Dirigeants d’entreprise : tout savoir sur l’exonération de plus-values

Tout savoir sur l’abattement fiscal pour les dirigeants : conditions, avantages et démarches pour la transmission d’entreprise.
Sommaire

À l’heure du départ à la retraite, de nombreux dirigeants d’entreprise se posent la question de la transmission de leur entreprise. Pour alléger la fiscalité liée à cette étape importante, le législateur a prévu un dispositif spécifique. Cet article vous explique tout ce que vous devez savoir sur l’abattement de 500 000 euros applicable aux plus-values lors du départ à la retraite, en mettant l’accent sur les conditions et les modalités d’application pour 2024.

Qu’est-ce que l’abattement de 500 000 euros sous condition de départ à la retraite ?

Les dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) peuvent bénéficier d’un avantage fiscal s’ils vendent leur entreprise en partant à la retraite. Cet avantage est une réduction de 500 000 euros sur les plus-values réalisées lors de la vente de leur entreprise, sous la condition qu’ils partent à la retraite.

La loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 a introduit cet abattement de 500 000 euros pour faciliter la transition des dirigeants vers la retraite sans être lourdement taxés sur les gains issus de la cession de leur entreprise. Ce dispositif a été prolongé par la loi de finances 2022, et est en vigueur jusqu’au 31 décembre 2024.

Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’abattement de 500 000 euros lors du départ à la retraite ?

Conditions relatives à l’entreprise

Pour que l’entreprise soit éligible à cet abattement :

  • Taille de l’entreprise : Elle doit être considérée comme une PME selon la définition européenne, c’est-à-dire :
    – Employer moins de 250 salariés.
    – Réaliser un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros ou avoir un total de bilan inférieur à 43 millions d’euros
  • Localisation : Le siège de l’entreprise doit être situé dans un État de l’Espace économique européen.
  • Fiscalité : Elle doit être soumise à l’impôt sur les sociétés (IS).
  • Activité : L’entreprise doit avoir exercé une activité opérationnelle au cours des cinq années précédant la cession.
  • Nature : L’activité de l’entreprise peut être commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole, ou même en location-gérance, à condition que la vente respecte les termes du contrat de location.

Conditions relatives au cédant

Pour le dirigeant cédant, les conditions suivantes doivent être remplies :

  • Avoir détenu au moins 25 % du capital ou des droits de vote de l’entreprise pendant les cinq années précédant la cession.
  • Avoir exercé une fonction de direction continue pendant cette période. Les fonctions éligibles incluent gérant de SARL, président, directeur général, etc.
  • La rémunération perçue doit être normale et représenter plus de la moitié des revenus professionnels du cédant.

Conditions relatives au départ du dirigeant

Pour bénéficier de l’abattement, le dirigeant doit respecter des délais spécifiques liés à la cessation de ses fonctions et au départ à la retraite.

  • Départ à la retraite et cession : 

Le cédant doit cesser toute fonction de direction et salariale dans l’entreprise vendue. La cession de l’entreprise et le départ à la retraite doivent se faire dans un délai de deux ans, quel que soit l’ordre des opérations.

  • Extension des délais pendant la Covid-19 : 

Ce délai a été porté à trois ans pour les dirigeants ayant pris leur retraite entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2021, avant de vendre leur entreprise.

Quelles sont les modalités d’application de l’abattement ?

Calcul de la durée de détention des titres

Pour les cessions réalisées entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2024, l’imposition des plus-values se fait par une taxation forfaitaire unique de 30 %, sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
L’
abattement de 500 000 euros s’applique aux titres détenus depuis au moins un an.

Options supplémentaires pour l’abattement

Si le dirigeant opte pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, il peut renoncer à l’abattement fixe de 500 000 euros pour bénéficier d’un abattement pour durée de détention renforcé. Cet abattement est de :

  • 50 % pour une durée de détention d’un à moins de quatre ans.
  • 65 % pour une durée de détention de quatre à moins de huit ans.
  • 85 % pour une durée de détention de huit ans ou plus.

Que se passe-t-il pour les dirigeants suite à la réforme des retraites ?

