La liquidation de la seconde pension de retraite

Comment obtenir la liquidation de la seconde pension de retraite depuis la réforme des retraites de 2023 ? Découvrez les conditions.
Sommaire

En résumé :
L’acquisition de nouveaux droits à la retraite se fait seulement dans le cadre du cumul emploi-retraite libéralisé, avec l’application d’un délai de carence de 6 mois en cas de reprise d’activité chez le même employeur par un salarié ;
La seconde pension de retraite est calculée selon les modalités de la première pension, à taux plein, et est plafonnée à 5 % du PASS (2 318 euros annuels bruts en 2024) ;
Seuls les régimes de base sont concernés par la seconde pension de retraite, les régimes complémentaires étant libres de la mettre en place selon leurs propres modalités.

Réforme des retraites : l’acquisition de nouveaux droits à la retraite en cumul emploi-retraite

Jusqu’à présent, la liquidation d’une première pension de retraite gelait vos droits et ne vous permettait plus d’acquérir de nouveaux droits à la retraite.

C’est de l’histoire ancienne car, depuis la réforme des retraites de 2023, les salariés, indépendants, libéraux et exploitants agricoles ont maintenant la possibilité de liquider deux pensions de retraite successivement, sous certaines conditions.
Dans cet article, vous saurez tout sur les modalités de cette seconde pension de retraite.

Les conditions de l’acquisition de droits nouveaux

La première condition permettant l’acquisition de droits nouveaux après la liquidation d’une première retraite, est de se trouver dans le cadre du cumul emploi-retraite libéralisé. Cela signifie que vous devez impérativement avoir liquidé l’intégralité de vos retraites à taux plein après l’âge légal applicable à votre génération, pour que les cotisations versées par la suite soient génératrices de droits.

Ainsi, si vous êtes retraité et poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, les cotisations versées ne le sont plus à perte, comme c’était le cas auparavant, mais vous ouvrent droit à une seconde pension de retraite, et ce pour les cotisations versées depuis le 1er janvier 2023. Par ailleurs, cette seconde pension ouvrira également droit, comme la première retraite, à une pension de réversion à votre décès.

Une condition supplémentaire s’applique si vous êtes salarié et que vous avez liquidé votre première pension après le 15 octobre 2023 : en cas de reprise d’activité chez le même employeur, il vous faut respecter un délai de carence de 6 mois entre la liquidation de votre première pension et la reprise de votre emploi, pour pouvoir bénéficier de ce nouveau dispositif.

Attention, après la liquidation de cette seconde pension de retraite, vous n’aurez plus la possibilité d’acquérir de nouveaux droits à la retraite, aucune autre pension de retraite ne pourra être liquidée. Il est donc préférable de procéder à la liquidation de votre seconde pension à la cessation définitive de toute activité professionnelle.

Le montant de la nouvelle seconde pension de retraite

Depuis le 1er septembre 2023, vous pouvez liquider votre seconde pension de retraite sur le droits acquis durant votre cumul emploi-retraite libéralisé. La demande doit se faire auprès de votre dernier régime d’affiliation.

Le montant de cette seconde pension est calculé selon la même formule de calcul applicable à la première pension de retraite, et donc différera selon votre dernière caisse d’affiliation (lien vers article). Votre seconde pension se verra appliquer automatiquement le taux plein, et ne sera affublée d’aucune décote, surcote, ni majoration de quelque nature que ce soit. Ainsi, si vous avez trois enfants ou plus, la majoration familiale que vous aviez eu lors de la liquidation de la première pension ne sera pas appliquée à la seconde pension.

Par ailleurs, seules les cotisations effectivement versées seront génératrices de droit. Cela signifie que toutes les périodes dites « assimilées » (lien vers article) ne vous permettront pas d’acquérir des droits nouveaux, contrairement à ce qui était le cas pour la première pension.

Enfin, le montant de la seconde pension de retraite de base est plafonné à 5 % du Plafond annuel de la sécurité sociale (PASS).  Ainsi, si vous faites liquider votre seconde pension en 2024, elle ne pourra pas être supérieure à 2 318 euros bruts annuels, soit 193 euros bruts mensuels.

