Retraite : travailler plus longtemps pour échapper aux décotes

Pas moins de 166 trimestres, soit 41 ans et demi de carrière, sont nécessaires pour partir à la retraite à 62 ans en 2019.
Sommaire

Comment ne pas subir de décote sur sa pension de retraite

Au moins  166 trimestres, soit 41 ans et demi de carrière, sont nécessaires pour partir à la retraite au taux plein. Après des études longues ou des interruptions d’activité, des trimestres peuvent manquer. 

Partir à la retraite avec tous ses trimestres…

Partir à la retraite avec tous ses trimestres c’est s’assurer de décrocher le taux plein. Aucun abattement sur ses retraites de base et complémentaires n’est effectué (sauf pour le régime Agirc-Arrco). L’enjeu est donc important. Le nombre de trimestres requis varie selon l’année de naissance. Il évolue dans les mêmes proportions que l’espérance de vie.

Nombre de trimestres requis pour le taux plein

Tous les trimestres de la carrière, quel que soit le régime, sont retenus. Les périodes d’activité alimentent ce compte, au même titre que les interruptions d’activité professionnelle. Elles concernent par exemple les arrêts de travail ayant donné lieu à versement d’indemnités journalières, les périodes de perception de la pension d’invalidité, de chômage ou encore de service militaire. Le relevé de situation individuelle retrace le déroulé de la carrière avec les trimestres validés au fil des années. Il est consultable sur ce site internet, rubrique « mon compte retraite ».

Il est nécessaire d’y ajouter les majorations de trimestres. Par exemple, les mères bénéficient d’une majoration de 4 trimestres pour la naissance de chacun de leur enfant, couplée d’une majoration de 4 trimestres pour leur éducation (qu’elles peuvent partager depuis 2010 avec le père). Il existe également des majorations pour enfant handicapé ou pour adulte handicapé.

… optimiser le nombre de trimestres pour atteindre le taux plein…

Lorsque le nombre de trimestre n’est pas atteint à l’âge légal, il est également possible d’optimiser sa carrière en effectuant des rachats de trimestre. Différents types de rachat de trimestres existent (Versement Pour La Retraite, rachat Madelin…) à un coût très différent en fonction des caisses : il est important de se renseigner avant de les effectuer pour avoir une idée de leur rentabilité. Un rachat de trimestre permet de bénéficier d’une réduction fiscale, ce qui est à prendre en compte dans l’étude de rentabilité.

Le rachat de trimestre permettra aux assurés n’ayant pas atteint le nombre de trimestre nécessaire, de compléter ces trimestres et ainsi d’obtenir le taux plein.

… Ou attendre l’âge du taux plein

Le taux plein n’est pas perdu pour les personnes ayant accompli une carrière courte. Ils peuvent également le décrocher s’ils attendent l’âge auquel il est accordé automatiquement, pour faire liquider leur retraite:

  • 66 ans et 2 mois pour celles et ceux nés en 1953.
  • 66 ans et 7 mois : pour celles et ceux nés en 1954.
  • 67 ans : pour celles et ceux nés à partir de 1955.

Pour autant, ils obtiennent une retraite moins élevée qu’avec une carrière complète.

Exemple

Scénario 1 : Pierre né en 1957 a ses 166 trimestres. Il a droit au taux plein à 62 ans. Si le salaire annuel moyen* de ses 25 meilleures années est de 36 000 €, sa retraite de base est calculée de la façon suivante : 36 000 € x 50 % (taux plein) x 166 trimestres/166 trimestres = 18 000 €.

Scénario 2 : Paul né en 1957 a 130 trimestres à 62 ans. Il en aura 150 à 67 ans, âge du taux plein automatique. Avec le même salaire annuel moyen de 36 000 €, sa retraite de base serait de : 36 000 € x 50 % x 150 trimestres/166 trimestres = 16 265 €.

*Le salaire annuel moyen est calculé sur le salaire brut retenu dans la limite du plafond de la sécurité sociale (par exemple 40 524 € par mois en 2019).

 

Contactez un expert retraite« 

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Au-delà des majorations de retard, il existe un risque bien plus lourd : les cotisations non acquittées dans un délai de cinq ans suivant leur exigibilité ne sont plus prises en compte pour le calcul de votre pension. Un arriéré laissé sans solution ne se traduit donc pas seulement par une dette, mais par une perte de droits définitive. En cas de difficulté, un échéancier négocié avec votre caisse préserve vos droits.

 

7 212 € de revenu annuel, soit 600 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier 2026. Chaque trimestre isolé est validé à partir de 1 803 € (150 fois le SMIC horaire). En dessous, la cotisation minimale de retraite de base (573 € en 2026) permet néanmoins de valider trois trimestres.

