Peut-on toucher sa retraite si l’on vit à l’étranger ?

Quand et comment toucher sa retraite à l’étranger : les démarches nécessaires et les conseils pour percevoir vos pensions en toute sérénité.
Sommaire

En résumé :
Il est possible de toucher sa retraite française tout en résidant à l’étranger, sans condition de résidence pour les pensions « classiques ».
En revanche, l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et l’Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) nécessitent une résidence stable en France.
Les retraités doivent signaler leur nouvelle adresse à leur caisse de retraite et transmettre annuellement un certificat de vie pour éviter la suspension de leur retraite.
La couverture maladie des retraités à l’étranger dépend du pays de résidence et des accords bilatéraux avec la France.

Bon nombre de futurs retraités rêvent de s’installer à l’étranger pour profiter pleinement de leur retraite. Mais est-ce possible ? Peut-on partir vivre à l’étranger tout en continuant de percevoir sa pension de retraite ? En réalité, il est tout à fait possible de s’expatrier à l’étranger à l’année, tout en touchant sa retraite française. Certaines démarches doivent tout de même être réalisées pour continuer à toucher sa retraite à l’étranger. Explications.

Est-il possible de percevoir sa retraite tout en résidant à l’étranger ?

Oui, il est tout à fait possible de résider toute l’année dans un pays étranger tout en percevant sa pension de retraite française. D’ailleurs, 900 000 seniors ont déjà fait le choix de partir vivre leur retraite à l’étranger. Cela représente près de 6 % des retraités à la fin de l’année 2022 (selon la DREES). Parmi les pays en vogue chez les jeunes retraités, on trouve la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou encore le Maroc et la Thaïlande. Les raisons invoquées sont la qualité de vie, la douceur du climat et le coût de la vie souvent moins élevé de 15 à 30 % par rapport à celui de la France.

Si on est bénéficiaire d’une pension de retraite « classique », il n’y a pas de condition de résidence. On peut donc vivre à l’étranger toute l’année, tout en continuant à percevoir sa pension de retraite française. 

À contrario, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) est une prestation mensuelle accordée aux retraités ayant de faibles ressources, avec une condition de résidence en France

En savoir plus

Peut-on percevoir l’ASPA à l’étranger ?

L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) est versée par votre caisse de retraite. Son montant varie selon vos ressources et si vous vivez en couple ou non. Pour toucher l’ASPA, il y a une condition de résidence. Cela signifie que vous devez résider en France (métropole, Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint Martin) de manière stable et permanente. 

En clair, vous devez vous trouver dans l’une ou l’autre de ces situations :

  • Vous avez votre foyer permanent en France. Le foyer désigne le lieu où vous habitez de façon permanente, c’est-à-dire le lieu de votre résidence habituelle.
  • Vous avez votre lieu de séjour principal en France. C’est le cas si vous séjournez en France pendant plus de 9 mois l’année.

Pour être bénéficiaire de l’ASPA, vous ne devez donc pas être absent du territoire français plus de 3 mois dans l’année.

Il en est de même pour l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), qui est également soumise à une condition de résidence. 

Si vous êtes bénéficiaire de l’une ou l’autre de ces prestations et que vous souhaitez partir vivre à l’étranger, pensez à signaler votre déménagement à votre caisse de retraite. Ces prestations ne vous seront plus versées si vous partez vivre à l’étranger. À votre retour, vous pourrez déposer une nouvelle demande.

Quelles sont les démarches à effectuer lorsqu’on vit sa retraite à l’étranger ?

Toucher sa retraite française en vivant à l’étranger est tout à fait possible. Il faut néanmoins réaliser quelques démarches administratives :

Signaler votre nouvelle adresse

Si vous êtes retraité et que vous souhaitez partir vivre à l’étranger, il est impératif de signaler votre nouvelle adresse ainsi que tout changement de coordonnées bancaires par courrier postal à votre caisse régionale.

Vous devez indiquer votre nouvelle adresse, vos nom, prénom et numéro de sécurité sociale et joindre les justificatifs nécessaires.

Transmettre le certificat de vie

Si vous percevez une retraite française en vivant à l’étranger, vous devez transmettre un certificat de vie chaque année. Cela vous permet de justifier votre existence auprès de votre caisse de retraite, en le faisant compléter par l’autorité locale compétente du pays où vous résidez (ex : consulat, mairie, commissariat, etc.). Cela vous évite la suspension du versement de votre retraite. 

Si votre certificat de vie n’est pas transmis sous un délai de 2 mois, le paiement de votre retraite sera suspendu. 

Pour connaître les autorités locales compétentes qui sont habilitées à compléter votre certificat de vie, une carte est disponible sur le site de lassuranceretraite.fr, rubrique « Ma retraite à l’étranger ».

Comment prouver sa résidence dans un pays ?