La réforme des retraites a reporté l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Cela complique la situation pour certains dirigeants qui ont déjà vendu leur entreprise en pensant pouvoir partir à la retraite à 62 ans. Certains dirigeants se retrouvent donc incapables de respecter ce délai de deux ans à cause du changement de l’âge de départ à la retraite.

Pour faire face à cette problématique, le ministère de l’Économie a mis en place deux mesures : 

Le maintien de l’avantage fiscal pour certains dirigeants : Le gouvernement dit que les dirigeants qui ont vendu leur entreprise avant la nouvelle loi (14 avril 2023) et qui auraient atteint l’ancien âge légal de la retraite dans les deux ans suivant la vente, mais qui doivent maintenant attendre jusqu’à 64 ans, ne perdront pas l’avantage fiscal de 500 000 euros.

L’exonération pour la vente d’une entreprise individuelle : De la même manière, pour ceux qui vendent leur entreprise individuelle et partent à la retraite, l’exonération des gains de vente reste valable si toutes les autres conditions sont remplies, même avec le nouvel âge de départ à la retraite.

Le gouvernement a ainsi ajusté les règles pour que ceux qui ont déjà vendu leur entreprise ne soient pas pénalisés par le changement de l’âge de départ à la retraite. Les dirigeants concernés continueront à bénéficier des avantages fiscaux prévus, même s’ils doivent attendre plus longtemps pour prendre leur retraite.

Exemples concrets

Exemple n°1 :
Mme Martin, dirigeante d’une SARL qu’elle a fondée il y a 20 ans, a prévu de vendre son entreprise en août 2024 pour 800 000 euros. Elle partira à la retraite un an après la vente. Mme Martin a toujours détenu 40 % des parts de la société et a exercé sa fonction de gérante de manière continue avec une rémunération normale.

Dans ce cas, Mme Martin peut bénéficier de l’abattement de 500 000 euros lors de son départ à la retraite. Elle ne sera imposée que sur les 300 000 euros restants (800 000 euros – 500 000 euros). À un taux forfaitaire de 30 %, son impôt sur les plus-values sera de 90 000 euros (300 000 euros x 30 %), au lieu de 240 000 euros sans abattement (800 000 euros x 30 %).

Exemple n°2 :
M. Dupont est dirigeant d’une PME de 200 salariés avec un chiffre d’affaires annuel de 40 millions d’euros. Il a détenu 30 % du capital de son entreprise pendant les 10 dernières années et prévoit de prendre sa retraite le 1er octobre 2024. M. Dupont a déjà cédé son entreprise en 2023 pour un gain total de 1,2 million d’euros.

Grâce à l’abattement de 500 000 euros, M. Dupont ne sera imposé que sur les 700 000 euros restants. Avec une imposition forfaitaire de 30 %, il devra payer 210 000 euros d’impôt sur les plus-values (700 000 euros x 30 %). S’il avait dû payer l’impôt sur la totalité de la plus-value sans abattement, il aurait payé 360 000 euros d’impôt (1 200 000 euros x 30 %).

A retenir :
Les dirigeants de PME peuvent bénéficier d’une exonération fiscale de 500 000 euros s’ils vendent leur entreprise en partant à la retraite.
L’entreprise doit être une PME avec moins de 250 salariés et un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros.
Le dirigeant doit cesser toute activité dans l’entreprise et faire valoir ses droits à la retraite dans un délai de 24 mois avant ou après la date de cession de l’entreprise.

 

Neovia ne propose aucune prestation sur la fiscalité.
Les informations indiquées dans cet article sont à titre indicatif. 

 

Sources utilisées : 

https://www.entreprises.cci-paris-idf.fr/web/reglementation/developpement-entreprise/droit-fiscal/exoneration-plus-values-depart-retraite-dirigeant

https://www.senat.fr/questions/base/2023/qSEQ230406476.html

https://www.actu-juridique.fr/fiscalite/droit-fiscal/cession-dentreprise-et-depart-a-la-retraite-plus-quun-an-pour-beneficier-de-labattement-de-500-000-e/

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FAQ

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Au-delà des majorations de retard, il existe un risque bien plus lourd : les cotisations non acquittées dans un délai de cinq ans suivant leur exigibilité ne sont plus prises en compte pour le calcul de votre pension. Un arriéré laissé sans solution ne se traduit donc pas seulement par une dette, mais par une perte de droits définitive. En cas de difficulté, un échéancier négocié avec votre caisse préserve vos droits.

