La retraite progressive permet de réduire son temps de travail tout en percevant une partie de sa retraite. Accessible dès 60 ans, elle offre une transition souple vers la retraite définitive. Conditions, calcul, démarches : voici tout ce qu’il faut savoir sur la retraite progressive en 2026.
L’esssentiel en 4 points :
- Âge d’accès : 60 ans pour tous depuis le 1ᵉʳ septembre 2025
- Trimestres : au moins 150 trimestres validés (37,5 ans), tous régimes de base confondus.
- Activité : entre 40 % et 80 % d’un temps plein (50 % à 90 % pour les fonctionnaires).
- Pension versée : la fraction de retraite correspond à la part non travaillée (ex. 60 % d’activité = 40 % de pension).
Bon à savoir : vous continuez à cotiser et à acquérir des droits ; votre pension définitive est recalculée à votre départ.
Retraite progressive : définition simple
La retraite progressive est un dispositif qui vous permet de lever le pied en fin de carrière sans renoncer à vos revenus. Concrètement, il repose sur trois idées simples :
- Vous réduisez votre activité : vous passez à temps partiel (ou réduisez vos revenus si vous êtes indépendant).
- Vous cumulez salaire et retraite : vous complétez votre salaire à temps partiel par une fraction de votre pension.
- C’est un dispositif temporaire : il s’agit d’une liquidation provisoire, jusqu’à votre départ définitif à la retraite.
Si vous êtes déjà à temps partiel (entre 40 % et 80 %), vous pouvez aussi en bénéficier sans rien changer à votre rythme de travail : une simple attestation suffit, sans nouvelle autorisation de l’employeur. C’est un complément de revenus souvent méconnu.
Quelles sont les conditions pour une retraite progressive ?
Trois conditions s’imposent à tous, quel que soit votre régime de retraite. Une quatrième concerne spécifiquement les salariés.
Âge minimum : 60 ans pour tous
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, quelle que soit votre année de naissance (décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025). Auparavant, l’âge variait de 60 à 62 ans selon la génération. À noter : la suspension de la réforme des retraites prévue par la LFSS 2026 ne remet pas en cause cet accès dès 60 ans, qui reste la règle en 2026.
Bon à savoir : pour les retraites progressives ayant pris effet avant le 1ᵉʳ septembre 2025, l’âge de départ reste celui en vigueur à l’époque (60 à 62 ans selon l’année de naissance).
Nombre de trimestres : au moins 150
Vous devez justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance et de périodes équivalentes (soit 37,5 ans), tous régimes de base confondus.
Temps de travail : entre 40 % et 80 %
Vous devez exercer une activité réduite. Pour les salariés, elle doit représenter entre 40 % et 80 % d’un temps plein. Les fonctionnaires peuvent travailler entre 50 % et 90 %, et les indépendants doivent réduire leurs revenus de 20 % à 60 %.
Pour les salariés à plein temps ou au-delà de 80 %, l’accord de l’employeur est nécessaire pour passer à temps partiel.
Conditions clés en coup d’oeil :
- 60 ans minimum (pour les départs à compter du 1ᵉʳ septembre 2025)
- 150 trimestres validés, tous régimes de base confondus
- Activité entre 40 % et 80 % d’un temps plein (50 % à 90 % pour les fonctionnaires)
Difficile de savoir si vous remplissez les conditions, surtout en cas de carrière multi-régimes ? C’est l’un des points sur lesquels les experts Neovia vérifient votre situation précisément : 95 % des relevés de carrière analysés contiennent au moins une anomalie qui peut fausser votre nombre de trimestres.
Comment fonctionne la retraite progressive
Exemple simple : Marie travaille à 80 % d’un temps plein. Elle perçoit donc 80 % de son salaire, auxquels s’ajoutent 20 % de sa pension de retraite.
Résultat : elle réduit son activité d’une journée par semaine tout en maintenant un revenu proche de son revenu à temps plein.
