Tout savoir sur la retraite des expatriés

Dans cet article, nos experts retraite vous présenteront l’ensemble des notions à connaître sur la retraite pour les expatriés.
Sommaire

Retraite et expatriation : les règles européennes

Tout d’abord pour connaître vos droits à la retraite en tant qu’expatrié, il faut savoir que si vous exerciez votre activité au sein de l’Union Européenne, et donc dans l’un des 28 pays membres, vos trimestres travaillés sont comptabilisés comme si votre activité avait été effectuée en France. Cet accord de coordination intègre également les pays de l’espace économique européen (l’Islande, Le Liechtenstein et la Norvège) et la Suisse. Attention, vos salaires ne seront pas repris par la France, un point important à prendre en considération pour votre retraite complémentaire d’expatrié.

Les 28 Etats membres de l'UE et les 3 Etats de l'espace économique européen non membres de l'UE

Retraite pour expatriés : à qui s’adresser ?

  • Expatriation si le pays est conventionné avec la France

La France est également liée à d’autres Etats et territoires par un accord de sécurité sociale qui concerne la retraite et l’expatriation. Ces conventions signées entre les deux Etats assurent une coordination de législation et ainsi permettent de garantir les droits sociaux des personnes en mobilité.

C’est-à-dire que, lors du calcul de votre retraite française, les périodes d’activité effectuées dans un autre Etat seront prises en compte. Vos trimestres travaillés compteront et pourront ainsi avoir un impact sur votre taux. Lorsque vous résidez à l’étranger, il vous faut déposer votre demande de retraite d’expatrié directement auprès de l’organisme de retraite local – celui-ci contactera ensuite la caisse française.

Grâce à la reconnaissance des trimestres acquis à l’étranger, votre départ en retraite en France pourra être fait plus tôt – dès l’âge légal de 62 ans en fonction du nombre total de trimestres acquis. Vous percevrez ensuite votre pension française et la pension du pays d’expatriation.

Attention, l’âge légal de départ à la retraite est différent selon les pays.

Voici quelques exemples en sachant que pour la plupart des pays, une augmentation progressive est prévue en fonction des années de naissance :

  • 60 ans au Canada et au Japon avec minoration (65 ans pour le taux plein),
  • 62 ans aux États-Unis avec minoration (65 ans pour le taux plein),
  • 63 ans et 3 mois en Finlande
  • 65 ans en Belgique, au Royaume-Uni, en Suède et en Suisse
  • 65 ans et 7 mois en Allemagne
  • 66 ans et 4 mois aux Pays-Bas
  • 67 ans en Italie

Les Etats et territoires liés à la France par un accord de sécurité sociale qui concerne la retraite

Pour les cotisations de retraites pour les expatriés, il est important de noter si vous êtes un travailleur non salarié (professionnel libéral ou travailleur indépendant), la liste des pays ayant signé des conventions avec la France est différente :

Les Etats et territoires conventionné avec la France pour votre activité de non salarié

  • Expatriation si le pays est non conventionné avec la France

Si vous effectuez votre activité dans un pays non conventionné avec la France, alors elle ne sera pas prise en compte dans le calcul de la retraite française. Vous toucherez une pension de retraite d’expatrié comprenant uniquement vos activités effectuées en France. Et vous percevrez une pension de retraite du ou des autres pays selon la législation du pays concerné.

  • Expatriation si j’ai travaillé dans plusieurs pays

Dans le cas d’un travail à la fois dans un pays de l’union européenne ET dans un pays conventionné il faut savoir qu’une seule convention sera retenue dans le calcul de la retraite de base française : soit la convention européenne soit la convention internationale. On regardera ce qui est à votre avantages (la durée la plus longue).

Retraite pour expatriés : comment est calculée ma retraite ?

Au régime de base, votre pension de retraite française est calculée sur 50% de la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire. Un prorata est ensuite appliqué en fonction du nombre de trimestre réellement acquis en France.

Par exemple : Paul est né en 1958. Il a travaillé 35 ans en France (140 trimestres) et presque 7 ans (27 trimestres) au Québec. Sa pension française sera calculée comme ceci : Moyenne des 25 meilleures années x 50% x 140/167

Ce calcul est indispensable pour obtenir le montant des cotisations de retraite et complémentaire pour les expatriés.
Selon les accords et conventions entre les pays, il est également possible de prendre en compte moins de 25 années de salaires (ce qui permet d’écarter les revenus les plus faibles et donc d’obtenir une meilleure pension).

Les caisses complémentaires vont prendre en compte le total de points validés et le multiplier par la valeur du point.

