Le 13 mai 2026, la Cour des comptes a publié son rapport annuel de certification des comptes de la Sécurité sociale. Pour la branche vieillesse, le constat est sans appel : la fiabilité des calculs de pension se dégrade pour la deuxième année consécutive. En 2025, près d’une retraite nouvellement attribuée sur neuf comportait au moins une erreur de portée financière, contre une sur dix en 2024. L’impact cumulé sur la durée de vie des pensionnés concernés est estimé à 1,1 milliard d’euros.
Pour les professionnels indépendants : dirigeants, professions libérales, médicales, juridiques, artisans et commerçants, ce rapport soulève une question particulièrement préoccupante : la Cour des comptes regrette explicitement que les erreurs de calcul ne soient pas mesurées avec la même précision que pour les salariés en ce qui concerne les retraites des indépendants. Autrement dit, pour les profils dont la carrière relève de plusieurs régimes spécifiques, la fiabilité du calcul est encore moins documentée que pour les salariés.
Cet article décrypte les principaux constats du rapport, identifie les sources d’erreur récurrentes, explique pourquoi les indépendants sont particulièrement exposés, et propose les démarches concrètes à engager pour sécuriser ses droits avant la liquidation.
En résumé
- 1 pension sur 9 contient une erreur financière en 2025 (impact estimé à 1,1 milliard €)
- Tendance à la dégradation, erreurs majoritairement au détriment des assurés
- Les indépendants sont particulièrement exposés (multi-régimes, carrières mixtes) mais leur situation est moins bien mesurée que celle des salariés
- Erreurs les plus fréquentes : trimestres manquants, revenus oubliés, majorations non appliquées
- À faire : vérifier son relevé sur info-retraite.fr, idéalement 12 à 18 mois avant le départ
Vous partez à la retraite dans les 18 prochains mois ? Neovia examine votre relevé de carrière lors d’une consultation d’1 h, sans frais et sans engagement, pour repérer les erreurs avant qu’elles ne soient figées à vie.
Les chiffres clés du rapport 2026 de la Cour des comptes
Chaque année, la Cour des comptes procède à la certification des comptes du régime général de la Sécurité sociale. Cette mission, instaurée en 2006, consiste à vérifier la régularité, la sincérité et la fidélité des comptes sociaux au regard des normes comptables en vigueur. La branche vieillesse, qui pilote la retraite des salariés du secteur privé, fait l’objet d’une analyse approfondie.
Les données publiées en mai 2026 portent sur l’exercice 2025. Elles dressent le tableau suivant :
| Indicateur | 2023 | 2024 | 2025 |
| Taux d’erreur financière sur les pensions nouvellement attribuées | 12,4% | 10,5% | Environ 11% (1 sur 9) |
| Impact financier sur la durée de vie des pensionnés | – | 900 M€ | 1,1 Md€ |
| Charges de prestations légales vieillesse | 160,9 Md€ | 167,3 Md€ | |
| Nombre de prestations attribuées | – | – | 956 280 |
La baisse observée entre 2023 et 2024 (de 12,4 % à 10,5 %) avait été présentée comme un signe encourageant. Le rebond de 2025 marque au contraire une dégradation sensible qui interroge sur la capacité du régime général à maîtriser durablement la qualité des liquidations.
Pourquoi les erreurs de calcul de pension s’aggravent en 2026 ?
Au-delà du taux global, plusieurs indicateurs du rapport méritent l’attention :
- Le nombre de majorations en attente de calcul reste très élevé : 1,5 million au titre de la pension de réversion et 0,7 million au titre du minimum contributif, fin novembre 2025.
- Le taux d’erreur à portée financière en faveur ou au détriment des assurés atteint 14,8 % en 2025, contre 13,3 % en 2024.
- La majorité des erreurs s’aggrave lors de la liquidation provisoire, mécanisme qui permet de calculer une pension sans détenir l’ensemble des pièces justificatives, recours fréquent en cas de saturation des caisses.
- Les sources d’erreur identifiées par la Cour concernent les données de carrière elles-mêmes, à l’origine des droits, qu’il s’agisse de l’alimentation par les employeurs, par les travailleurs indépendants ou par les organismes sociaux.
Ces erreurs jouent généralement au détriment de l’assuré : trimestres oubliés, salaires non reportés, majorations non appliquées, points Agirc-Arrco mal comptabilisés.
Une erreur dans votre relevé se répercute chaque mois, à vie. Plutôt que de découvrir l’écart une fois la pension liquidée, faites contrôler vos droits en amont par un expert qui chiffre exactement ce que les caisses vous doivent et pas seulement ce qu’elles s’apprêtent à verser.
Pourquoi les retraites des indépendants sont moins bien contrôlés que celles des salariés ?
C’est probablement le point le plus structurant du rapport pour la cible des professionnels indépendants. La Cour des comptes constate que les erreurs de calcul ne sont pas mesurées avec la même précision pour les indépendants que pour les salariés du régime général.
