La retraite militaire

Nos experts reprennent tous les points clés à connaître pour la retraite pour les militaires.
Sommaire

Les militaires sont des agents de l’Etat titulaires de la fonction publique répartis dans différents corps et services (27 au total).
Ils bénéficient d’un régime spécial, régi par le Code des pensions civiles et militaires, dont les règles fonctionnent sur le même principe que celui du régime de retraite des fonctionnaires, mais diffèrent tout de même sur certains points en raison de la spécificité de cette profession. Leur régime de retraite de base est le Service des Retraites de l’Etat (SRE) et leur régime complémentaire est la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP).

La durée de service militaire exigée

La durée de service minimale

Une des spécificités majeures du régime de retraite des militaires est qu’il n’impose aucune règle relative à un âge minimum légal de départ à la retraite, mais uniquement de durée minimale de service.

Cette durée de service minimale est fixée comme suit :

  • 27 ans de service pour les officiers ;
  • 20 ans de service pour les officiers sous-contrat ;
  • 17 ans de service pour les non-officiers ;
  • 5 ans pour les volontaires dans les armées (militaires sous contrat, à distinguer des militaires de carrière).

À noter :Avant la réforme de 2015, la durée de service minimale était de 25 ans pour les officiers et de 15 ans pour les non-officiers.

Par ailleurs, en cas de radiation des cadres suite à une invalidité, cette durée de service minimale n’est pas exigée.

La condition de fidélité

Avant le 1er janvier 2014, il fallait avoir accompli au moins 15 ans de services civils ou militaires pour pouvoir bénéficier d’une pension de retraite. Pour les militaires recrutés depuis le 1er janvier 2014, cette condition de fidélité a été abaissée à 2 ans de services.

Si cette condition de fidélité n’est pas remplie à la date de radiation des cadres, la carrière sera alors reversée au Régime Général de la sécurité sociale (affiliation rétroactive), comme si cette période d’activité avait été effectuée en tant que salarié.

Par ailleurs, en cas de radiation des cadres suite à une invalidité, cette condition de fidélité n’est pas exigée.

LA LIMITE d’ÂGE

La limite d’âge est l’âge à partir duquel le militaire ouvre droit à la retraite d’office. Il correspond à l’âge automatique du taux plein du Régime Général de la sécurité sociale (67 ans pour les assurés nés à compter de 1955).

En fonction du statut du militaire (de carrière, servant sous contrat, etc.), du grade et du corps d’armée, la limite d’âge est fixée comme suit :

  • Entre 52 et 57 ans pour les officiers ;
  • Entre 47 et 66 ans pour les sous-officiers.

Cette limite d’âge peut avoir des incidences sur les règles applicables en matière de cumul emploi-retraite et, dans certains cas, sur la décote applicable à la pension.

À noter :Il existe des dispositifs spécifiques de prolongation d’activité permettant au militaire d’être maintenu en service au-delà de sa limite d’âge.

Le MODE DE CALCUL DE LA PENSION

Le mode de calcul de la pension militaire est le même que celui de la retraite des fonctionnaires. La formule est la suivante :

Pension de retraite = montant de la solde des 6 derniers mois x 75 % x (nombre de trimestres acquis / nombre de trimestres requis)

La pension militaire est calculée à partir des services valables pour la retraite et des bonifications ou suppléments/majorations de pension susceptibles d’être attribués. La retraite à taux plein est attribuée en fonction de la durée de service minimale ou de la limite d’âge applicable en fonction du corps d’armée mentionnées ci-dessus.

Les bonifications sont des trimestres supplémentaires qui viennent s’ajouter aux années de services effectifs afin d’augmenter le montant de la pension. Elles ne doivent pas être confondues avec les majorations de durée d’assurance ou encore les suppléments de pension. Les militaires bénéficient de la bonification pour enfant dans les mêmes conditions que les fonctionnaires civils, mais ils bénéficient surtout de bonifications qui leurs sont propres et qui peuvent avoir un impact conséquent sur le montant de leur pension dont voici les principales :

  • La bonification de campagne
  • La bonification pour l’exécution d’un service aérien ou sous-marin
  • La bonification automatique du cinquième du temps de service accompli (à partir de 17 ans de services militaires effectifs et dans la limite de 5 ans)

Si les conditions de durée de service minimale ou de limite d’âge pour bénéficier de la pension à taux plein ne sont pas remplies, un système de décote de 1,25 % par trimestre manquant (dans la limite de 20 trimestres) est alors appliqué sur le montant de la pension.

le CUMUL EMPLOI-RETRAITE

Il est possible de cumuler votre pension de retraite militaire avec :

  • Toute autre pension de retraite acquise au titre d’une période d’activité effectuée avant ou après votre carrière en tant que fonctionnaire titulaire (ou durant les mêmes périodes, sauf en cas de détachement) ;
  • Votre rémunération si vous êtes payé par un organisme privé ou un établissement public à caractère industriel ou commercial (EPIC) ;
  • Votre rémunération, quel que soit votre employeur, si vous avez atteint la limite de durée de service ou d’âge.

À noter : Les dispositions relatives au cumul emploi-retraite ne s’appliquent pas aux titulaires d’une Pension élevée Au Grade Supérieur (PAGS)

Vous pouvez trouver des informations supplémentaires sur le site retraitesdeletat.gouv.fr.

 

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FAQ

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Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

Oui, sur le régime de base : le taux de la tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 %, à compter de la régularisation des cotisations 2025 intervenant lors de la campagne déclarative d’avril 2026. S’y ajoute la revalorisation du plafond de la Sécurité sociale, porté à 48 060 €. Les barèmes des régimes complémentaires évoluent, eux, caisse par caisse.

 

Pour les générations nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal est maintenu à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Le taux plein reste automatique à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. La retraite progressive, elle, est accessible dès 60 ans.

 

Oui pour les paramètres généraux (âge légal et durée d’assurance), qui s’appliquent au régime de base CNAVPL comme aux autres régimes de base. Les règles propres aux régimes complémentaires de chaque section professionnelle, en revanche, restent définies par chaque caisse. Depuis la LFSS 2026, la montée en charge de ces paramètres est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028.

 

Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre votre activité tout en percevant votre pension, sous conditions. Depuis la réforme de 2023, c’est un levier pertinent pour compléter vos revenus et acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.

 

Oui, sous réserve d’avoir atteint l’âge légal applicable en fonction de l’année de naissance. Faute d’avoir validé l’ensemble des trimestres requis, vous subirez toutefois une décote applicable au montant de votre pension.

 

Oui, pour les médecins conventionnés, l’Allocation supplémentaire vieillesse (ASV) représente une part significative de la pension globale, sachant que son poids dépend de la durée d’affiliation et du montant des cotisations versées.

 

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