Le calcul d’une retraite d’expatrié est complexe compte tenu du nombre d’accord et des spécificités liées à chacun des organismes de retraite. Notre conseil est de bien se renseigner auprès d’un Expert Retraite spécialisé.

Quels sont les dispositifs spécifiques liés à la retraite et l’expatriation ?

  • Un maintien des cotisations sur le sol français lors de l’expatriation

Lorsque vous travaillez à l’étranger et que le revenu de protection sociale du pays d’expatriation n’est pas suffisant ou que vous souhaitez augmenter le montant de votre retraite française, vous pouvez choisir de cotiser volontairement aux caisses françaises.

Si vous êtes salarié : vous pouvez cotiser pour votre retraite de base en adhérant à la caisse des Français de l’étranger. Pour pouvoir y prétendre il faut justifier d’avoir relevé d’un régime français d’assurance maladie obligatoire pendant au moins 5 ans. Vous disposez d’un délai de 10 ans à partir du commencement de votre activité dans un pays étranger pour faire la demande. C’est un aspect à ne pas négliger lors de votre demande de retraite d’expatrié.

Concernant votre retraite complémentaire d’expatrié, vous avez la possibilité de cotiser volontairement à l’Agirc-Arrco de deux manières. Soit en adhérant individuellement (en s’adressant aux caisses CRE-Ircafex : Groupe Humanis), soit par l’intermédiaire de votre employeur.

Afin de pouvoir en faire la demande vous devez avoir cotisé aux régimes Arrco/Agirc pour une activité antérieure ou cotiser à la Caisse des Français de l’Etranger.

Si vous êtes non-salariés : en tant que travailleurs indépendants, professionnel libéral ou exploitant agricole vous pouvez adhérer à l’assurance volontaire. Elle concerne la retraite de base et la retraite complémentaire. Et vous permet également de vous constituer une protection invalidité-décès.

Tout comme les salariés, pour pouvoir y prétendre il faut justifier d’avoir relevé d’un régime français d’assurance maladie obligatoire pendant au moins 5 ans. Et vous disposez d’un délai de 10 ans à partir du commencement de votre activité dans un pays étranger pour faire la demande.

  • Un rachat de trimestre possible au retour de l’expatriation

En tant qu’expatriés vous avez également la possibilité de procéder à des rachats de cotisations. Une fois de retour en France après vos activités à l’étranger, important pour la gestion de votre retraite d’expatriés, vous disposez cette fois d’un délai de 10 ans pour en faire la demande. Vous pouvez faire la requête auprès de votre régime de base. Le coût du rachat est aligné sur celui du VPLR (versement pour la retraite au titre des années d’études ou des périodes incomplètes) en fonction du revenu de la dernière activité à l’étranger.

 

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Retraite pour expatriés : quels impacts sur votre retraite si vous avez effectué une activité à l’étranger ?

Lorsque vous exercez une activité professionnelle à l’étranger avec des cotisations locales vous relevez du régime obligatoire de retraite du pays dans lequel vous travaillez. C’est en effet le droit du pays qui s’applique.« 

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

La façon la plus simple est de consulter votre relevé de carrière sur le site officiel info-retraite.fr.

Vous y trouverez :

  • Le nombre de trimestres déjà acquis
  • Le nombre de trimestres qu’il vous reste à cotiser
  • Votre âge estimé de départ à taux plein
  • Une simulation du montant de votre pension

Vous pouvez accéder à votre espace personnel via FranceConnect (impots.gouv, Ameli, etc.).

 

Cela dépend de votre situation personnelle, mais voici les deux cas de figure :

Partir à l’âge légal  est avantageux si :

  • Vous avez tous vos trimestres → pension à taux plein immédiatement
  • Vous souhaitez profiter de votre retraite plus tôt
  • Votre état de santé le justifie

Attendre 67 ans est avantageux si :

  • Il vous manque des trimestres → le taux plein devient automatique et vous évitez la décote
  • Vous continuez à cotiser → votre pension augmente (surcote de +1,25 % par trimestre supplémentaire après 64 ans)
  • Vous avez une espérance de vie longue → vous récupérez la différence sur la durée

 

Pour obtenir une retraite à taux plein, il suffit de remplir l’une des deux : 

  • avoir le nombre de trimestres requis selon votre date de naissance
  • avoir 67 ans, le taux plein est automatique quel que soit votre nombre de trimestres validés

 

Le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein dépend de votre date de naissance soit entre 166 et 172 trimestres).

 

Le Portugal est classé n°1 mondial pour la 10e année consécutive. Il combine fiscalité avantageuse (10 % sur les pensions étrangères pendant 10 ans), coût de la vie inférieur à la France, climat agréable et proximité (2h30 de Paris). En 2eme position nous retrouvons l’Espagne et la Grèce en top 3.

 

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