La retraite d’un cadre se distingue par le poids de sa retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui représente souvent une part majeure de la pension.
Entre régime de base, points complémentaires, cotisations spécifiques et calendrier réglementaire mouvant, le calcul demande de la méthode.
Voici, à jour pour 2026, comment fonctionne et se calcule la retraite d’un cadre et à combien s’élève en moyenne celle des cadres et cadres supérieurs.
Retraite cadre : les points clés à connaître
Deux étages : une retraite de base (CNAV ou MSA) et une retraite complémentaire Agirc-Arrco, calculée en points.
- La complémentaire est déterminante : elle représente souvent 40 à 60 % de la pension totale d’un cadre
- Montant moyen : généralement entre 2 800 € et 4 500 € brut/mois pour un cadre, davantage pour un cadre supérieur.
- Cotisations spécifiques : CEG et CET s’ajoutent à la cotisation Agirc-Arrco depuis la fusion des régimes.
- Calendrier en mouvement : la réforme de 2023 est suspendue ; l’âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028.
Comment fonctionne la retraite d’un cadre ?
La retraite d’un cadre repose sur deux régimes complémentaires l’un de l’autre : une retraite de base, identique à celle des autres salariés, et une retraite complémentaire qui pèse particulièrement lourd pour les hauts revenus.
Retraite de base des cadres (CNAV / MSA)
La retraite de base est gérée par la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) pour les cadres du privé, ou la MSA pour le secteur agricole. Elle est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. À taux plein, elle correspond à 50 % de ce salaire annuel moyen, un plafonnement qui explique pourquoi la complémentaire devient déterminante pour les cadres.
Cotisations et validation des trimestres
Chaque année, une part du salaire brut est prélevée pour la retraite de base et permet de valider des trimestres. Les taux de cotisation vieillesse sont de 6,90 % sur le salaire plafonné (jusqu’au plafond de la Sécurité sociale) et de 0,40 % sur la totalité du salaire. Pour une retraite à taux plein, il faut réunir un nombre de trimestres qui dépend de votre génération jusqu’à 172 trimestres (43 ans) pour les plus jeunes générations, avec des aménagements liés à la suspension de la réforme 2023 (voir plus bas).
Retraite complémentaire Agirc-Arrco
La retraite complémentaire est gérée par l’Agirc-Arrco et fonctionne en points : vos cotisations achètent chaque année des points, accumulés sur toute la carrière. Au départ, le total des points est multiplié par la valeur de service du point, fixée à 1,4386 € et gelée à ce niveau jusqu’au 31 octobre 2026. Plus la rémunération est élevée, plus le nombre de points acquis est important d’où le poids de la complémentaire dans la pension d’un cadre.
Impact de la fusion Agirc-Arrco
Depuis le 1er janvier 2019, les régimes Agirc (cadres) et Arrco ont fusionné en un seul régime, l’Agirc-Arrco. Concrètement, les cotisations des cadres et des non-cadres sont désormais alignées : on cotise en Tranche 1 jusqu’à un plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026) et en Tranche 2 de 1 à 8 plafonds. La fusion a aussi introduit deux contributions, la CEG (Contribution d’équilibre général) et la CET (Contribution d’équilibre technique), détaillées plus loin.
Comment calculer la retraite d’un cadre ?
Le montant total combine la retraite de base et la retraite complémentaire. Le calcul dépend de quatre paramètres principaux :
- le salaire annuel moyen des 25 meilleures années (pour la base) ;
- le nombre de trimestres validés (qui détermine le taux de liquidation) ;
- le nombre de points Agirc-Arrco accumulés (pour la complémentaire) ;
- l’âge de départ à la retraite (décote ou surcote éventuelle).
Exemple de calcul global
Retraite de base : 50 % du salaire annuel moyen des 25 meilleures années (à taux plein).Retraite complémentaire : 20 000 points × 1,4386 € = 28 772 €/an.Si la retraite de base ressort à 25 000 €/an, la pension brute totale atteint environ 53 772 €/an.
Cet exemple illustre une réalité clé : chez un cadre, la complémentaire peut dépasser la base. La moindre erreur sur le relevé de points pèse donc directement, et durablement, sur la pension.
Retraite moyenne en France des cadres
En France, la retraite moyenne des cadres est généralement plus élevée que celle des non-cadres, en raison de salaires plus importants et d’une forte part de retraite complémentaire. En moyenne :
- un cadre perçoit entre 2 800 € et 4 500 € brut par mois ;
- un cadre supérieur peut atteindre 4 000 € à 6 500 € brut mensuel, voire plus selon sa carrière.
Ces montants varient selon :
- la durée de cotisation ;
- le niveau de salaire ;
- le nombre de points Agirc-Arrco ;
- l’âge de départ à la retraite.
A noter :
La retraite complémentaire représente souvent 40 à 60 % de la pension totale d’un cadre. C’est l’élément qui fait le plus varier le montant final d’une situation à l’autre.
