Selon le rapport annuel de certification des comptes de la Sécurité sociale publié en mai 2026, une pension de retraite sur neuf comportait une erreur financière en 2025. Ces erreurs peuvent concerner des trimestres manquants, des revenus non reportés ou encore des points de retraite complémentaire mal comptabilisés.
C’est particulièrement le cas pour les dirigeants lors d’un changement de statut ou de fluctuations de revenus.
Alors, comment les identifier et les corriger ? Les experts Neovia vous conseillent.
En résumé
- Les erreurs sont fréquentes : selon le rapport de certification des comptes de la Sécurité sociale (mai 2026), une pension sur neuf comportait une erreur financière en 2025. Il s’agit de trimestres manquants, de revenus non reportés ou de points de retraite complémentaire mal comptabilisés.
- Les dirigeants sont les plus exposés : les données viennent de plusieurs sources (employeurs, Urssaf, France Travail, Assurance maladie). Un changement de statut ou des revenus fluctuants augmentent le risque d’anomalies.
- Ce qu’il faut vérifier sur Info-Retraite : les années à moins de quatre trimestres, les écarts entre trimestres et points, les baisses de revenus inexpliquées, les périodes suivant un changement de statut et la part des dividendes dans votre rémunération.
- Certains droits sont à signaler vous-même : activité à l’étranger, chômage non indemnisé, rôle d’aidant, majorations pour enfant, affiliation de parent au foyer.
- Une année incomplète n’est pas toujours une erreur : on ne valide pas plus de quatre trimestres par an, et les dividendes ne génèrent pas de droits à la retraite.
Les données issues du régime général
Les pensions de base des salariés et des dirigeants assimilés salariés (présidents de SAS ou de SASU et gérants minoritaires de SARL) sont calculées à partir des rémunérations ayant donné lieu à des cotisations. Ces salaires sont connus du régime général grâce aux déclarations sociales annuelles des employeurs.
Pour les travailleurs indépendants (TNS) (gérants majoritaires de SARL et les entrepreneurs individuels), les cotisations sociales versées à l’Urssaf permettent de valider des trimestres pour la retraite de base et d’acquérir des points pour la retraite complémentaire. Elles sont calculées sur la base de leurs revenus professionnels.
D’autres organismes transmettent également des informations à votre caisse de retraite. Les périodes de chômage pouvant donner lieu à des trimestres validés sont communiquées par France Travail, tandis que les périodes d’arrêt maladie sont transmises par l’Assurance maladie.
Toutes ces informations proviennent donc de différentes sources, c’est pourquoi des erreurs peuvent apparaître sur votre relevé de carrière.
Les points d’attention sur le relevé de carrière
Pour consulter votre relevé de carrière, rendez-vous sur le site Info-Retraite.
Celui-ci retrace, année après année, le revenu professionnel ayant servi de base au calcul de vos cotisations, le nombre de trimestres validés et les points de retraite complémentaire acquis. Ces points sont enregistrés auprès de l’Agirc-Arrco pour les salariés et dirigeants assimilés salariés, ou auprès du régime correspondant à votre activité si vous êtes travailleur non-salarié (TNS).
Vérifiez bien que vos différentes périodes d’activité apparaissent et que les revenus, trimestres et points acquis correspondent à votre parcours professionnel. Soyez particulièrement vigilant si vous avez changé de statut au cours de votre carrière ou connu des périodes de revenus fluctuants.
Lorsque vous consultez votre relevé de carrière, plusieurs éléments doivent attirer votre attention :
- les années au cours desquelles vos quatre trimestres ne sont pas validés ;
- les années où figurent des incohérences, comme des trimestres validés auprès du régime de base et, proportionnellement, peu de points de retraite complémentaire ;
- les années marquées par une baisse de revenus inexpliquée ;
- les périodes suivant un changement de statut (salarié, indépendant, gérant majoritaire, président de société) ;
- les années où la rémunération repose surtout sur des dividendes plutôt que sur un revenu soumis à cotisations retraite.
En cas d’anomalies, vous pouvez la signaler via l’espace personnel de votre compte retraite.