Si vous êtes un artisan ou commerçant avec des revenus au moins égaux au PASS (46 368 euros en 2024), vous avez donc tout intérêt à liquider votre seconde pension au bout de 5 années de cotisation car vous atteindrez le plafond à cette date. De la même manière, si vous exercez une profession libérale avec les mêmes revenus, le plafond sera atteint au bout de 7 années de cotisations.

Cas des régimes complémentaires pour la liquidation de la seconde pension de retraite

Les régimes de retraite complémentaires ne sont pas concernés par ce nouveau dispositif d’acquisition de droits nouveaux. La loi les laisse donc libres de mettre en place un dispositif permettant la liquidation d’une seconde pension ou de ne pas le faire. Pour l’instant, quelques régimes de retraite complémentaire ont d’ores et déjà annoncé mettre en place un tel dispositif.

Ainsi, si vous êtes salarié du secteur privé dans le cadre du cumul emploi-retraite libéralisé, vos cotisations auprès de l’Agirc-Arrco versées depuis le 1er janvier 2023 vous permettent d’obtenir des droits nouveaux à la retraite. Attention, cette acquisition se fait seulement sur la première tranche de cotisation, effectuée sur votre salaire allant jusqu’au PASS. Pour la part du salaire dépassant le PASS, des cotisations sont effectivement versées mais restent non génératrices de droit (lien vers article). Pour vous donner un ordre d’idée, si vous avez un salaire au moins égal au PASS, les cotisations versées sur une année vous rapporteront environ 15 euros de pension de retraite mensuel net.

De la même manière, si vous êtes artisan ou commerçant dans le cadre du cumul emploi-retraite libéralisé, vos cotisations auprès de la retraite complémentaire des indépendants (RCI) vous permettront également d’obtenir des droits nouveaux à la retraite. Cependant, ce dispositif ne se mettra en place qu’à partir du 1er janvier 2025, c’est ce qui a été annoncé dans un communiqué du 16 mai 2024 (lien : https://secu-independants.fr/files/live/sites/ssi/files/mediatheque/Espace_telechargement/Presse/CPSTI-communique-presse-nouveaux-droits-retraite-complementaire.pdf)

 « 

Besoin d'un conseil ?

  • Notre consultant en expertise retraite est à votre disposition pendant un rdv d’1h sans frais et sans engagement

 

  • 95% des relevés de carrière contiennent en moyenne 6 erreurs

 

  • Faites vous conseiller sur les meilleurs dispositifs (retraite anticipée, cumul emploi-retraite, rachat de trimestres…)

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Cela dépend de l’option et de votre situation. Le rachat au taux seul, qui efface la décote, est généralement rentable assez vite ; le rachat taux + durée l’est beaucoup plus lentement. La déduction fiscale améliore nettement le calcul, surtout si vous êtes fortement imposé. Pour les hauts revenus, l’effet sur la retraite complémentaire peut faire pencher la balance. Un calcul personnalisé est indispensable avant de décider.

 

12 trimestres maximum sur l’ensemble de la carrière, au titre des études supérieures et/ou des années incomplètes. S’y ajoutent, sous conditions, jusqu’à 2 trimestres de stages en entreprise à tarif réduit. Dans tous les cas, on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an.

 

Idéalement 4 à 5 ans avant la date de départ souhaitée : les règles de calcul sont alors connues et le gain comme l’économie d’impôt peuvent être chiffrés précisément. Racheter trop tôt (avant 30 ans) fait courir le risque de payer pour des trimestres qui deviendront inutiles.

 

Au régime général, comptez entre 1 500 € et 4 500 € par trimestre au titre du taux seul, et jusqu’à 6 500 € au titre du taux + durée. Le prix exact dépend de votre âge, de vos revenus des 3 dernières années et de l’option choisie. Le barème est fixé chaque année par la CNAV.

 

La retraite progressive permet de percevoir une partie de sa retraite tout en exerçant une ou plusieurs activités à temps partiel. En revanche, le cumul avec d’autres dispositifs est encadré :

  • Avec une activité salariée : si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas exercer une activité indépendante en parallèle (et vice versa).
  • Avec le cumul emploi-retraite : la retraite progressive est une alternative au cumul emploi-retraite, et non un dispositif qui s’y ajoute. 

Après la retraite définitive : une fois admis à la retraite définitive, si vous poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, celle-ci est soumise aux règles du cumul emploi-retraite.

