Retraite des cadres : comprendre les enjeux et les modalités

Optimisez votre retraite cadre : découvrez vos droits, les calculs essentiels et des conseils pour une retraite sereine et bien préparée.
Sommaire

Les informations importantes à retenir

  1. Retraite des cadres : combien d’années de cotisation ? Le taux plein s’obtient après 172 trimestres validés pour les générations nées à partir de 1968.
  2. La caisse de retraite des cadres inclut le régime de base (CNAV/MSA) et le régime complémentaire Agirc-Arrco.
  3. Les cotisations d’un cadre à la retraite varient en fonction du salaire, incluant la CEG et la CET.
  4. La fusion Agirc-Arrco a simplifié et harmonisé les règles de cotisation et de calcul des retraites complémentaires.
  5. Les mécanismes de décote et surcote ajustent le montant de la pension en fonction du nombre de trimestres validés et de l’âge de départ.
  6. La retraite complémentaire des cadres est essentielle pour le montant total de la pension, calculée en points de retraite.

En maîtrisant ces différents aspects, les cadres peuvent mieux anticiper leur départ à la retraite et optimiser leurs droits à la pension. Les réformes récentes et les mécanismes de cotisation jouent un rôle clé dans la planification financière des cadres après leur carrière professionnelle.

Neovia vous donne des informations sur les divers éléments  concernant les caisses de retraite des cadres notamment de leur retraite de base, retraite complémentaire, la fusion des régimes Agirc-Arrco, les mécanismes de décote et de surcote, l’âge de départ à la retraite et le calcul du montant de la retraite d’un cadre.
Une compréhension détaillée de ces aspects est essentielle pour anticiper son départ à la retraite et optimiser ses droits.

La retraite des cadres est un sujet majeur pour les salariés occupant des postes à responsabilité. Les cadres, qu’ils soient du secteur privé ou public, bénéficient de régimes de retraite spéciaux, différents sur plusieurs aspects par rapport à ceux des autres salariés.

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Zoom sur la retraite de base des cadres

Premièrement, sachez que la retraite de base est similaire à celle des autres salariés du régime général. En effet, cette retraite est gérée par la CNAV (Caisse nationale d’assurance Vieillesse) ou la MSA (Mutualité Sociale Agricole) pour les cadres agricoles. Les cotisations versées tout au long de la carrière permettent de calculer la pension, basée sur les 25 meilleures années de salaire.

  1. CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) : elle s’occupe de la retraite des cadres du secteur privé. La CNAV est l’organisme principal du régime général de la Sécurité sociale, et elle gère les cotisations et les prestations de retraite de base pour la majorité des salariés.
  2. MSA (Mutualité sociale agricole) : elle s’occupe de la retraite des cadres du secteur agricole. La MSA gère à la fois les cotisations et les prestations de retraite pour les salariés agricoles, y compris les cadres de ce secteur.

Cotisations versées tout au long de la carrière

Les cotisations pour la retraite de base sont calculées sur la base des revenus perçus par le cadre tout au long de sa carrière. Chaque année, une part du salaire brut est prélevée sous forme de cotisations sociales, qui sont ensuite versées à la CNAV ou à la MSA. Ces cotisations sont essentielles car elles permettent d’accumuler des trimestres de cotisation, nécessaires pour calculer le montant de la pension de retraite.

Taux de cotisation

Les taux de cotisation pour la retraite de base sont les suivants :

  • assurance vieillesse plafonnée : 6,90 % du salaire brut jusqu’au Plafond de la Sécurité Sociale (PSS) ; 
  • assurance vieillesse déplafonnée : 0,40 % du salaire brut dans sa totalité.

La retraite complémentaire des cadres

Deuxièmement, la retraite des cadres comprend une retraite complémentaire, gérée par l’Agirc-Arrco depuis la fusion des régimes en 2019. Cette retraite complémentaire permet d’acquérir des points de retraite en fonction des cotisations versées. Ces points sont ensuite convertis en pension lors du départ à la retraite.

Fonctionnement de la retraite complémentaire

Les cadres accumulent des points de retraite proportionnellement aux cotisations versées. La valeur du point de retraite est déterminée chaque année par l’Agirc-Arrco. Le montant de la pension complémentaire est calculé en multipliant le nombre total de points acquis par la valeur du point à la date de départ à la retraite.

Impact de la fusion Agirc-Arrco

La fusion des régimes Agirc et Arrco, effective depuis le 1er janvier 2019, a simplifié les cotisations et harmonisé les règles de calcul de la retraite complémentaire pour tous les salariés, y compris les cadres. Désormais, il n’y a plus qu’un seul régime complémentaire, l’Agirc-Arrco, dont la valeur du point est fixée à 1 4386 € en 2025 alors qu’avant cette date, pour leur retraite, les cadres cotisaient à deux régimes distincts : l’Arrco et l’Agirc.

Avant la fusion :

Avant la fusion, les cadres devaient verser des cotisations spécifiques à l’Agirc en plus de celles versées à l’Arrco, ce qui augmentait leurs droits à la retraite complémentaire. Le salarié cadre cotisait à l’ARRCO pour la part de son salaire jusqu’à un PMSS (Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale) et à l’AGIRC pour la part de son salaire compris entre 1 PMSS à 8 PMSS. Par exemple, en 2018, un salarié devenant cadre avec un salaire brut de 3 400 € payait environ 15 € de plus par mois pour sa retraite complémentaire.