Cette absence de mesure standardisée s’explique par plusieurs facteurs :
- La multiplicité des régimes auxquels relèvent les indépendants : CNAVPL (caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales), avec ses dix sections professionnelles (CARMF pour les médecins, CARPV pour les vétérinaires, CIPAV pour les architectes et consultants, CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes…), CNBF pour les avocats, SSI (ex-RSI) pour les artisans et commerçants, MSA pour les exploitants agricoles, sans compter les éventuels trimestres au régime général.
- L’hétérogénéité des systèmes d’information entre ces caisses, qui complique la consolidation et l’audit des données.
- La fréquence des carrières mixtes : un dirigeant peut avoir débuté comme salarié, puis avoir cotisé en libéral, puis comme gérant majoritaire, puis à nouveau comme salarié.
Le rapport invite implicitement à une prise de conscience : si le taux d’erreur de 11 % concerne les salariés du régime général dont la carrière est en principe plus linéaire et mieux outillée informatiquement, l’ampleur réelle des erreurs sur les dossiers d’indépendants est probablement supérieure, sans qu’aucune statistique officielle ne vienne le confirmer.
C’est précisément sur ces profils que Neovia s’est spécialisée.
Les simulateurs en ligne couvrent bien les carrières linéaires de salariés ; les carrières multi-régimes et atypiques d’indépendants, elles, échappent souvent aux outils automatisés.
Derrière la reconstitution de votre carrière, c’est toute une équipe d’experts qui vérifie qu’aucune erreur n’est présente dans votre relevé de carrière.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes dans un relevé de carrière ?
Le rapport identifie plusieurs catégories d’anomalies récurrentes, que l’on retrouve également dans les audits que Neovia Retraite réalise chaque année pour ses clients indépendants.
Les trimestres manquants ou mal reportés
C’est la source d’erreur la plus fréquente. Elle touche en particulier :
- Les stages rémunérés et premiers emplois étudiants, souvent antérieurs à l’installation en libéral, dont les justificatifs sont devenus difficiles à retrouver.
- Les périodes de chômage, dont la validation auprès des caisses demande la transmission des attestations Pôle Emploi.
- Les congés maternité, maladie longue durée ou invalidité, qui doivent faire l’objet d’un report spécifique souvent omis.
- Les trimestres acquis pendant le service militaire ou la coopération, fréquemment absents des relevés.
Les salaires ou revenus non pris en compte
Les caisses retiennent, pour le calcul du salaire annuel moyen ou du revenu professionnel moyen, les 25 meilleures années dans le régime général. Une erreur sur les revenus d’une seule année peut donc avoir un impact significatif sur la pension finale. Les omissions concernent principalement :
- Les revenus déclarés tardivement.
- Les revenus issus d’activités secondaires (multi-employeurs, gérance complémentaire).
- Les revenus à l’étranger, lorsque la coordination européenne ou bilatérale n’est pas correctement activée.
Les majorations non appliquées
Plusieurs majorations peuvent être omises lors du calcul :
- La majoration pour enfants (10 % à partir de trois enfants, sous conditions).
- La surcote, pour les périodes travaillées au-delà de l’âge du taux plein.
- Les majorations spécifiques liées à certaines professions (carrière longue, exposition à des facteurs de pénibilité, etc.).
Les points de retraite complémentaire mal comptabilisés
Pour les profils ayant cotisé au régime général en tant que salariés, le report des points Agirc-Arrco fait régulièrement l’objet d’écarts. Ces écarts peuvent représenter plusieurs dizaines, voire centaines d’euros par mois sur la pension complémentaire.
Les périodes à l’étranger mal intégrées
Les expatriations dans l’Union européenne relèvent de la coordination automatique, mais les transferts d’information entre caisses étrangères et françaises génèrent des trous fréquents. Hors UE, l’activation des conventions bilatérales (Suisse, Canada, États-Unis, Japon, etc.) doit faire l’objet d’une démarche spécifique de l’assuré.
Combien de ces anomalies se cachent dans votre relevé ? Un conseiller Neovia les identifie pour vous lors d’un premier échange sans frais et sans engagement, et vous dit immédiatement s’il y a un gain à aller chercher.
Pourquoi les indépendants sont les plus exposés aux erreurs de pension ?
Au-delà des erreurs identifiées par la Cour des comptes pour les salariés, plusieurs facteurs aggravent le risque pour les professionnels indépendants.
La complexité multi-régimes. Un médecin libéral relève de la CARMF pour sa retraite complémentaire et de la CNAVPL pour le régime de base. Un avocat dépend de la CNBF. Un consultant indépendant peut être affilié à la CIPAV ou au SSI selon son statut. Cette diversité multiplie les points de contact administratifs, donc les sources potentielles d’erreur.
Les changements de statut au cours de la carrière. Salarié devenu libéral, libéral passé en société (gérant majoritaire / minoritaire), exercice mixte salarié-libéral : chaque transition est un moment où des droits peuvent ne pas être correctement transférés entre régimes.