 

Une assiette sociale unique remplace les deux bases de calcul antérieures : votre revenu professionnel brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, encadré entre 845,86 € et 62 478 € en 2026. Cette assiette sert à toutes les branches, CSG-CRDS comprise. En contrepartie de la baisse mécanique de l’assiette de CSG-CRDS, les barèmes de retraite de base et de maladie ont été relevés. Le niveau global de prélèvement reste comparable, mais la part qui construit vos droits augmente.

 

Non, pas si vous exercez une profession libérale réglementée. L’URSSAF recouvre la maladie-maternité, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle. Vos cotisations de retraite de base, de retraite complémentaire et d’invalidité-décès sont versées directement à votre caisse professionnelle. Seule exception : les professions libérales non réglementées créées depuis le 1er janvier 2018, qui relèvent du régime général.

 

Pour le régime de base CNAVPL en 2026 : 8,73 % sur la tranche 1 (revenus jusqu’à 48 060 €) et 1,87 % sur la tranche 2 (jusqu’à 240 300 €). Le taux de tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 % avec la réforme de l’assiette sociale. Pour la retraite complémentaire, il n’existe pas de taux unique : chaque section professionnelle fixe le sien, sous forme de taux proportionnel, de classes de cotisation ou de forfait.

 

La pension de base se calcule en multipliant le nombre de points acquis sur toute la carrière par la valeur du point (0,6599 € en 2026) et par le taux de liquidation, qui dépend de votre durée d’assurance tous régimes confondus. S’y ajoute la pension complémentaire de votre section professionnelle, calculée selon ses propres règles et sa propre valeur de point. Cette complémentaire représente en moyenne environ 70 % du total perçu.

 

Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

Vous n’avez pas trouvé la réponse ?

Contactez-nous pour obtenir une réponse et un accompagnement personnalisé

Pour aller plus loin

Découvrez tous nos articles pour vous aider à appréhender votre départ à la retraite.

Nos solutions

Chaque année, nous réalisons plus de 2000 accompagnements auprès de chefs d’entreprise, médecins, professions juridiques, artisans/commerçants ou salariés/cadres.

Neovia ne propose pas une solution retraite, mais plusieurs, personnalisées et adaptées à chaque profil et à chaque situation : Bilan Retraite Conseil, Expertise Retraite, Expertise de Départ…

Nos experts possèdent une connaissance pointue des régimes de retraite, des carrières complexes et des spécificités sectorielles. Ils vous apportent des résultats concrets : reconstitution de carrière, sécurisation des droits, optimisation de votre retraite et audits de relevé de carrière pour déceler les éventuelles erreurs.

 

Audit de retraite

Bilan Retraite Conseil

Réservé aux cadres et salariés, ce diagnostic personnalisé vous permet de connaître l'âge de départ optimal et le montant de vos revenus pour préparer sereinement votre retraite.

Niveau d'accompagnement

1/5

Expertise Retraite

Dirigeants, chefs d’entreprise et professions libérales, après reconstitution fidèle de votre carrière, nous analysons les dispositifs réglementaires (régimes, rachats, majorations…) permettant d’optimiser votre retraite.

Niveau d'accompagnement

3/5

Expertise Retraite à Domicile

Un service premium et confidentiel, réservé uniquement aux cadres et salariés. Sur rendez-vous, un expert Neovia vous rend visite pour une étude retraite sur mesure et individualisée.

Niveau d'accompagnement

4/5

Votre profil

Vous avez un statut de dirigeant, professions libérale, médicale ou juridique, artisan/commerçant ou cadre ?

Vous avez besoin de mieux connaître vos droits ?

Découvrez tous nos conseils et prestations associées pour vous accompagner.

Salarié

Neovia accompagne les salariés pour vérifier leurs droits et optimiser leur départ à la retraite.

Dirigeant

Neovia accompagne les dirigeants pour sécuriser et optimiser leur retraite.

Profession médicale

Neovia accompagne les médecins et libéraux pour une retraite sereine et simplifiée.

Profession libérale

Neovia aide les professionnels à y voir clair dans leur retraite grâce à une approche sur mesure.

Profession juridique

Neovia accompagne les professions juridiques avec l’expertise nécessaire pour une retraite maîtrisée.

Artisan/ Commerçant

Neovia accompagne les artisans et commerçants pour optimiser et sécuriser leur retraite.

Cadre supérieur/ Expatrié

Neovia aide les cadres aux parcours complexes à reconstituer leur carrière et optimiser leur retraite.