Retraite : né après le 01/09/61, ce qu’il faut savoir

Vous êtes né après le 01/09/61 ? La réforme des retraites Macron de 2023 s’applique à vous. Découvrez-en plus sur le sujet !
Sommaire

3 infos à retenir : 

  • Si vous êtes né après le 1er septembre 1961, la réforme Macron de 2023 s’applique à vous. Ainsi l’âge légal de la retraite sera relevé progressivement jusqu’à atteindre 64 ans pour la génération de 1965.
  • Si vous êtes une femme ayant des enfants, vous bénéficiez automatiquement de 6 trimestres de majoration de durée d’assurance par enfant ainsi que de majorations pour enfant selon les caisses, si vous avez 3 enfants ou plus. Vous allez également pouvoir bénéficier d’une surcote, de 1,25 % par trimestre, plafonnée à 5 %, si vous réunissez la durée d’assurance requise avant l’âge légal. 
  • Vous pouvez bénéficier du cumul emploi-retraite selon les conditions de votre caisse d’affiliation, et en fonction de votre situation lors de votre départ à la retraite (taux minoré, carrières longues, taux plein…), et continuerez à cotiser pour obtenir des droits à une seconde pension. 

Vous êtes né.e avant le 1er septembre 1961 ? Découvrez notre article dédié !

Age légal, durée d’assurance et âge du taux plein 

Si vous êtes né après le 1er septembre 1961, la réforme des retraites de 2023 s’applique à vous. Ainsi, l’âge légal de la retraite est augmenté progressivement jusqu’à atteindre 64 ans pour la génération de 1965 : vous pouvez demander vos retraites seulement à partir de cet âge, et la surcote en cas de poursuite d’activité s’applique également si vous avez le taux plein à cet âge.  

La durée d’assurance requise pour obtenir le taux plein est également relevée jusqu’à atteindre 43 annuités (172 trimestres) dès la génération 1965. 

Année de naissance  Nombre de trimestres requis  Age légal de départ 
Entre le 01/01 et le 31/08/1961 (2023)  168 trimestres (42 ans)  62 ans 
Entre le 01/09 et le 31/12/1961 (2023)  169 trimestres   62 ans et 3 mois  
1962 (2024)  169 trimestres   62 ans et 6 mois  
1963 (2025)  170 trimestres   62 ans et 9 mois  
1964 (2026)  171 trimestres   63 ans 
1965 (2027)  172 trimestres (43 ans)  63 ans et 3 mois  
1966 (2028)  172 trimestres   63 ans et 6 mois  
1967 (2029)  172 trimestres   63 ans et 9 mois  
A partir de 1968 (2030)  172 trimestres   64 ans  

L’âge du taux plein reste fixé à 67 ans. Ainsi, si à 67 ans vous n’avez toujours pas atteint le nombre de trimestres requis pour obtenir le taux plein, votre retraite sera tout de même calculée à ce taux.  

Trimestres cotisés, trimestres assimilés 

Vous pouvez acquérir des trimestres de différentes manières : 

  • Les trimestres cotisés : vous versez des cotisations auprès des caisses de retraite. Les trimestres s’acquièrent en fonction du revenu déclaré servant d’assiette de cotisation pour le calcul des cotisations, dans la limite de quatre trimestres par année.   
  • Les trimestres assimilés : vous ne versez aucune cotisation auprès des caisses de retraite mais vous validez tout de même des trimestres au titre de ces périodes. Il s’agit du Service militaire (un trimestre par période de 90 jours), de la maladie (un trimestre par période de 60 jours), du chômage (un trimestre par période de 50 jours)… 

Rachat de trimestres 

Si vous n’avez pas assez de trimestres pour partir à taux plein à l’âge légal, vous pouvez toujours racheter des trimestres auprès des caisses de retraite.  

Différents types de rachat de trimestres existent, le plus courant étant le Versement Pour La Retraite. Il est limité à 12 trimestres au total, et peut se faire : 

  • Au titre des années incomplètes : si vous n’avez pas acquis 4 trimestres au cours d’une année, vous pouvez compléter cette année en rachetant autant de trimestres que possible, auprès d’une des caisses d’affiliation de l’année en question. 
  • Au titre des années d’études supérieures : si vous avez effectué des études supérieures, qui ont été sanctionnées par l’obtention d’un diplôme, vous pouvez racheter des trimestres sur ces années-là, pour lesquelles vous n’avez pas encore acquis 4 trimestres. Le caisse compétente est celle auprès de laquelle vous avez été affilié en premier après l’obtention de votre diplôme.  