Apporter la preuve que l’on a sa résidence en France, ou au contraire, que l’on n’a pas sa résidence en France, peut se faire par tout moyen. Généralement, les pièces justificatives suivantes sont acceptées :

  • bail d’habitation à son nom ou acte de propriété, 
  • quittances de loyer, 
  • factures d’eau et d’électricité, 
  • avis d’imposition,
  • relevé bancaire, 
  • attestation de sécurité sociale

Comment faire sa déclaration de revenus lorsqu’on vit sa retraite à l’étranger ?

Vous devez continuer à payer vos impôts en France si vous y vivez plus de 183 jours par an ou si votre foyer et vos intérêts économiques sont situés en France.

Si vous ne remplissez pas ces conditions, votre imposition dépendra de la convention fiscale signée entre la France et le pays dans lequel vous vivez.

  • Résidence en France : Si vous êtes considéré comme résident fiscal en France, même vivant à l’étranger, vous devez déclarer vos revenus en France. L’Assurance retraite transmet alors automatiquement le montant imposable de votre retraite de base de la Sécurité sociale à l’administration fiscale française. Grâce au prélèvement à la source, l’impôt sur le revenu est directement prélevé sur vos paiements de retraite.
  • Résidence à l’étranger : Si vous résidez à l’étranger et que vous n’êtes plus fiscalement domicilié en France, vous devrez payer l’impôt sur le revenu soit en France, soit dans cet État, soit dans les 2, selon l’existence ou non d’une convention fiscale entre la France et l’État où vous résidez. En étant résident fiscal à dans un pays étranger, vous ne payez pas de CSG ni de CRDS, mais votre retraite sera soumise aux cotisations d’assurance maladie.

Spécificités du Brexit

Depuis le Brexit, le Royaume-Uni est un État tiers à l’Union européenne. Si vous résidez au Royaume-Uni ou dans un autre État membre de l’UE et percevez une retraite française, vos paiements continueront d’être versés dans votre pays de résidence. Pour plus d’informations sur les implications du Brexit, consultez la FAQ du Cleiss.

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Quid de l’assurance maladie lorsqu’on vit sa retraite à l’étranger ?

Lorsqu’un retraité français décide de s’installer à l’étranger, sa couverture maladie va dépendre du pays de résidence. Voici les différentes situations :

Vous vivez votre retraite dans un pays de l’Union européenne (UE), l’Espace économique européen (EEE) ou en Suisse :

Vous devez demander le document S1 « Inscription en vue de bénéficier de l’assurance maladie » auprès de votre caisse d’assurance retraite de base française. Ce document est à transmettre à la caisse d’assurance maladie de votre pays de résidence.

Ce document permet à la sécurité sociale locale de prendre en charge vos frais de santé pour le compte de la sécurité sociale française. En cas de séjour en France, vous bénéficierez de la prise en charge de tous vos soins, qu’ils soient médicalement nécessaires ou programmés, selon la réglementation française.

Vous vivez votre retraite dans un pays ayant un accord bilatéral avec la France :

Si vous vivez dans un pays ayant un accord bilatéral de sécurité sociale avec la France, les modalités de couverture maladie sont définies par cet accord. La liste des pays ayant des accords en vigueur avec la France est disponible sur le site du CLEISS.

Exemple du Maroc :
Si vous partez vivre votre retraite au Maroc, vous devrez obtenir le formulaire SE 350-07 auprès de votre caisse de retraite pour vous inscrire à la caisse nationale de sécurité sociale marocaine.
La
Convention franco-marocaine de sécurité sociale du 22 octobre 2007 permet aux retraités français, titulaires d’une pension de vieillesse du régime français de sécurité sociale, de bénéficier d’une couverture maladie au Maroc au titre de leur retraite française.
Vous bénéficierez d’une prise en charge de vos soins de santé lors de vos séjours temporaires en France. Pour des hospitalisations de plus d’un mois, une reconnaissance préalable de la nécessité de poursuivre les soins pourra être requise.

Vous vivez votre retraite dans un autre pays :

Si vous partez vivre votre retraite dans un pays qui n’est pas lié à la France par un accord de sécurité sociale, c’est à vous de vérifier auprès des institutions locales les modalités de prise en charge de vos soins de santé.
Vous pouvez aussi adhérer volontairement à l’assurance maladie de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) si vous êtes de nationalité française, ou souscrire une assurance privée.

Sources utilisées : 

https://www.actu-juridique.fr/social/peut-on-toucher-sa-retraite-en-residant-a-letranger/

https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/home/retraite/vivre-etranger-retraite.html

https://www.info-retraite.fr/portail-info/sites/PortailInformationnel/home/ma-retraite-au-quotidien/vivre-sa-retraite-1/vivre-ma-retraite/retraite-a-letranger.html

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F16871?lang=&quest0=1&quest1=0&quest2=2&quest=

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2023-08/RETRAITES23MAJ2928.pdf« 

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FAQ

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Oui. Ce dispositif permet de combler des périodes non cotisées (études, stages, années incomplètes) pour améliorer sa pension ou réduire une décote. Il est accessible à tout assuré entre 20 et 67 ans, dans la limite de 12 trimestres maximum sur toute la carrière.