Voici les principaux impacts que ces erreurs ou anomalies peuvent avoir sur votre retraite :
| Erreur ou anomalie constatée | Impact possible sur votre retraite |
| Trimestres manquants sur une année | Durée d’assurance réduite et départ à taux plein potentiellement retardé |
| Revenus déclarés mais n’apparaissant pas | Pension de base potentiellement sous-évaluée |
| Période qui disparaît après un changement de statut | Trimestres ou points potentiellement pas comptabilisés |
| Dernière année d’activité incomplète | Certains droits pourtant acquis qui peuvent manquer au calcul |
| Points de retraite complémentaire mal comptabilisés | Pension complémentaire sous-évaluée |
| Rémunération reposant surtout sur des dividendes | Pension potentiellement plus basse |
Vous pensez avoir identifié une ou plusieurs erreurs ou avez un doute sur votre relevé de carrière ?
Un audit retraite Neovia permet de reconstituer votre carrière en détail et d’identifier plus facilement les erreurs.
Les informations transmises aux caisses de retraite
Certaines périodes de votre vie peuvent compter dans le calcul de votre retraite. Elles sont à signaler auprès des caisses de retraite. C’est potentiellement le cas pour :
- des périodes d’activité à l’étranger ;
- des périodes de chômage non indemnisées ;
- des périodes pendant lesquelles vous avez été aidant d’un proche handicapé ou en perte d’autonomie.
Sachez également que des trimestres auxquels vous avez droit peuvent avoir été oubliés sur votre relevé et dans les estimations de vos droits à la retraite, comme :
- la majoration de trimestres pour enfant ;
- la majoration de trimestres pour enfant en situation de handicap ;
- les trimestres obtenus par l’affiliation à l’assurance vieillesse des parents au foyer.
Enfin, si vous êtes dirigeant, certaines périodes peuvent également être absentes ou incomplètes sur votre relevé de carrière, par exemple :
- des périodes suivant un changement de statut ;
- des années marquées par une forte fluctuation de revenus.
Pour partir à la retraite dans les meilleures conditions, il est important de vérifier la prise en compte de tous ces droits.
Le cas particulier des dirigeants : les erreurs fréquentes sur leurs relevés de carrière
En tant que dirigeant (gérant minoritaire ou majoritaire de SARL, président de SAS ou SASU, gérant d’EURL ou encore entrepreneur individuel (EI)), vous pouvez être amené à changer plusieurs fois de statut au cours de votre carrière professionnelle.
Selon votre situation, vous relevez alors du statut d’assimilé salarié ou de TNS (travailleur non-salarié). En conséquence, les règles de cotisations et les régimes de retraite auprès desquels vous cotisez peuvent changer.
Suite à ces changements, des erreurs sur votre relevé de carrière sont donc possibles : périodes manquantes, trimestres non enregistrés ou encore points de retraite complémentaire incorrects. Dans ces situations, il est important de le signaler aux caisses de retraite concernées.
Voici 3 exemples de situations dans une carrière de dirigeant pour lesquelles des erreurs sont possibles :
Cas numéro 1 : une année incomplète
Vous êtes président.e de SAS et votre rémunération insuffisante ne vous permet de valider qu’un seul trimestre sur l’année. L’année suivante, vos revenus augmentent fortement. Toutefois, vous ne pouvez pas valider plus de quatre trimestres par année civile et vous ne pourrez pas rattraper les trimestres non acquis l’année précédente. Cette année incomplète apparaîtra sur votre relevé mais elle ne constitue pas pour autant une erreur.
Cas numéro 2 : des changements de statuts
ous travaillez en tant que salarié, puis vous devenez propriétaire majoritaire d’une SARL en tant que travailleur non salarié (TNS), et enfin, vous êtes élu président d’une SAS sous le statut d’assimilé salarié. En changeant de statut, vous cotisez différemment et auprès de plusieurs régimes : des erreurs sur votre relevé sont donc possibles. Un audit de votre carrière permettrait d’identifier une période manquante ou des droits mal reportés lors d’un changement de statut.
Cas numéro 3 : des dividendes sans cotisation retraite
Vous êtes président.e de SAS et percevez 25 000 € de rémunération et 50 000 € de dividendes, soit 75 000 € au total. Toutefois, vos droits à la retraite sont calculés uniquement sur votre rémunération et non sur les dividendes.
Un audit de votre carrière permettrait de calculer précisément l’écart entre ce que vous percevez et les revenus sur lesquels vous cotisez réellement pour votre retraite et in fine adapter votre stratégie pour optimiser votre retraite.
Sources :