Il existe également d’autres types de rachat plus spécifiques, tels que le rachat Madelin, le rachat des périodes d’apprentissage… 

 > Découvrez notre étude de cas client sur le rachat de trimestres

Carrières longues 

Le dispositif des carrières longues a été aménagé pour s’adapter à la hausse de l’âge légal de la retraite. Ainsi, quatre piliers ont été créés : 

Début de carrière  Nombre de trimestres validés avant le début de carrière  Age de départ anticipé 
Avant 16 ans  5 trimestres (4 trimestres si naissance au dernier trimestre de l’année)  58 ans 
Avant 18 ans    5 trimestres (4 trimestres si naissance au dernier trimestre de l’année)  60 ans  
Avant 20 ans  5 trimestres (4 trimestres si naissance au dernier trimestre de l’année)  62 ans 
Avant 21 ans  5 trimestres (4 trimestres si naissance au dernier trimestre de l’année)  63 ans 

 Le nombre de trimestres cotisés requis pour obtenir le départ anticipé en carrières longues est égal à la durée d’assurance requise pour prétendre au taux plein à l’âge légal, soit 172 trimestres pour les générations ci-dessus, quel que soit l’âge de départ en retraite anticipée.  

Les trimestres considérés comme étant des trimestres cotisés sont les trimestres obtenus au titre : 

  • des cotisations obligatoires et volontaires (salaires/revenus reportés sur le relevé de carrière) ; 
  • de certaines périodes assimilées dans la limite de 4 trimestres dans la carrière (chômage, maladie, service militaire) ; 
  • de certains rachats : rachat au titre de l’apprentissage, rachat Madelin, rachat des périodes d’aide familial, rachat artiste-auteurs 
  • et depuis la réforme Macron, certains trimestres issus de l’assurance vieillesse des parents au foyer dans la limite de 4. 

Ainsi, ne sont pas considérés comme cotisés les trimestres au titre : 

  • du chômage non indemnisé ; 
  • de la majoration pour enfant ou pour enfant handicapé ; 
  • du Versement Pour La Retraite (VPLR). 

Par ailleurs, à compter du 1er septembre 2023, les trimestres rachetés pour des périodes d’apprentissage effectuées entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013 seront retenus pour le bénéfice de la retraite anticipée pour carrière longue. 

Attention, la réforme des retraites a prévu que les assurés nés entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1963 qui disposent de 168 trimestres au 1er septembre 2023 pourront faire liquider leurs droits à RACL à 60 ans s’ils réunissent le nombre de trimestres requis avant 20 ans. Dans ce cas, ce seront les anciennes dispositions relatives à la retraite anticipée pour carrière longue en vigueur avant le 1er septembre 2023 qui s’appliqueront. 

Retraite progressive 

Si vous souhaitez réduire votre temps de travail en fin de carrière, et que vous souhaitez continuer à acquérir des trimestres, vous pouvez opter pour la retraite progressive (perception d’une fraction de votre retraite personnelle alors que vous poursuivez votre activité à temps partiel).  

Cependant, avec la réforme, les conditions d’âge et de durée d’assurance pour bénéficier de ce dispositif devraient augmenter à proportion de l’augmentation de l’âge légal. Des décrets d’application préciseront ces conditions.  

Vous avez ainsi la possibilité de demander à travailler, deux ans avant l’âge légal, de 40 à 80 % de la durée applicable dans l’entreprise, et de bénéficier de la fraction de retraite restante, tout en continuant à cotiser pour votre retraite. 

Puis, lors de la cessation définitive de votre activité et de la liquidation totale de vos pensions, les droits acquis depuis le début de la retraite progressive viendront compléter le calcul de votre pension.  

Majorations pour enfants 

Si vous avez eu trois enfants ou plus, une majoration pour enfants de 10 % ou plus, en fonction de vos caisses de retraite, peut s’appliquer pour certains régimes de retraite (dont celui des avocats). 

Par ailleurs, la majoration de durée d’assurance de 8 trimestres pour la naissance et l’éducation de l’enfant se trouve différemment répartie puisque 6 trimestres seront nécessairement attribués à la mère. Seuls 2 trimestres éducation pourront bénéficier au père si tel est le choix du couple. Pour les régimes spéciaux dont la Fonction publique, cette majoration est ramenée à une année de bonification.   

