, eux, caisse par caisse.

 

Pour les générations nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal est maintenu à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Le taux plein reste automatique à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. La retraite progressive, elle, est accessible dès 60 ans.

 

Oui pour les paramètres généraux (âge légal et durée d’assurance), qui s’appliquent au régime de base CNAVPL comme aux autres régimes de base. Les règles propres aux régimes complémentaires de chaque section professionnelle, en revanche, restent définies par chaque caisse. Depuis la LFSS 2026, la montée en charge de ces paramètres est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028.

 

Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre votre activité tout en percevant votre pension, sous conditions. Depuis la réforme de 2023, c’est un levier pertinent pour compléter vos revenus et acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.

 

Oui, sous réserve d’avoir atteint l’âge légal applicable en fonction de l’année de naissance. Faute d’avoir validé l’ensemble des trimestres requis, vous subirez toutefois une décote applicable au montant de votre pension.

 

Oui, pour les médecins conventionnés, l’Allocation supplémentaire vieillesse (ASV) représente une part significative de la pension globale, sachant que son poids dépend de la durée d’affiliation et du montant des cotisations versées.

 

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