 

7 212 € de revenu annuel, soit 600 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier 2026. Chaque trimestre isolé est validé à partir de 1 803 € (150 fois le SMIC horaire). En dessous, la cotisation minimale de retraite de base (573 € en 2026) permet néanmoins de valider trois trimestres.

 

Une assiette sociale unique remplace les deux bases de calcul antérieures : votre revenu professionnel brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, encadré entre 845,86 € et 62 478 € en 2026. Cette assiette sert à toutes les branches, CSG-CRDS comprise. En contrepartie de la baisse mécanique de l’assiette de CSG-CRDS, les barèmes de retraite de base et de maladie ont été relevés. Le niveau global de prélèvement reste comparable, mais la part qui construit vos droits augmente.

 

Non, pas si vous exercez une profession libérale réglementée. L’URSSAF recouvre la maladie-maternité, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle. Vos cotisations de retraite de base, de retraite complémentaire et d’invalidité-décès sont versées directement à votre caisse professionnelle. Seule exception : les professions libérales non réglementées créées depuis le 1er janvier 2018, qui relèvent du régime général.

 

Pour le régime de base CNAVPL en 2026 : 8,73 % sur la tranche 1 (revenus jusqu’à 48 060 €) et 1,87 % sur la tranche 2 (jusqu’à 240 300 €). Le taux de tranche 1 est passé de 8,23 % à 8,73 % avec la réforme de l’assiette sociale. Pour la retraite complémentaire, il n’existe pas de taux unique : chaque section professionnelle fixe le sien, sous forme de taux proportionnel, de classes de cotisation ou de forfait.

 

La pension de base se calcule en multipliant le nombre de points acquis sur toute la carrière par la valeur du point (0,6599 € en 2026) et par le taux de liquidation, qui dépend de votre durée d’assurance tous régimes confondus. S’y ajoute la pension complémentaire de votre section professionnelle, calculée selon ses propres règles et sa propre valeur de point. Cette complémentaire représente en moyenne environ 70 % du total perçu.

 

Une retraite classique s’ouvre à l’âge légal (62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et le 1er trimestre 1965) et applique une décote si la durée d’assurance requise n’est pas atteinte. La retraite pour inaptitude s’ouvre dès 62 ans et garantit le taux plein quel que soit le nombre de trimestres, en contrepartie d’une reconnaissance médicale d’incapacité définitive d’au moins 50 %. Le montant reste calculé sur les mêmes bases : seul le taux de liquidation change.

 

L’avantage principal est financier et définitif : la pension de base est liquidée au taux plein de 100 % sans condition de durée d’assurance, ce qui évite une décote pouvant atteindre 25 %. S’y ajoutent un départ possible dès 62 ans, avant l’âge légal, et des effets favorables sur certaines complémentaires (majoration de 13 % à la CARMF, liquidation sans minoration dès 60 ans à la CARPIMKO). En contrepartie, la reprise d’une activité libérale est encadrée, voire exclue selon les sections.

 

Il n’existe pas de montant forfaitaire. Pour un professionnel libéral, la pension de base se calcule en multipliant les points acquis par la valeur du point (0,6599 € au 1er janvier 2026), le taux de liquidation étant porté à 100 % par l’inaptitude. S’y ajoute la retraite complémentaire de votre section, selon des règles qui lui sont propres. L’inaptitude supprime la décote, mais ne compense pas une carrière courte ou des revenus faibles : contrairement aux salariés, les libéraux ne bénéficient d’aucun minimum contributif sur leur régime de base.

 

Aucune ponction des réserves des caisses libérales vers le régime général n’a été décidée à ce jour. Le sujet revient régulièrement dans le débat budgétaire, mais il relève à ce stade de l’hypothèse. Des mécanismes de transfert existent en revanche déjà de longue date, comme la compensation démographique généralisée.

 

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