Retraite : la liquidation forcée à un âge donné

En droit français, il n’existe pas un âge au-delà duquel il est interdit de travailler.
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Retraite : la liquidation forcée à un âge donné

En droit français, il n’existe pas un âge au-delà duquel il est interdit de travailler. En revanche, il est des situations où le passage à la retraite se fait automatiquement. Néanmoins, reprendre une activité est toujours possible une fois à la retraite.

La mise à la retraite d’office par l’employeur

La mise à la retraite d’office par l’employeur n’est possible qu’à partir de 70 ans. Avant cet âge, votre accord est nécessaire pour la prononcer. 3 mois avant le jour où vous atteignez l’âge du taux plein automatique (entre 65 et 67 ans selon votre date de naissance), il peut vous interroger, par écrit, sur votre éventuel désir de cesser votre activité. Si vous refusez, l’employeur peut réitérer sa demande chaque année. Si vous acceptez, l’indemnité de mise à la retraite vous sera due. Il en va de même, dans le cas d’une mise à la retraite d’office. Avant l’âge du taux plein automatique, la mise à la retraite est interdite.

Retraite : en cas de chômage

En fin de carrière, vous êtes indemnisé par Pôle emploi. Les allocations de retour à l’emploi cessent de vous être versées lorsque vous pouvez prétendre à la retraite à taux plein.

Exemple

À 62 ans, vous n’êtes pas arrivé au terme de votre droit à indemnisation chômage. Toutefois, vous cumulez tous les trimestres pour prétendre au taux plein. Vous devez alors demander votre retraite, pour maintenir un revenu. Vous subissez alors automatiquement la minoration temporaire de 10 % sur votre retraite AGIRC-ARRCO.

L’accord national interprofessionnel du 10 mai 2019 vient assouplir cette règle. Les chômeurs en fin de droit percevant l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) échappe au coefficient de minoration temporaire. L’ASS, versée sous conditions de ressources, prend le relais de l’allocation de retour à l’emploi quand le demandeur d’emploi ne peut plus y prétendre.

Retraite : en cas d’invalidité

Vous devez parfois cesser de travailler, en raison d’une invalidité. Celle-ci vous donne le droit de percevoir une pension de la sécurité sociale. Dans ce cas précis, 6 mois avant vos 62 ans, la caisse vous adresse une demande de retraite à envoyer à la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de santé au travail). Vos retraites de base et complémentaires sont alors liquidées pour inaptitude au travail, à taux plein. La minoration temporaire n’est pas appliquée sur votre retraite AGIRC-ARRCO.

En revanche, si vous travaillez, vous continuez à cumuler votre revenu d’activité avec la pension d’invalidité. Cette combinaison court jusqu’à l’âge d’obtenir le taux plein.

Retraite : le cas particulier des fonctionnaires

À partir d’un certain âge, les fonctionnaires sont mis d’office à la retraite. Ils sont radiés des cadres de l’administration, selon le terme consacré. Cette limite d’âge varie entre 65 et 67 ans selon leur année de naissance, pour ceux occupant un emploi dit sédentaire (la grande majorité des fonctionnaires). Elle varie entre 60 et 62 ans ou 55 et 57 ans pour les fonctionnaires dits actifs (police par exemple).

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Pour les assurés éligibles au taux plein et envisageant un cumul emploi-retraite avant 67 ans, anticiper un départ avant le 1ᵉʳ janvier 2027 peut s’avérer financièrement pertinent. Un bilan retraite personnalisé avec un de nos experts retraite est recommandé pour trancher.

 

Non, il est supprimé pour les pensions liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, y compris pour les retraités en cumul plafonné entre 64 et 67 ans.

 

Oui, mais uniquement pour les périodes travaillées après 67 ans. Avant cet âge, la reprise d’activité ne génère plus de nouveaux droits.

 

Pour les 64-67 ans, un seuil annuel estimé à environ 7 000 € bruts sera cumulable sans impact. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement. Ce montant sera confirmé par décret.

 

Les retraités ayant liquidé leur pension avant le 1ᵉʳ janvier 2027 conservent les règles actuelles, quelle que soit la date de reprise d’activité ultérieure.

 

Pendant la période d’invalidité, la pension est calculée sur 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec un montant compris entre 338,31 € et 2 002,50 €/mois en 2026.À 62 ans, la pension d’invalidité s’arrête et est remplacée automatiquement par une retraite pour inaptitude au travail. Celle-ci est attribuée au taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote et sans condition de trimestres. Le calcul se base alors sur les 25 meilleures années de carrière, ce qui explique que le montant de la retraite est souvent inférieur à celui de la pension d’invalidité perçue auparavant.
Exemple :
Michel, 62 ans, invalide catégorie 2, salaire moyen avant invalidité : 2 000 €/mois
Pendant l’invalidité, sa pension est de 50 % x 2 000 € = 1 000 €/mois.
À 62 ans, le calcul bascule sur les 25 meilleures années. Son salaire moyen tombe à 1 600 €/mois (les années d’invalidité ne comptent pas).
Sa retraite pour inaptitude est donc de 50 % x 1 600 € = 800 €/mois.

 

Non, on ne peut pas cumuler une pension d’invalidité et une retraite en même temps. Ce sont deux dispositifs qui se succèdent, mais ne se cumulent pas.
À 62 ans, la pension d’invalidité prend fin et est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude au travail. Attention, ce n’est pas automatique : il faut en faire la demande 5 mois avant auprès de sa caisse de retraite. 

Dès que l’on commence à bénéficier de la retraite, on ne perçoit plus la pension d’invalidité. L’un prend le relais de l’autre, sans chevauchement possible.

 

La pension d’invalidité ne repose pas sur un nombre de trimestres, mais sur des conditions médicales et professionnelles : avoir perdu au moins deux tiers de sa capacité de travail, être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois. Les trimestres interviennent uniquement de manière indirecte : pendant la période d’invalidité, des trimestres sont automatiquement assimilés pour préserver les droits à la retraite.

 

Les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ouvrent leur droit à la retraite à 62 ans, et non à 64 ans comme le prévoit le relèvement progressif de l’âge légal issu de la réforme de 2023. C’est donc un avantage spécifique aux invalides, qui ne sont pas touchés par ce décalage.
Il est important de noter que ce basculement n’est pas totalement automatique dans les démarches : il faut effectuer une demande de retraite auprès de sa caisse (Carsat ou CNAV), idéalement cinq mois avant ses 62 ans.

 

À 62 ans, la pension d’invalidité est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, attribuée au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), sans décote et sans condition de trimestres. Le montant de la pension d’invalidité varie selon la catégorie : de 338 € à 1 201 €/mois en catégorie 1, de 338 € à 2 002 €/mois en catégorie 2, et de 1 638 € à 3 290 €/mois en catégorie 3 (avec majoration tierce personne). Dans la plupart des cas, le montant de la pension de retraite  est inférieur à celui de la pension d’invalidité, car le calcul se base sur les 25 meilleures années de carrière contre 10 auparavant.

 

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