Retraite : j’ai travaillé au Luxembourg, quelle sera ma pension ?

Tout ce qu’il faut savoir sur la retraite après avoir travaillé au Luxembourg : démarches, calcul des droits pour optimiser votre pension.
Sommaire

Vous avez passé une partie de votre carrière à travailler au Luxembourg ? Vous faites donc partie des nombreux travailleurs transfrontaliers qui veulent connaître leurs droits à la retraite après avoir exercé une activité dans ce pays. Cet article vous aidera à comprendre comment sera calculée votre pension de retraite si vous avez travaillé au Luxembourg.

Le système de retraite au Luxembourg

Le système de retraite au Luxembourg est reconnu pour sa stabilité, offrant une couverture complète pour les résidents et les travailleurs transfrontaliers. Il repose sur 3 piliers :

  1. Premier pilier : L’assurance obligatoire administrée par la CNAP
  2. Deuxième pilier : La pension complémentaire
  3. Troisième pilier : L’épargne individuelle

En tant que travailleur frontalier, vous cotisez obligatoirement au premier pilier (et éventuellement au deuxième selon votre employeur).

Les conditions pour obtenir une retraite au Luxembourg

Pour bénéficier d’une pension de retraite au Luxembourg, il est nécessaire de remplir certaines conditions de cotisation :

  • Pour la retraite normale : L’âge légal de la retraite est fixé au Luxembourg à 65 ans. Vous devez avoir cotisé pendant au moins 120 mois d’assurance, (appelé « stage »). Attention, cela ne signifie pas que vous devez avoir travaillé 10 ans au Luxembourg. Vous devez seulement avoir cotisé au minimum 1 année à la caisse de retraite luxembourgeoise. En effet, le calcul de la retraite prend en compte les périodes de cotisation des États membres (UE, EEE et Suisse) dans le calcul de ces 120 mois.
  • Pour la retraite anticipée : vous pouvez partir à la retraite à partir de 57 ans avec au moins 480 mois d’assurance obligatoire, ou à 60 ans avec avec 480 mois d’assurance, dont au minimum 120 mois au titre de l’assurance obligatoire, continuée ou facultative et des périodes d’achat rétroactif.

Plus d’informations sur le site de la Caisse nationale d’assurance pension.

Les accords bilatéraux entre la France et le Luxembourg pour la retraite

Il est très fréquent pour les travailleurs français frontaliers, d’avoir travaillé à la fois au Luxembourg et dans leur pays de résidence. Dans le cadre des accords bilatéraux, la France et le Luxembourg simplifient la gestion des retraites pour les personnes ayant travaillé dans les deux pays :

  • Toutes les périodes de cotisation, en France et au Luxembourg, sont totalisées pour le calcul et l’ouverture de vos droits à la retraite.
  • Chaque pays verse une pension proportionnelle au temps travaillé sur son territoire.

Au moment de la retraite, la personne doit faire sa demande auprès de la caisse de retraite dans son pays de résidence, qui se chargera de faire le lien avec les pays dans lesquels un emploi a été exercé.

À noter :
chaque pays calcule la pension en fonction de la législation nationale et au prorata du temps cotisé sur son territoire. Étant donné que les droits et les conditions de retraite varient d’un pays à l’autre, l’assuré bénéficiera des prestations de chaque pays, uniquement lorsqu’il aura satisfait à la condition d’âge prévue par la législation du pays en question.

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Le calcul de la retraite pour une carrière mixte en France et au Luxembourg

Le montant de votre retraite de base est déterminé après un double calcul réalisé par chaque État dans lequel vous avez cotisé à la retraite :

  • Étape 1 : Calcul de la « retraite nationale » (française) 
Salaire annuel moyen ou revenu annuel moyen 

(moyenne de vos 25 meilleures années) 

X Taux (il varie de 37,5 % à 50 % selon votre nombre de trimestres total) 

X Nombre de trimestres acquis dans les régimes dit « alignés » / 

Nombre de trimestres requis pour votre année de naissance

  • Étape 2 : calcul de la « retraite européenne » ou « communautaire »

Le calcul de la retraite européenne se décompose en deux phases : 

  • 1ère phase : toutes vos périodes validées en France et au Luxembourg sont totalisées pour calculer une « retraite théorique » à laquelle vous auriez pu avoir droit si toutes vos périodes avaient été accomplies en France. 
  • 2e phase : les régimes dits « alignés » proratisent le montant de cette « retraite théorique » en fonction des seuls ­trimestres validés par eux (un seul de ces régimes effectue ce calcul pour tous les régimes « alignés »). 

Ce montant est ensuite ­rapporté à la durée réellement effectuée dans le ou les régimes de retraite français concernés. 

Après comparaison, c’est le montant le plus élevé qui est automatiquement attribué.

J’ai travaillé 2 ans au Luxembourg, quelle sera ma pension ?

Prenons l’exemple de Jean, né en 1962, qui a travaillé 2 ans au Luxembourg et 41 ans en France, avec un salaire annuel moyen de 34 488 €. Pour obtenir la retraite à taux plein, il doit avoir 169 trimestres. 

  • Retraite nationale (française) :
    • Jean a 164 trimestres en France.
    • Sa pension française sera calculée comme suit : 
34 488 € X 46.875 % X (164/169) = 15 688 €*
  • Retraite européenne :
    • En totalisant ses trimestres au Luxembourg et en France, Jean a 172 trimestres.
    • Sa pension européenne sera calculée comme suit :
34 488 € X 50 % X (169/169) X (164/169) = 16 734 €*

Grâce aux accords bilatéraux, Jean bénéficiera de la pension européenne qui est plus élevée que la pension nationale.