La logique est toujours la même : la retraite progressive associe une part de revenus d’activité (votre temps partiel) à une part de votre pension.
Plus vous travaillez, plus la fraction de retraite versée est faible et inversement.
La part de pension vient compenser la baisse de salaire liée au temps partiel.
Vous percevez à la fois une fraction de votre retraite de base et, dans la plupart des cas, une fraction de votre retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés), calculées selon les mêmes proportions. Pendant toute la période, vous continuez à cotiser et à valider des droits.
Comment calculer la retraite progressive ?
La règle de base
La fraction de pension versée est égale à 100 % moins votre quotité de travail.
- Vous travaillez à 50 % → vous touchez 50 % de votre pension.
- Vous travaillez à 60 % → vous touchez 40 % de votre pension.
- Vous travaillez à 80 % → vous touchez 20 % de votre pension.
Exemple concret
Dans une entreprise aux 35 heures, un salarié qui travaille 25 heures a une quotité de 25 ÷ 35 = 71 %. La fraction de retraite progressive versée sera donc de 100 − 71 = 29 % de sa pension.
Cas particuliers : les salariés au forfait jours raisonnent en jours travaillés (87 à 174 jours sur 218), et les indépendants comme les libéraux calculent leur fraction sur la base de la baisse de leurs revenus professionnels. Le principe reste le même : la pension compense la part d’activité abandonnée.
Le calcul peut se compliquer en cas de poly-pension (plusieurs régimes), de coefficient de minoration temporaire ou de revenus variables. Une estimation chiffrée évite les mauvaises surprises sur votre revenu mensuel réel.
Qui peut bénéficier de la retraite progressive ?
Depuis la réforme de 2023, la retraite progressive est ouverte à la quasi-totalité des actifs, quel que soit leur statut :
• Salariés du privé (Assurance retraite), y compris les salariés au forfait jours, à employeurs multiples ou employés par des particuliers.
• Salariés et exploitants agricoles (MSA).
• Indépendants : artisans, commerçants (SSI).
• Fonctionnaires (hors catégorie active) relevant du SRE ou de la CNRACL.
• Professions libérales et avocats (CNAVPL, CNBF).
Quelques exceptions subsistent (VRP, certains dirigeants de sociétés commerciales, artisans taxis affiliés à l’assurance volontaire…). Si votre statut est particulier ou si vous avez relevé de plusieurs régimes au cours de votre carrière, mieux vaut faire vérifier votre éligibilité au cas par cas.
Quelles démarches pour demander une retraite progressive ?
La demande consiste à réaliser une liquidation provisoire de votre retraite, auprès de votre dernier régime de base. Voici les trois étapes à anticiper.
1. La demande en ligne
2. L’accord de l’employeur (pour les salariés)
Si vous travaillez à plein temps ou à plus de 80 %, vous devez demander à votre employeur l’autorisation de passer à temps partiel, par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins 2 mois avant la date souhaitée. Sans réponse sous 2 mois, la demande est considérée comme acceptée. Depuis la réforme de 2023, l’employeur ne peut refuser que si la durée demandée est incompatible avec l’activité économique de l’entreprise, et ce refus doit être motivé par écrit.
3. Les documents à réunir
Votre checklist
- Formulaire de demande de retraite progressive (régime de base)
- Formulaire de demande de retraite progressive complémentaire (Agirc-Arrco)
- Attestation de l’employeur indiquant le pourcentage de temps partiel
- Justificatifs d’identité et relevé de carrière à jour
- Pour les indépendants/libéraux : Déclarations fiscales des 5 dernières années
Entre les formulaires, l’attestation employeur et la coordination entre régimes, la constitution du dossier est souvent l’étape la plus chronophage (et la plus source d’erreurs).
C’est exactement ce que Neovia prend en charge à votre place : nos experts réalisent les échanges avec vos caisses de retraite et sécurisent chaque pièce du dossier.