Les dispositifs d’optimisation moins connus. Les indépendants disposent de dispositifs spécifiques d’optimisation : rachats Madelin, rachat de trimestres pour années d’études, surcote, majorations sectorielles, souvent ignorés ou mal activés au moment de la liquidation.
Les contrôles automatisés moins efficaces. Les outils de contrôle automatique mentionnés dans le rapport sont prioritairement calibrés sur le régime général. Les caisses spécifiques ne disposent pas du même niveau d’automatisation, ce qui rend les vérifications plus dépendantes du facteur humain et donc plus exposées à l’erreur.
Comment vérifier soi-même son relevé de carrière, étape par étape ?
Pour tout professionnel indépendant, la vérification du relevé de carrière constitue la première étape de sécurisation des droits à la retraite. Voici la marche à suivre :
1. Accéder à votre relevé de carrière. Connectez-vous à votre espace personnel sur info-retraite.fr, service public qui regroupe l’ensemble des régimes de retraite français. Le relevé individuel de situation (RIS) y est accessible à partir de 35 ans, et le relevé de carrière à tout âge.
2. Comparer ligne par ligne avec votre parcours réel. Reconstituez votre carrière professionnelle dans l’ordre chronologique. Pour chaque période, vérifiez :
- Le régime de rattachement (régime général, CNAVPL, CNBF, SSI, MSA…)
- Le nombre de trimestres validés par année
- Le revenu ou salaire annuel pris en compte
- Les points de retraite complémentaire reportés
- L’application éventuelle de majorations
3. Rassembler les justificatifs manquants. Pour les anomalies identifiées, réunissez les pièces nécessaires : bulletins de paie, attestations d’employeur, contrats de travail, déclarations URSSAF, justificatifs de service militaire, attestations Pôle Emploi, certificats de scolarité, etc.
4. Initier les démarches de régularisation. Adressez-vous directement aux caisses concernées en transmettant les justificatifs. Conservez systématiquement une copie datée de vos envois.
Cette démarche, bien que théoriquement accessible à tout assuré, exige une bonne connaissance des règles propres à chaque régime et un temps significatif. Pour les carrières mixtes ou complexes, elle peut représenter plusieurs dizaines d’heures de travail administratif et nécessite parfois la maîtrise de réglementations sectorielles spécifiques. Relancer les caisses demande beaucoup d’énergie et de temps. Là où d’autres se contentent de vous fournir un modèle de courrier à envoyer, Neovia prend en charge l’intégralité des échanges avec vos caisses de retraite : zéro stress, zéro oubli, zéro erreur.
Audit retraite professionnel : sécuriser ses droits avant la liquidation
Lorsque la carrière est complexe :multiplicité de régimes, périodes à l’étranger, changements de statut, exercice mixte, l’audit professionnel du relevé de carrière permet de sécuriser l’ensemble des droits avant le déclenchement de la liquidation.
Cet audit consiste en une reconstitution exhaustive de la carrière, croisée avec l’ensemble des relevés transmis par les caisses, et complétée par une analyse des dispositifs d’optimisation applicables au profil. Il aboutit à un plan de régularisation chiffré et priorisé.
Pourquoi confier cet audit à Neovia Retraite ?
- Un accompagnement humain, pas un simulateur. Vos droits sont reconstitués et recalculés par un expert, qui détermine ce que les caisses vous doivent réellement et non ce qu’elles s’apprêtent simplement à vous verser.
- Une prise en charge complète des démarches. Recherche des justificatifs manquants, montage des dossiers, échanges avec les caisses jusqu’au versement : Neovia agit à votre place, là où les solutions en ligne vous laissent souvent gérer seul les régularisations.
- Une spécialisation des carrières atypiques. Plus de 2 000 accompagnements par an sur les profils que les outils automatisés couvrent mal : dirigeants, libéraux, professions médicales et juridiques, artisans et commerçants.
- Un premier pas sans risque. La première consultation d’1 h est offerte et sans engagement, en agence (Paris, Lyon, Marseille…) ou à distance, selon votre préférence.
Neovia Retraite propose plusieurs niveaux d’accompagnement adaptés aux différents profils d’indépendants :
- L’Expertise Retraite, pour les dirigeants, chefs d’entreprise et professions libérales, qui inclut la reconstitution de carrière et l’analyse des dispositifs réglementaires d’optimisation (régimes, rachats, majorations).
- L’Expertise de Départ, pour les professionnels approchant de la liquidation, qui couvre l’audit approfondi et la gestion intégrale des échanges avec les caisses.
Le moment optimal pour engager un audit se situe entre 12 et 18 mois avant la date envisagée de départ, afin de disposer du délai nécessaire aux éventuelles régularisations auprès des caisses. C’est la fenêtre idéale pour agir. Faites le point avec un conseiller Neovia lors d’une consultation offerte et sans engagement, et repartez avec une vision claire de ce que vous pouvez récupérer.
Sources : Cour des comptes, rapport annuel de certification des comptes du régime général de la Sécurité sociale, mai 2026. Données complémentaires : LFSS 2026, info-retraite.fr.