Liquidation retraite et rachat : Puis-je racheter des trimestres ?

Apprentissage, études supérieures, années incomplètes, expatriation : certaines situations de votre carrière vous permettent d’acquérir des trimestres
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Apprentissage, études supérieures, années incomplètes, expatriation : certaines situations de votre carrière vous permettent d’acquérir des trimestres de cotisations supplémentaires. Reste à savoir si vous avez intérêt à le faire… En effet, selon les cas, les coûts peuvent être très différents, tout comme l’incidence sur les montants et la date de départ en retraite.

 

Pourquoi racheter des trimestres ?

L’intérêt d’acquérir des trimestres de cotisations supplémentaires est de bénéficier au plus tôt d’une retraite à taux plein. Le rachat de trimestres dans le seul régime de base agit mécaniquement sur vos retraites complémentaires.

Exemple :
Vous êtes né en 1956 et désirez partir à la retraite en 2018, à 62 ans. Vous devez avoir 166 trimestres pour obtenir vos retraites à taux plein. Or il vous manque 6 trimestres. Avec 160 trimestres, votre retraite de base subira une décote et vos complémentaires Arrco-Agirc un coefficient de minoration pour carrière courte. Vos années d’étude vous permettent de racheter 6 trimestres. En opérant un rachat dans le seul régime général, votre retraite de base sera liquidée au taux plein et vos complémentaires sans abattement.

Avant tout rachat, reconstituez minutieusement votre carrière

Dans tous les cas, n’envisagez un rachat qu’après avoir vérifié minutieusement votre carrière et son enregistrement auprès des différents régimes auxquels vous avez appartenu. Ce travail fastidieux et souvent complexe peut à lui seul vous permettre d’obtenir des trimestres supplémentaires

Les différents types de rachats pour les salariés

En reconstituant votre carrière, vous pouvez découvrir des années qui ne sont pas comptabilisées ou pour lesquelles vous ne totalisez pas quatre trimestres. Votre situation et votre activité de l’époque déterminent le type de rachat auquel vous pouvez prétendre.

1. Périodes d’apprentissage

Vous avez été apprenti avant juillet 1972 : vos cotisations de l’époque ne valident certainement pas quatre trimestres par année. Vous pouvez dans ce cas payer les arriérés de cotisations pour valider les trimestres manquants.

Vous avez été apprenti entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013 : si pendant la période en cause, vous n’avez pas validé 4 trimestres par an, vous pouvez racheter jusqu’à 4 trimestres à prix préférentiel.

2. Versement pour la retraite

Vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres au titre de vos années d’études supérieures (sanctionnées par un diplôme) ou des années incomplètes dans le cadre du « Versement pour la retraite » (VPLR). Vous avez deux options : racheter pour augmenter le taux de liquidation de la pension ou racheter pour augmenter le taux et le nombre de trimestres rapporté à la durée de référence. Le VPLR reste dans tous les cas un investissement assez important, dont il faut bien évaluer l’intérêt.

3. Activité à l’étranger

Si vous avez exercé une activité à l’étranger, vérifiez qu’il existe une convention avec la France et que cette période est bien validée par le régime du pays concerné. A défaut, vous pouvez racheter une partie ou l’intégralité des trimestres à un prix équivalent à celui du VPLR. Attention, ce rachat doit être effectué dans les dix ans qui suivent votre dernière activité à l’étranger, et ce même s’il ne s’agit pas du pays concerné par les périodes que vous souhaitez racheter.

A savoir :
Ces différents types de rachats sont retenus pour l’étude des droits à la retraite anticipée, sauf le VPLR. Il est également possible de racheter des points auprès de l’Arrco et de l’Agirc et d’augmenter ainsi le montant de ses complémentaires.

4. Versement pour la retraite (VPLR)

Vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres au titre de vos années d’études supérieures (sanctionnées par un diplôme) ou des années incomplètes dans le cadre du Versement pour la retraite (VPLR). Si vous avez été salarié tout de suite après vos études, votre demande devra être présentée au régime général.

Les périodes antérieures à 2007 pendant lesquels votre conjoint a travaillé de façon permanente et réelle dans l’entreprise, sans avoir de statut, peuvent donner lieu à rachat de 24 trimestres au maximum.