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J’ai travaillé 5 ans au Luxembourg, quelle sera ma pension ?

Cette fois-ci, prenons l’exemple de Véronique, née en 1957, qui a travaillé 5 ans au Luxembourg et cotisé 36 ans en France, avec un salaire annuel moyen de 37 000 €. Elle doit avoir 166 trimestres pour obtenir la retraite à taux plein. 

  • Retraite nationale (française) :

    • Véronique a 144 trimestres en France.
    • Sa retraite française sera calculée comme suit : 
37 000 € X 37,5 % X (144/166) = 12 036,14 €*
  • Retraite européenne :
    • En totalisant ses trimestres au Luxembourg et en France, Véronique a 164 trimestres.
    • Sa pension européenne sera calculée comme suit :
37 000 € X 48,750 % X (164/166) X (144/166) = 15 458,47 €*

Grâce à ses 5 années de travail au Luxembourg, Véronique percevra une pension européenne plus avantageuse que sa pension française, en prenant en compte l’intégralité de sa carrière dans ces deux pays.

J’ai travaillé 10 ans au Luxembourg, quelle sera ma pension ?

Catherine a travaillé 10 ans au Luxembourg puis 28 ans en France. Comme elle est née en 1964, elle doit avoir 171 trimestres pour le taux plein. Son salaire annuel moyen est de 34 000 €.

  • Retraite nationale (française) :
    • Catherine a 112 trimestres en France.
    • Sa pension française sera calculée comme suit : 
34 000 € X 40 % X (112/171) = 8 908 €*
  • Retraite européenne :
    • En totalisant ses trimestres au Luxembourg et en France, Catherine a 152 trimestres.
    • Sa pension européenne sera calculée comme suit :
34 000 € X 40 % X (152/171) X (112/171) = 7 917 €*

Dans ce dernier exemple, la retraite nationale est plus élevée que la retraite européenne. Catherine bénéficiera donc automatiquement de la retraite française.

Vous pouvez demander une estimation de votre pension auprès des caisses françaises et luxembourgeoises à partir de vos 55 ans. Pour une estimation personnalisée, il est recommandé de consulter un expert retraite.

*Les exemples de calculs présentés dans cet article sont simplifiés pour des raisons de clarté. Ils visent à illustrer le processus général et peuvent ne pas prendre en compte tous les détails de carrière et exceptions spécifiques des régimes de retraite. Pour une estimation précise, il est conseillé de consulter un expert en retraite.

A retenir :
La coordination entre les systèmes de retraite luxembourgeois et français permet d’optimiser vos droits à la retraite.
Les pensions sont calculées proportionnellement aux périodes cotisées dans chaque pays.
Chaque État fixe le point de départ de la retraite en fonction des dispositions prévues par sa législation.
Consultez un expert en retraite pour un calcul précis et personnalisé

Sources utilisées : 

https://www.cleiss.fr/docs/regimes/regime_luxembourg-salaries.html#vieillesse
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F19666

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F35063

https://www.lesfrontaliers.lu/emploi/la-retraite-au-luxembourg-expliquee-aux-frontaliers/#:~:text=%E2%9C%94%20Ainsi%2C%20contrairement%20%C3%A0%20la,conclu%20une%20convention%20de%20s%C3%A9curit%C3%A9

https://frontaliers-grandest.eu/

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FAQ

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Au-delà des majorations de retard, il existe un risque bien plus lourd : les cotisations non acquittées dans un délai de cinq ans suivant leur exigibilité ne sont plus prises en compte pour le calcul de votre pension. Un arriéré laissé sans solution ne se traduit donc pas seulement par une dette, mais par une perte de droits définitive. En cas de difficulté, un échéancier négocié avec votre caisse préserve vos droits.

 

7 212 € de revenu annuel, soit 600 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier 2026. Chaque trimestre isolé est validé à partir de 1 803 € (150 fois le SMIC horaire). En dessous, la cotisation minimale de retraite de base (573 € en 2026) permet néanmoins de valider trois trimestres.

 

Une assiette sociale unique remplace les deux bases de calcul antérieures : votre revenu professionnel brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, encadré entre 845,86 € et 62 478 € en 2026. Cette assiette sert à toutes les branches, CSG-CRDS comprise. En contrepartie de la baisse mécanique de l’assiette de CSG-CRDS, les barèmes de retraite de base et de maladie ont été relevés. Le niveau global de prélèvement reste comparable, mais la part qui construit vos droits augmente.

 

Non, pas si vous exercez une profession libérale réglementée. L’URSSAF recouvre la maladie-maternité, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle. Vos cotisations de retraite de base, de retraite complémentaire et d’invalidité-décès sont versées directement à votre caisse professionnelle. Seule exception : les professions libérales non réglementées créées depuis le 1er janvier 2018, qui relèvent du régime général.

 

Pour le régime de base CNAVPL en 2026 : 8,73 % sur la tranche 1 (revenus jusqu’à 48 060 €) et 1,87 % sur la tranche 2 (jusqu’à 240 300 €). Le taux de tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 % avec la réforme de l’assiette sociale. Pour la retraite complémentaire, il n’existe pas de taux unique : chaque section professionnelle fixe le sien, sous forme de taux proportionnel, de classes de cotisation ou de forfait.

 

La pension de base se calcule en multipliant le nombre de points acquis sur toute la carrière par la valeur du point (0,6599 € en 2026) et par le taux de liquidation, qui dépend de votre durée d’assurance tous régimes confondus. S’y ajoute la pension complémentaire de votre section professionnelle, calculée selon ses propres règles et sa propre valeur de point. Cette complémentaire représente en moyenne environ 70 % du total perçu.

 

Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

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