Montant de la retraite d’un cadre supérieur
Le montant de la retraite d’un cadre supérieur dépend principalement de ses revenus et de sa carrière. Le mécanisme est mécanique :
- salaire moyen élevé → plus de cotisations ;
- plus de points Agirc-Arrco → pension complémentaire plus importante.
En pratique :
- la retraite de base est plafonnée (environ 50 % du plafond de la Sécurité sociale) ;
- la retraite complémentaire devient dominante dans la pension totale.
Ainsi, pour un cadre supérieur, la retraite représente en moyenne 60 % à 75 % du dernier revenu net. Ce taux de remplacement peut toutefois chuter en cas de :
- carrière incomplète ;
- départ anticipé ;
- faible acquisition de points.
C’est précisément sur ces profils à hauts revenus et carrières complexes (mobilité, expatriation, statuts multiples) que l’accompagnement de Neovia Retraite apporte le plus de valeur : chaque point récupéré ou chaque trimestre sécurisé se traduit par de la pension à vie.
Nouvelles cotisations depuis la réforme AGIRC-ARRCO
Depuis la fusion, les cadres sont redevables de plusieurs cotisations sur leur retraite complémentaire :
- CET (Contribution d’équilibre technique) : s’applique à tous les salariés dont le salaire dépasse 1 plafond de la Sécurité sociale.
- CEG (Contribution d’équilibre général) : due sur les deux tranches de salaire.
- APEC : réservée aux cadres, sur le salaire jusqu’à 4 plafonds.
- Taux d’appel de 127 % : les cotisations sont appelées à 127 %, mais seuls 100 % génèrent des points (les 27 % restants financent l’équilibre du régime).
Tableau des cotisations retraite cadre
| Tranche de salaire brut mensuel | Retraite Agirc-Arrco | CEG (%) | CET (%) |
| Jusqu’à 4 005€ (T1) | 3,15% | 0,86% | 0,14%* |
| De 4 005e à 32 040€ (T2) | 8,64% | 1,08% | 0,14% |
| Au-delà de 32 040€ (8 plafonds) | 0% | 0% | 0% |
*CET due uniquement si le salaire dépasse 1 plafond de la Sécurité sociale. Taux de cotisation inchangés en 2026 ; seules les tranches sont revalorisées avec le nouveau plafond.
Âge de départ, décote et surcote pour les cadres
L’âge légal de départ s’applique aux cadres comme aux autres salariés. Point important en 2026 : la réforme de 2023 a été suspendue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. À compter du 1er septembre 2026, l’âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028, au lieu de poursuivre sa montée vers 64 ans. Le taux plein automatique reste fixé à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres.
Décote
La décote réduit la pension pour chaque trimestre manquant : 0,625 % par trimestre manquant au Régime général. Exemple : 7 trimestres manquants entraînent une décote de 4,375 % sur une pension de 30 000 €/an, cela représente 1 312,50 € de moins par an.
Surcote
À l’inverse, la surcote augmente la pension de 1,25 % par trimestre travaillé au-delà du taux plein au Régime général. Exemple : 4 trimestres supplémentaires donnent +5 % soit +1 500 €/an sur une pension de 30 000 €.
Carrière longue
Les cadres ayant commencé à travailler jeunes peuvent partir avant l’âge légal, sans décote, au titre du dispositif carrière longue sous conditions de trimestres. Les bornes d’âge de ce dispositif ont été ajustées par la suspension de la réforme.
Pourquoi confier sa retraite de cadre à un expert plutôt qu’à un simulateur ?
Un simulateur en ligne applique une formule moyenne à des données que vous saisissez vous-même. Pour une carrière de cadre souvent marquée par des changements de statut, des périodes à l’étranger, des rémunérations variables et un volume de points élevé, les approximations se paient cher.
Ce que Neovia Retraite apporte, là où un outil automatisé s’arrête :
- L’audit du relevé de carrière et de points : les anomalies (années manquantes, points mal repris après la fusion) sont fréquentes et pèsent directement sur la complémentaire.
- La reconstitution complète de carrière : indispensable pour partir d’un montant exact, pas d’une estimation.
- L’optimisation : rachat de trimestres, choix de l’âge de départ, surcote, cumul emploi-retraite… chiffrés pour votre situation réelle.
- La délégation des démarches : Neovia gère les échanges avec les caisses, y compris en visite à domicile pour les cadres et salariés.
- Une expertise des parcours complexes : cadres supérieurs, expatriés, carrières multi-régimes là où les outils standards montrent leurs limites.
Le saviez-vous ?
95 % des relevés de carrière contiennent en moyenne 6 erreurs. Premier sur le conseil et l’expertise retraite depuis 2004, Neovia commence toujours par un rendez-vous gratuit et sans engagement pour faire le point sur vos droits.