Changement de statut et protection sociale du dirigeant : les bonnes questions !

Sommaire

Notre partenaire Pascale COIN, Directrice associée d’Adstrat Cabinet de Conseil en protection sociale, intervient dans notre lettre de l’expertise retraite de Février pour éclairer et accompagner les dirigeants d’entreprise en matière de protection sociale lorsqu’ils envisagent un changement de statut.

Extrait :

Dans la conjoncture actuelle le dirigeant d’entreprise cherche à optimiser le coût de sa rémunération soit pour alléger les charges, soit pour payer moins d’impôt.

Le choix du statut salarié/non salarié participe de cette démarche. Ce choix est devenu plus complexe depuis quelques années du fait :

  • De l’évolution des règles de calcul de l’assiette sociale pour le travailleur non salarié avec une augmentation des taux de cotisations, déplafonnement de certaines cotisations, intégration des dividendes pour partie ;
  • Du changement de la fiscalité des plus-values de cession ;
  • De l’évolution des cotisations obligatoires du régime salarié, des prestations, généralisation de la mutuelle, portabilité, dialogue social, etc…

Il est essentiel de mesurer l’impact d’un changement de statut sous l’angle de la protection sociale, car les enjeux sont d’importance pour le dirigeant. En effet, les risques couverts sont le décès, l’incapacité de travail, l’invalidité, la retraite… et ces risques sont « lourds » de conséquences au plan financier. La seule comparaison des impôts et des charges dues dans chaque situation, ne suffit plus à prendre la bonne décision.

Comment faire le tour de la question ?

Il faut toujours partir des objectifs pour lesquels le dirigeant souhaite changer de statut et non d’une seule approche fiscale personnelle. S’agit-il de privilégier l’entreprise ou le dirigeant, de maintenir le revenu net après impôt ou bien d’augmenter le revenu différé, d’anticiper sur une future cession ou un cumul emploi-retraite ?

Étudier et adapter les garanties en fonction des objectifs du dirigeant et des contraintes liées aux contrats de protection sociale (prévoyance complémentaire, formulaire médical, nature et montants des garanties, risques assurés, contrats, options).

Il est nécessaire d’anticiper le changement en auditant au préalable la protection sociale dont il bénéficie. Audit des régimes existants obligatoires ou facultatifs, audit des régimes futurs, coût du maintien des garanties, évolution de celles-ci, environnement juridique, impacts sur les futures retraites obligatoires…

Il faut intégrer les alternatives fiscales complémentaires selon le choix du statut. Loi Madelin en statut non salarié, Art. 83 pour le statut salarié avec calcul des plafonds, recherche des solutions adaptées, mise en œuvre dans un environnement juridique complexe.

Le conseil s’articule donc en trois temps :

Tout d’abord l’étude de la situation initiale et des objectifs. Cette phase d’écoute et d’audit est essentielle.

Elle mérite toute l’attention tant du dirigeant qui doit réunir les informations (souvent éparses), que de son conseil qui doit analyser, synthétiser, expliquer et avant tout dialoguer autour des motivations de son interlocuteur.

  • Quelle est la protection sociale dont bénéficie le dirigeant (risques couverts, contrats mis en place, secteur d’activité, rémunérations dans la structure, résultat financier) ?
  • Quelle est sa situation patrimoniale (situation maritale, patrimoine déjà constitué, contrats déjà existants à titre personnel) ?
  • Quels sont les droits différés (retraite) acquis dans les régimes obligatoires et facultatifs ?
  • Quelles garanties le dirigeant souhaite-t-il privilégier et à quel coût (capital décès, rentes en cas de décès, revenu de remplacement en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité, chômage, garantie « homme clef », assurance entre associés…) ?

Ensuite, la présentation des alternatives (simulations des économies réalisées hors maintien de la protection sociale et avec maintien) et la définition des options de protection sociale complémentaire/supplémentaire (Loi, convention collective, régime professionnel, régimes facultatifs).

L’accent doit être mis sur les contraintes issues du changement.

Par exemple l’obligation du questionnaire médical en statut non salarié ou, en statut salarié le choix d’une politique salariale volontairement collective.

Et finalement, l’assistance à la mise en œuvre de la solution choisie par le dirigeant.

Le respect de l’environnement réglementaire, tant fiscal que social ; le respect de l’environnement du droit du travail en régime salarié et la communication.

Toutes ces questions, les informations nécessaires et le conseil qui en découle, sont une source de dialogue qui mérite toute l’attention d’un professionnel.

En effet, ces échanges indispensables permettent d’éviter des surprises à postériori pouvant fragiliser la situation du dirigeant (exemple d’un changement de statut salarié vers non salarié pour une personne non assurable pour raison de santé).

Au final, le dialogue est source de valeur ajoutée car la comparaison faite par un simple logiciel de calcul de charges sociales ne saurait suffire à décider. Il améliore la solution préconisée, et permettra aussi de sécuriser la situation du dirigeant après la cession éventuelle de l’entreprise.

Pour toutes ces raisons, le dirigeant doit être accompagné par des professionnels qui dialoguent entre eux tout en étant chacun très spécialisés dans leur domaine : la retraite et la prévoyance sont affaires d’experts.

Avertissement : les informations publiées en matière de réglementation sur les droits à la retraite sont des informations en vigueur à date de publication.

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

Oui, sur le régime de base : le taux de la tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 %, à compter de la régularisation des cotisations 2025 intervenant lors de la campagne déclarative d’avril 2026. S’y ajoute la revalorisation du plafond de la Sécurité sociale, porté à 48 060 €. Les barèmes des régimes complémentaires évoluent, eux, caisse par caisse.

 

Pour les générations nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, l’âge légal est maintenu à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis pour le taux plein. Le taux plein reste automatique à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. La retraite progressive, elle, est accessible dès 60 ans.

 

Oui pour les paramètres généraux (âge légal et durée d’assurance), qui s’appliquent au régime de base CNAVPL comme aux autres régimes de base. Les règles propres aux régimes complémentaires de chaque section professionnelle, en revanche, restent définies par chaque caisse. Depuis la LFSS 2026, la montée en charge de ces paramètres est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028.

 

Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre votre activité tout en percevant votre pension, sous conditions. Depuis la réforme de 2023, c’est un levier pertinent pour compléter vos revenus et acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.

 

Oui, sous réserve d’avoir atteint l’âge légal applicable en fonction de l’année de naissance. Faute d’avoir validé l’ensemble des trimestres requis, vous subirez toutefois une décote applicable au montant de votre pension.

 

Oui, pour les médecins conventionnés, l’Allocation supplémentaire vieillesse (ASV) représente une part significative de la pension globale, sachant que son poids dépend de la durée d’affiliation et du montant des cotisations versées.

 

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