Avantages et inconvénients de la retraite progressive
Les avantages
- Une transition douce : vous levez le pied progressivement, sans rupture brutale entre vie active et retraite.
- Le maintien de vos revenus : la fraction de pension compense en grande partie la baisse de salaire (50 % de pension pour un mi-temps, par exemple).
- L’acquisition de nouveaux droits : vous continuez à valider des trimestres et à cumuler des points ; votre pension définitive est recalculée à votre départ, parfois avec une surcote.
- Un déclencheur sans surcoût si vous êtes déjà à temps partiel : vous touchez un complément de revenus sans modifier votre rythme.
Les inconvénients
- Une baisse des cotisations : vous cotisez sur un revenu réduit, ce qui peut diminuer vos droits futurs (sauf accord pour cotiser sur la base d’un temps plein).
- Une dépendance à l’employeur : le passage à temps partiel reste soumis à son accord, même s’il est désormais encadré.
Bien arbitrée, la retraite progressive est presque toujours gagnante. Encore faut-il en mesurer l’impact exact sur votre pension définitive : c’est l’objet d’un bilan personnalisé.
Les pièges de la retraite progressive
Trois écueils reviennent régulièrement et tous peuvent être évités avec une bonne préparation :
- Une mauvaise estimation des revenus : mal calculer sa quotité ou sa fraction de pension peut conduire à un revenu inférieur à celui espéré, voire à un trop-perçu à rembourser (cas fréquent chez les indépendants).
- Le refus de l’employeur : même encadré, il reste possible. Anticiper la demande et la motiver évite bien des blocages.
- L’impact sur la retraite finale : cotiser sur un salaire réduit peut peser sur la pension définitive si l’on ne sécurise pas le calcul en amont.
Pour chacun de ces points, un expert retraite identifie le bon réglage : quotité optimale, date de bascule, choix de cotiser sur un temps plein…
De quoi transformer un dispositif intéressant en stratégie réellement optimisée.
Comment les experts NEOVIA peuvent vous accompagner ?
Chaque année, Neovia réalise plus de 2 000 accompagnements auprès de chefs d’entreprise, médecins, professions juridiques, artisans, commerçants, cadres et salariés. Notre constat est sans appel : 95 % des dossiers que nous traitons comportent au moins 6 anomalies de carrière (trimestres ou points manquants), susceptibles de fausser votre date de départ et le montant de votre pension.
Sur un projet de retraite progressive, nous vous apportons des réponses concrètes :
- Vérifier votre éligibilité et reconstituer fidèlement votre carrière, même complexe ou multi-régimes.
- Chiffrer votre revenu réel en retraite progressive (salaire + fraction de pension de base et complémentaire).
- Déterminer la quotité optimale et la meilleure date de bascule pour maximiser vos droits.
Prendre en charge toutes vos démarches et les échanges avec vos caisses de retraite, jusqu’au paiement.
Ce qui distingue Neovia
Neovia mise sur un accompagnement humain et sur mesure. Là où une solution en ligne délivre surtout un bilan automatisé à partir de votre relevé, un expert dédié Neovia analyse votre situation, corrige les anomalies auprès des caisses et gère vos démarches à votre place. C’est aussi le seul à proposer une expertise retraite à domicile pour les cadres et salariés qui souhaitent une étude individualisée et confidentielle.
Une offre complète, un bénéfice par solution
- Bilan Retraite Conseil : connaître votre âge de départ optimal et vos futurs revenus.
- Expertise Retraite : optimiser vos droits grâce à l’analyse des dispositifs (rachats, majorations…).
- Expertise de Départ : un audit complet de votre carrière et des démarches simplifiées.
- Liquidation Sérénité : la prise en charge totale de votre départ : zéro stress, zéro oubli, zéro erreur.
- Prestations Complémentaires : rachat de trimestres, pension de réversion et calculs associés.
Sources :
https://www.xn--cfdt-retraits-mhb.fr/25-La-retraite-progressive
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F12842