 

Le montant perçu dépend directement du temps de travail. Une retraite provisoire est calculée sur la base des droits acquis au moment de la demande, et la part versée est proportionnelle à la réduction d’activité. Par exemple, travailler à 65 % donne droit à 35 % de sa retraite. 

À cela s’ajoute le salaire à temps partiel, ce qui permet de maintenir un niveau de revenus global satisfaisant.

Le montant de la retraite progressive est provisoire : la pension sera recalculée et généralement revalorisée lors du départ définitif en retraite, en tenant compte des cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

 

Oui, l’employeur peut refuser une demande de retraite progressive. Toutefois, la loi encadre désormais strictement les motifs de refus : l’employeur doit justifier son refus par les conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l’activité de l’entreprise, ou par des difficultés de recrutement sur le poste concerné. Un employeur invoquant des arguments inexacts s’expose à un recours aux prud’hommes. 

En l’absence de réponse de l’employeur dans les 2 mois suivant la demande, celle-ci est considérée comme acceptée.

 

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, quelle que soit l’année de naissance.

 

Oui, en principe. La fusion n’a modifié ni les droits acquis, ni les taux de cotisation. En pratique, des trimestres ou des revenus ont parfois été mal repris lors du transfert : faire vérifier son relevé de carrière avant de partir est vivement recommandé.

 

Comme pour les salariés : une retraite de base assise sur le revenu annuel moyen des 25 meilleures années (taux de 50 % au taux plein, avec décote ou surcote selon les trimestres), complétée par une retraite complémentaire des indépendants calculée en points. Les droits acquis avant 2018 sont intégralement conservés.

 

Vous n’avez pas trouvé la réponse ?

Contactez-nous pour obtenir une réponse et un accompagnement personnalisé

Pour aller plus loin

Découvrez tous nos articles pour vous aider à appréhender votre départ à la retraite.

Nos solutions

Chaque année, nous réalisons plus de 2000 accompagnements auprès de chefs d’entreprise, médecins, professions juridiques, artisans/commerçants ou salariés/cadres.

Neovia ne propose pas une solution retraite, mais plusieurs, personnalisées et adaptées à chaque profil et à chaque situation : Bilan Retraite Conseil, Expertise Retraite, Expertise de Départ…

Nos experts possèdent une connaissance pointue des régimes de retraite, des carrières complexes et des spécificités sectorielles. Ils vous apportent des résultats concrets : reconstitution de carrière, sécurisation des droits, optimisation de votre retraite et audits de relevé de carrière pour déceler les éventuelles erreurs.

 

Audit de retraite

Bilan Retraite Conseil

Réservé aux cadres et salariés, ce diagnostic personnalisé vous permet de connaître l'âge de départ optimal et le montant de vos revenus pour préparer sereinement votre retraite.

Niveau d'accompagnement

1/5

Expertise Retraite

Dirigeants, chefs d’entreprise et professions libérales, après reconstitution fidèle de votre carrière, nous analysons les dispositifs réglementaires (régimes, rachats, majorations…) permettant d’optimiser votre retraite.

Niveau d'accompagnement

3/5

Expertise Retraite à Domicile

Un service premium et confidentiel, réservé uniquement aux cadres et salariés. Sur rendez-vous, un expert Neovia vous rend visite pour une étude retraite sur mesure et individualisée.

Niveau d'accompagnement

4/5

Votre profil

Vous avez un statut de dirigeant, professions libérale, médicale ou juridique, artisan/commerçant ou cadre ?

Vous avez besoin de mieux connaître vos droits ?

Découvrez tous nos conseils et prestations associées pour vous accompagner.

Dirigeant

Neovia accompagne les dirigeants pour sécuriser et optimiser leur retraite.

Profession médicale

Neovia accompagne les médecins et libéraux pour une retraite sereine et simplifiée.

Profession libérale

Neovia aide les professionnels à y voir clair dans leur retraite grâce à une approche sur mesure.

Profession juridique

Neovia accompagne les professions juridiques avec l’expertise nécessaire pour une retraite maîtrisée.

Artisan/ Commerçant

Neovia accompagne les artisans et commerçants pour optimiser et sécuriser leur retraite.

Cadre supérieur/ Expatrié

Neovia aide les cadres aux parcours complexes à reconstituer leur carrière et optimiser leur retraite.

DRH

Neovia vous aide à gérer la retraite de vos salariés grâce à des prestations adaptées à vos besoins.