Après la fusion : 

Depuis la fusion, les cotisations des cadres et des non-cadres sont alignées. Le salarié cotise maintenant à l’AGIRC-ARRCO au titre de la Tranche 1 pour la part de son salaire jusqu’à 1 PMSS et au titre de la Tranche 2 pour la part de son salaire compris entre 1 PMSS à 8 PMSS. De plus, les cadres doivent désormais payer la Contribution d’Équilibre Technique (CET) et la Contribution d’Équilibre Général (CEG), quel que soit leur salaire. La CET, auparavant réservée aux cadres, est maintenant applicable à tous les salariés dont le salaire brut dépasse 1 PSS (Plafond de la Sécurité Sociale), fixé à 3 864 € par mois en 2024. Par ailleurs, les cadres sont redevables de l’APEC sur leur salaire plafonné à 4 PSS.

Nouveautés post-fusion

  1. Contribution d’équilibre technique (CET) : Remplace la Contribution Exceptionnelle Temporaire (CET) et s’applique à tous les salariés dont le salaire dépasse 1 PSS, avec un taux de 0;14 %.
  2. Contribution d’équilibre général (CEG) : Fusion des cotisations GMP et AGFF, avec un taux de 0,86 % jusqu’à 1 PSS et de 1,08 % entre 1 et 8 PSS.
  3. APEC : s’applique seulement pour les salariés cadres, sur leurs salaire jusqu’à 4 PSS, avec un taux de 0,024 %.
  4. Taux d’appel : Majoré à 127 % depuis 2019 pour garantir l’équilibre du régime de retraite complémentaire.

Tableau des cotisations après fusion

Salaire brut mensuel (€)

Cotisation (%) CEG (%) CET (%)

< 3 925

3,15 0,86 0,14
3 925 – 31 400 8,64 1,08

0,14

> 31 400 0 0

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Âge de départ à la retraite pour les cadres

L’âge légal de départ à la retraite pour les cadres, comme pour les autres salariés, est fixé entre 62 et 64 ans, en fonction de leur année de naissance. Cependant, pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il est nécessaire d’avoir validé le nombre requis de trimestres (de 167 à 172 en fonction de sa génération). Si ce nombre de trimestres n’est pas atteint à l’âge légal, le cadre peut choisir de continuer à travailler jusqu’à l’âge du taux plein automatique, fixé à 67 ans. À cet âge, le cadre pourra bénéficier d’une retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres validés.

Conditions pour un départ anticipé

Certaines situations permettent un départ anticipé sans décote, telles que la retraite anticipée pour carrière longue ou pour inaptitude. Les cadres ayant commencé à travailler avant 16 à 21 ans et justifiant d’une carrière longue peuvent partir à la retraite dès 58 à 63 ans sans décote.

Exemple : 
Un cadre né en 1960 ayant commencé à travailler à 20 ans et ayant cotisé 167 trimestres peut partir à la retraite dès 60 ans sans subir de décote, bénéficiant ainsi d’une retraite à taux plein selon son année de naissance (pour les assurés nés en 1964 qui voudraient partir à 60 ans en 2024, il faut 5 trimestres validés avant 18 ans et 171 trimestres cotisés).

Décote et surcote pour les cadres

Pour la retraite de base, les mécanismes de décote et surcote permettent d’ajuster le montant de la pension en fonction de l’âge de départ à la retraite des cadres et du nombre de trimestres cotisés.

Décote

La décote réduit le montant de la pension pour chaque trimestre manquant pour atteindre le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein. Le taux de décote est de 0,625 % par trimestre manquant.

Exemple de décote :
Un cadre ayant cotisé 160 trimestres au lieu des 167 requis subira une décote de 4,375 % (7 trimestres manquants x 0,625 %). Si sa pension initiale était de 30 000 €, elle sera réduite de 1312,50 €, soit un montant final de 28 687,50 € par an.

Surcote

La surcote augmente le montant de la pension pour chaque trimestre supplémentaire travaillé au-delà du nombre de trimestres requis ou de l’âge légal de la retraite. Le taux de surcote est de 1,25 % par trimestre supplémentaire.

Exemple de surcote :
Un cadre ayant travaillé 4 trimestres supplémentaires au-delà de l’âge légal bénéficiera d’une surcote de 5 % (4 trimestres x 1,25 %). Si sa pension initiale était de 30 000 €, elle sera augmentée de 1 500 €, soit un montant final de 31 500 € par an.

Montant de la retraite et calcul

Le montant de la retraite d’un cadre ou cadre supérieur combine la retraite de base et la retraite complémentaire.
Le calcul de la retraite d’un cadre dépend de plusieurs facteurs :

  • Salaire moyen des 25 meilleures années pour la retraite de base.
  • Nombre de trimestres validés.
  • Points de retraite accumulés pour la retraite complémentaire.
  • Taux de liquidation (déterminé en fonction du nombre de trimestres acquis).

Exemple de calcul de la retraite d’un cadre global

Pour calculer la pension totale d’un cadre, il faut additionner le montant de la retraite de base et celui de la retraite complémentaire.

Retraite de base

Le montant de la retraite de base est calculé en prenant 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années.

Retraite complémentaire

Le montant de la retraite complémentaire est calculé en multipliant le nombre de points accumulés par la valeur du point. Si un cadre a accumulé 20 000 points et que la valeur du point est de 1,4386 €, la pension complémentaire sera de 28 772 € par an si les retraites sont liquidées à taux plein.

Montant total

Le montant total de la retraite brute sera la somme des deux montants :

  • Retraite de base : 25 000 €
  • Retraite complémentaire : 28 772 €
  • Total : 53 772 € par an

Neovia vous accompagne dans toutes vos démarches

La retraite des cadres est un sujet complexe qui nécessite une bonne compréhension des différents régimes et des modalités de calcul.
La retraite d’un cadre doit donc être planifiée afin de maximiser ses revenus.
Pour cela, chez neovia, nous sommes à votre disposition pour vous aider à effectuer les démarches nécessaires pour profiter d’une retraite sereine et agréable. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur la retraite moyenne des cadres du privé ou non privé. »

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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