Tout savoir sur la retraite progressive : Qu’est-ce que c’est ? Qui y a droit ? Quels sont les avantages ?

Retraite progressive : pouvoir partir en douceur à la retraite, c’est possible. Nos experts vous expliquent les avantages de ce dispositif.
Sommaire

Pour prendre sa retraite en douceur

Lorsque vous approchez de la fin de votre carrière, vous pouvez avoir envie de diminuer votre activité professionnelle sans pour autant amputer de façon drastique vos revenus. C’est ce que permet de faire précisément la retraite progressive. C’est-à-dire réduire votre activité et cumuler votre salaire à temps partiel avec une partie de vos retraites.

Envie d’en savoir plus ? Nous vous expliquons tout !

Qui a droit à la retraite progressive ?

Les salariés (y compris les salariés agricoles), les artisans et commerçants peuvent bénéficier de ce dispositif. Il en est de même pour les exploitants agricoles. En revanche, les fonctionnaires et les professions libérales en sont exclus. De même, les salariés travaillant sous convention de forfait en jour sur l’année, les VRP et les mandataires sociaux et dirigeants de sociétés commerciales n’ont pas droit à la retraite progressive.

Quelles sont les conditions pour bénéficier de la retraite progressive ?

Pour bénéficier de ce dispositif, il faut que votre employeur accepte votre demande de travail à temps partiel. Il peut avoir intérêt à réduire ses coûts salariaux (diminution du salaire à verser et des cotisations) et à organiser une transmission des savoirs et des savoir-faire entre salariés seniors et juniors.

Toutefois, le dispositif de la retraite progressive s’adresse également, ce qui est moins connu, aux salariés qui sont d’ores et déjà à temps partiel. Ils peuvent alors compléter leur salaire avec une part de retraite et augmenter leurs revenus en fin de carrière.

Pour accéder au dispositif, le salarié doit remplir 3 conditions :

  1. Avoir au moins 60 ans.
  2. Avoir validé au moins 150 trimestres au cours de toute sa carrière.
  3. Travailler à temps partiel pour une durée comprise entre 40 et 80 % de la durée applicable dans l’entreprise. Exemple : dans une entreprise pratiquant les 35 heures, il faut travailler entre 14 et 28 heures.

Les salariés qui ont plusieurs employeurs peuvent aussi opter pour la retraite progressive à condition que la durée totale de tous leurs contrats soit comprise entre 40 et 80 % d’un temps plein. Pour en savoir plus : Retraite progressive et employeurs multiples : quelles possibilités ?

Les salariés dont l’activité n’est pas décomptée en heure ne peuvent pas bénéficier de la retraite progressive. Il s’agit notamment : des mandataires sociaux, des dirigeants de sociétés, des VRP, des salariés cadres ayant conclu une convention de forfait en jours.

Enfin, pour les exploitants agricoles, tout dépend du statut. Les exploitants agricoles assujettis à la MSA par rapport à une surface minimale doivent réduire leur exploitation d’au moins 35 %. Les exploitants agricoles assujettis par rapport à un nombre d’heures de travail doivent réduire leur nombre d’au moins 40 %.

Quels sont les avantages de la retraite progressive ?

Ce dispositif permet de recevoir une part des retraites : 50 % de leur montant pour un mi-temps, par exemple. Il est donc possible de diminuer sa durée du travail sans subir une perte importante du niveau de vie. La baisse des revenus d’activité est en partie compensée par la retraite. La seule difficulté pour les salariés est d’obtenir l’autorisation de leur employeur de passer d’un temps plein à un temps partiel. Ce dernier est libre de donner une réponse favorable, ou non, à cette demande.

Les salariés étant déjà à temps partiel à 60 ans peuvent avoir accès à la retraite progressive, s’ils remplissent les conditions. Ils perçoivent alors un complément de revenus, sans rien changer à leur rythme de travail.

Pendant la période de retraite progressive, les assurés continuent à valider des trimestres et d’acquérir des points de retraite complémentaire. L’allègement du temps de travail peut faciliter la poursuite de l’activité et permettre d’échapper ainsi à des décotes. Il est même parfois possible de décrocher des surcotes.

Exemple

Un salarié né en 1959 aura 62 ans en 2021, date à laquelle il aura les 167 trimestres nécessaires pour avoir sa retraite de base à taux plein. S’il prend sa retraite en 2021, il se verra appliquer le coefficient de minoration de 10 % sur ses retraites complémentaires Agirc-Arrco pendant 3 ans. S’il travaille un an de plus et part en 2022, sa retraite de base sera majorée de 5 % grâce à la surcote. De plus, sa complémentaire ne subira pas de minoration temporaire. La retraite progressive peut faciliter ce maintien d’activité à temps partiel.

Au moment de votre départ définitif à la retraite, la prime de départ à laquelle vous aurez droit sera calculée sur votre période à temps complet et celle à temps partiel. Pour en savoir plus : Comment est calculée une prime de départ après une retraite progressive ?

Quelles sont les démarches à réaliser ?

Dans le cadre d’un dispositif de retraite progressive, l’assuré doit réaliser une liquidation provisoire de sa retraite. Cette démarche s’effectue auprès de votre dernier régime de base (L’assurance Retraite pour les salariés) et de vos caisses complémentaires (AGIRC/ARRCO). Il y a donc deux formulaires à compléter.

Si vous avez également cotisé en tant que chef d’exploitation agricole ou collaborateur et aide familial (MSA), ou en tant que chef d’entreprise, conjoint collaborateur, artisan, commerçant et industriel (Sécurité sociale – Indépendants) et/ou au régime des professions libérales, l’attribution de votre retraite progressive par le régime général entraîne automatiquement et sans manifestation de votre part le calcul provisoire et le service de la même fraction de retraite dans ces régimes de base.

Comment les experts NEOVIA peuvent vous accompagner ?

95 % des dossiers que nous traitons comportent au moins 6 anomalies de carrière (trimestres, points manquants ou erronés) entrainant une date de départ et des montants de pension erronés. La première partie de notre travail consiste à analyser votre relevé de carrière afin de s’assurer qu’aucune période n’a été omise par les caisses de retraite.

Nous nous chargeons par la suite, de régulariser votre parcours afin de vous présenter les droits et dispositifs dont vous pouvez jouir. La retraite progressive peut être l’un des dispositifs que nous pouvons vous recommander.

Grâce à notre expertise et nos relations avec les caisses de retraite vous optimisez et gagnez du temps sur votre dossier retraite.

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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