Le coût varie selon l’âge et le revenu — plus on attend, plus c’est cher — mais les sommes versées sont déductibles des revenus imposables. Le paiement peut être étalé sur 1, 3 ou 5 ans.

 

Vous pouvez valider au maximum 4 trimestres par an.

 

Partir à 62 ans avec 120 trimestres signifie avoir un nombre important de trimestres manquants (entre 47 et 52 selon votre génération). La décote appliquée atteint dans tous les cas son plafond maximum de 25 %, ce qui réduit significativement votre pension de base.

Concrètement, une pension calculée à 1 200 €/mois sans décote ne vous en verserait plus que 900 €/mois.

La meilleure alternative dans cette situation est souvent d’attendre vos 67 ans : vous obtenez alors automatiquement le taux plein, sans décote, quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Le nombre de trimestres requis varie entre 167 et 172 selon votre date de naissance, avec un âge légal de départ compris entre 62 et 64 ans. Le maximum de 172 trimestres (43 ans de cotisation) s’applique à toutes les générations nées à partir de 1965 (1966 pour les retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026, suite à la suspension de la réforme des retraites).

À noter : à 67 ans, le taux plein est automatique quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Oui, plusieurs leviers existent :

  • Travailler plus longtemps : chaque année supplémentaire génère de nouveaux points.
  • Racheter des points : il est possible de combler certaines périodes peu cotisées (études, années incomplètes), dans la limite de 420 points au total. Plus le rachat est fait tôt, moins il est coûteux.
  • Corriger son relevé de carrière : des points peuvent manquer par erreur. À partir de 55 ans, une demande de correction est possible sur info-retraite.fr.
  • Demander un entretien retraite : dès 45 ans, votre caisse peut vous aider à simuler votre pension et envisager un rachat de points.

 

Plusieurs options s’offrent à vous :

  • agirc-arrco.fr : accédez à votre espace personnel pour consulter votre relevé annuel de points (RAP) et obtenir une estimation de votre future pension.
  • info-retraite.fr : consultez votre relevé individuel de situation (RIS), qui centralise vos droits auprès de tous vos régimes de retraite.

Dans les deux cas, la connexion se fait via FranceConnect.

 

Oui, la valeur du point est révisée chaque année à l’automne, après négociation entre syndicats et patronat. Elle suit en général l’évolution des salaires et de l’inflation : +5,12 % en 2022, +4,9 % en 2023, +1,6 % en 2024.

En 2026, la valeur reste gelée à 1,4386 € faute d’accord lors des négociations de l’automne 2025.

 

Non, vos points sont en principe acquis définitivement, quels que soient les événements de votre carrière.

Cependant, des points peuvent manquer à cause d’erreurs administratives ou d’oublis lors de changements d’employeur. Dans ce cas, il est possible de les récupérer en contactant sa caisse de retraite.

Une fois la retraite liquidée, un délai de prescription de 5 ans s’applique pour réclamer des droits manquants. Mieux vaut donc vérifier son relevé avant de partir.

 

Il n’existe pas de nombre minimum de points requis. Plus vous en accumulez tout au long de votre carrière, plus votre pension sera élevée.

Votre pension annuelle se calcule ainsi : nombre de points × 1,4386 € (valeur du point en vigueur depuis novembre 2024). Par exemple, 5 000 points donnent droit à environ 600 €/mois.

Vous pouvez liquider votre retraite complémentaire dès l’âge légal de départ, à condition d’avoir droit à une retraite de base à taux plein. Pensez à faire votre demande 5  mois à l’avance.

À noter : le malus de 10 % (coefficient de solidarité) a été supprimé depuis avril 2025.

 

Le salaire que vous pouvez percevoir en cumul emploi-retraite dépend de votre situation.

  • Si vous bénéficiez du cumul emploi-retraite intégral (retraite à taux plein et toutes les pensions liquidées), vous pouvez percevoir un salaire sans plafond de revenus tout en continuant à toucher votre pension.
  • Si vous êtes en cumul emploi-retraite plafonné (sans taux plein), le total pension de retraite + revenus d’activité ne doit pas dépasser 160 % du SMIC ou la moyenne de vos 3 derniers salaires avant la retraite. Si ce plafond est dépassé, le montant de la pension peut être réduit.

Exemple :
Si votre pension est de 1 500 € par mois et que votre plafond de cumul est fixé à 2 800 €, vous pouvez gagner jusqu’à 1 300 € de salaire sans impact sur votre retraite. Au-delà de ce montant, votre pension sera diminuée du dépassement.

 

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