A savoir :
Il est possible aussi de racheter des périodes d’activité commerciale ou artisanale effectuées à l’étranger.

5. Rachat Madelin

Le rachat Madelin vous permet de compléter les années non validées par quatre trimestres à un coût plus intéressant que le VPLR. Toutefois les conditions d’accès sont plus strictes :

  • Vous devez être à jour dans le paiement des cotisations vieillesse et invalidité-décès.
  • Pendant la période incomplète pour laquelle vous désirez opérer le rachat, vous deviez exercer votre activité commerciale ou artisanale à titre exclusif.
  • Le rachat ne peut concerner que les 6 dernières années pour lesquels le revenu est définitivement connu.

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Cela dépend de l’option et de votre situation. Le rachat au taux seul, qui efface la décote, est généralement rentable assez vite ; le rachat taux + durée l’est beaucoup plus lentement. La déduction fiscale améliore nettement le calcul, surtout si vous êtes fortement imposé. Pour les hauts revenus, l’effet sur la retraite complémentaire peut faire pencher la balance. Un calcul personnalisé est indispensable avant de décider.

 

12 trimestres maximum sur l’ensemble de la carrière, au titre des études supérieures et/ou des années incomplètes. S’y ajoutent, sous conditions, jusqu’à 2 trimestres de stages en entreprise à tarif réduit. Dans tous les cas, on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an.

 

Idéalement 4 à 5 ans avant la date de départ souhaitée : les règles de calcul sont alors connues et le gain comme l’économie d’impôt peuvent être chiffrés précisément. Racheter trop tôt (avant 30 ans) fait courir le risque de payer pour des trimestres qui deviendront inutiles.

 

Au régime général, comptez entre 1 500 € et 4 500 € par trimestre au titre du taux seul, et jusqu’à 6 500 € au titre du taux + durée. Le prix exact dépend de votre âge, de vos revenus des 3 dernières années et de l’option choisie. Le barème est fixé chaque année par la CNAV.

 

La retraite progressive permet de percevoir une partie de sa retraite tout en exerçant une ou plusieurs activités à temps partiel. En revanche, le cumul avec d’autres dispositifs est encadré :

  • Avec une activité salariée : si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas exercer une activité indépendante en parallèle (et vice versa).
  • Avec le cumul emploi-retraite : la retraite progressive est une alternative au cumul emploi-retraite, et non un dispositif qui s’y ajoute. 

Après la retraite définitive : une fois admis à la retraite définitive, si vous poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, celle-ci est soumise aux règles du cumul emploi-retraite.

 

Le montant perçu dépend directement du temps de travail. Une retraite provisoire est calculée sur la base des droits acquis au moment de la demande, et la part versée est proportionnelle à la réduction d’activité. Par exemple, travailler à 65 % donne droit à 35 % de sa retraite. 

À cela s’ajoute le salaire à temps partiel, ce qui permet de maintenir un niveau de revenus global satisfaisant.

Le montant de la retraite progressive est provisoire : la pension sera recalculée et généralement revalorisée lors du départ définitif en retraite, en tenant compte des cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

 

Oui, l’employeur peut refuser une demande de retraite progressive. Toutefois, la loi encadre désormais strictement les motifs de refus : l’employeur doit justifier son refus par les conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l’activité de l’entreprise, ou par des difficultés de recrutement sur le poste concerné. Un employeur invoquant des arguments inexacts s’expose à un recours aux prud’hommes. 

En l’absence de réponse de l’employeur dans les 2 mois suivant la demande, celle-ci est considérée comme acceptée.

 

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, quelle que soit l’année de naissance.

 

Oui, en principe. La fusion n’a modifié ni les droits acquis, ni les taux de cotisation. En pratique, des trimestres ou des revenus ont parfois été mal repris lors du transfert : faire vérifier son relevé de carrière avant de partir est vivement recommandé.

 

Comme pour les salariés : une retraite de base assise sur le revenu annuel moyen des 25 meilleures années (taux de 50 % au taux plein, avec décote ou surcote selon les trimestres), complétée par une retraite complémentaire des indépendants calculée en points. Les droits acquis avant 2018 sont intégralement conservés.

 

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