De plus, afin de compenser l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite qui fait perdre aux mères de famille l’avantage de la majoration de durée d’assurance de 8 trimestres par enfant, une surcote par anticipation a été mise en place. Ainsi, les personnes ayant au moins un enfant et une carrière complète (c’est-à-dire totalisant le nombre de trimestres requis pour obtenir le taux plein avant l’âge légal) bénéficieront d’une surcote de 1,25 % par trimestre, plafonnée à 5 %. 

Cumul emploi-retraite 

Vous pouvez poursuivre votre activité tout en percevant vos pensions de retraite : il s’agit du cumul emploi-retraite. Les conditions de ce cumul sont différentes si vous liquidez vos retraites à taux plein, en carrières longues ou à taux minoré.  

Cumul emploi-retraite plafonné 

Le cumul emploi-retraite plafonné s’applique si vous liquidez vos retraites de façon anticipée au titre des carrières longues, ou si vous liquidez vos retraites à taux minoré (sans avoir atteint le nombre de trimestres requis). Dans ce cas, vous devez respecter un plafond de revenus qui diffère en fonction de la caisse à laquelle vous êtes affilié (lien vers article détaillé). Ce plafond est maintenu jusqu’à vos 62 ans en cas de carrière longue, ou jusqu’à vos 67 ans en cas de retraite à taux minoré.  

Par ailleurs, si vous êtes salarié, vous êtes tenu de respecter un délai de carence de 6 mois avant de reprendre une activité chez le même employeur.  

Certaines caisses, comme la CNBF (caisse de retraite des avocats libéraux) ne permettent pas le cumul emploi-retraite plafonné.  

Cumul emploi-retraite libéralisé 

Le cumul emploi-retraite libéralisé s’applique si vous liquidez vos retraites à taux plein à partir de l’âge légal. Dans ce cas, vous n’avez aucun plafond de revenus à respecter : vous pouvez tout à fait cumuler vos revenus d’activité et vos pensions de retraite sans aucune contrainte.  

Là encore, certaines caisses de retraite appliquent des conditions particulières pour le cumul emploi-retraite libéralisé. 

Ainsi, si vous souhaitez poursuivre votre activité tout en liquidant vos retraites au titre des carrières, il est recommandé de vérifier les conditions de cumul emploi-retraite propres à votre ou vos caisse(s) d’affiliation avant d’effectuer les démarches. 

A partir du 1er septembre 2023, sous réserve de ne pas reprendre une activité chez le même employeur moins de 6 mois après la liquidation de ses retraites, les cotisations vieillesse de base versées au cours d’un cumul emploi retraite ouvriront des droits nouveaux qui pourront être liquidés à taux plein à tout moment, ce qui permettra d’obtenir une nouvelle retraite. Une fois la seconde pension liquidée, aucun droit ne pourra plus être réouvert en cas de reprise d’activité postérieure.  

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Si vous êtes né après le 1er septembre 1961, la réforme des retraites Macron de 2023 s’applique à vous. Vous trouverez dans cet article tout ce qu’il y a à savoir sur le régime des retraites qui vous est applicable.  « 

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

Oui, sur le régime de base : le taux de la tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 %, à compter de la régularisation des cotisations 2025 intervenant lors de la campagne déclarative d’avril 2026. S’y ajoute la revalorisation du plafond de la Sécurité sociale, porté à 48 060 €. Les barèmes des régimes complémentaires évoluent, eux, caisse par caisse.

 

Pour les générations nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal est maintenu à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Le taux plein reste automatique à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. La retraite progressive, elle, est accessible dès 60 ans.

 

Oui pour les paramètres généraux (âge légal et durée d’assurance), qui s’appliquent au régime de base CNAVPL comme aux autres régimes de base. Les règles propres aux régimes complémentaires de chaque section professionnelle, en revanche, restent définies par chaque caisse. Depuis la LFSS 2026, la montée en charge de ces paramètres est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028.

 

Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre votre activité tout en percevant votre pension, sous conditions. Depuis la réforme de 2023, c’est un levier pertinent pour compléter vos revenus et acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.

 

Oui, sous réserve d’avoir atteint l’âge légal applicable en fonction de l’année de naissance. Faute d’avoir validé l’ensemble des trimestres requis, vous subirez toutefois une décote applicable au montant de votre pension.

 

Oui, pour les médecins conventionnés, l’Allocation supplémentaire vieillesse (ASV) représente une part significative de la pension globale, sachant que son poids dépend de la durée d’affiliation et du montant des cotisations versées.

 

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