Tout savoir sur le chômage et la retraite

Vous avez eu une période de chômage ? Alors vous avez cotisé des trimestres mais sous certaines conditions. Nous vous les détaillons ici.
Sommaire

En résumé

Quelle que soit l’allocation perçue (allocation de retour à l’emploi, allocation de solidarité spécifique…) les demandeurs d’emploi peuvent valider jusqu’à 4 trimestres par an.

Si vous êtes au chômage et proche de la retraite, vous pouvez bénéficier de certains dispositifs spécifiques.

  • Si vous cumulez le nombre de trimestres requis en fin de carrière, vous pouvez déposer votre demande de retraite 4 à 5 mois avant votre âge légal de départ à la retraite ;
  • Si vous n’avez pas le nombre de trimestres requis en fin de carrière, vous continuerez à percevoir vos indemnités de chômage, dans la limite des droits déterminés par France Travail et ce jusqu’à ce que vous ayez le taux plein, sous certaines conditions.

Ainsi, il est important de bien suivre vos périodes de chômage et de vérifier votre relevé de carrière régulièrement pour veiller à ce que toutes les périodes soient correctement prises en compte dans le calcul de votre future retraite.

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Être au chômage peut avoir des conséquences sur votre future retraite, que ce soit de manière positive ou négative. Heureusement, le régime général prévoit des dispositions pour prendre en compte ces périodes de chômage dans le calcul des trimestres validés. Que vous soyez indemnisé ou non, le chômage ouvre, sous certaines conditions, des droits à la retraite de base et parfois complémentaire.

Vous avez été au chômage au cours de votre carrière. Quel impact cela aura-t-il sur votre retraite ?

Afin de prendre en compte les aléas de la vie professionnelle, le régime général des salariés valide les périodes de chômage, sous certaines conditions.

Si vous êtes au chômage et proche de l’âge légal de départ à la retraite, vous pouvez bénéficier de certains dispositifs spécifiques.

Quelle que soit l’allocation perçue (allocation de retour à l’emploi, allocation de solidarité spécifique…), les demandeurs d’emploi peuvent valider jusqu’à 4 trimestres par année.

L’allocation de solidarité spécifique (ASS) permet de valider des trimestres retraite contrairement au revenu de solidarité active (RSA) qui n’ouvre aucun droit à la retraite.

Les périodes de chômage indemnisées

Vos périodes de chômage indemnisé permettent de valider des trimestres de cotisation. Ils sont intégrés au calcul de votre retraite de base.

50 jours indemnisés donnent droit à 1 trimestre validé, dans la limite de 4 trimestres maximum par an. Vous obtenez également des points supplémentaires pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco pendant ces périodes.

France Travail (ex-Pôle Emploi) cessera de vous verser les allocations chômage à l’âge légal de départ à la retraite si vous avez validé le nombre de trimestres requis en fin de carrière. Cet âge est identique à celui des personnes en activité de votre année de naissance.

Les périodes de chômage non indemnisées

Les périodes de chômage non indemnisé

Si la période ne fait pas suite à du chômage indemnisé, elle ne peut être validée qu’une seule fois dans la carrière : avant 2011, validation dans la limite d’un an. Pour une période survenue après 2011, validation dans la limite d’un an et demi avec au maximum 6 trimestres validés.

Si la période fait suite à du chômage indemnisé :

– Si elle intervient avant 55 ans à la date de cessation de l’indemnisation chômage : 1 an validé au maximum,

– Si elle intervient après 55 ans et que vous totalisez plus de 20 ans (80 trimestres) de cotisation et que vous ne relevez pas d’un nouveau régime obligatoire d’assurance vieillesse : 5 années validées au maximum.

Aucun point n’est validé pour la retraite complémentaire en cas de chômage non indemnisé.

Cumul d’allocations chômage et d’activité à temps partiel

Vous avez travaillé tout en bénéficiant d’allocations chômage ? L’assurance retraite prend d’abord en compte le nombre de trimestres auquel vous donnent droit les cotisations payées sur vos revenus d’activité. Si elles ne sont pas suffisantes pour valider 4 trimestres cotisés, vous bénéficierez du complément en trimestres dit « assimilés » pour période de chômage.

Par exemple, si vous avez validé seulement 3 trimestres en travaillant à temps partiel et que vous perceviez un complément d’indemnisation, un 4e trimestre assimilé vous sera attribué au titre de la période de chômage indemnisé.

Chômage indemnisé et retraite anticipée pour carrière longue

Jusqu’à 4 trimestres de chômage indemnisé peuvent être comptabilisés pour remplir la condition de durée de cotisation vous permettant de bénéficier de la retraite anticipée pour carrière longue.

Chômage indemnisé et retraite complémentaire

Les allocations chômage vous ouvrent droit à des points pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Les points sont calculés sur la base du salaire de référence, c’est-à-dire celui de la dernière année en emploi.

Une cotisation est prélevée sur vos allocations. Elle s’élève à 3 % de votre salaire journalier de référence (SJR).

Le salaire journalier de référence est calculé comme suit :

SJR = salaire brut de vos 24 derniers mois de travail* / nombre total de jours écoulés entre le début et la fin de votre contrat de travail sur cette période

* 36 mois, si vous avez plus de 55 ans.

Vos points sont ensuite déterminés d’après un calcul prenant en compte 4 éléments :

  • Le salaire journalier de référence, servant à calculer le montant de vos allocations chômage ;
  • L’assiette fictive des cotisations, fondée sur un salaire fictif correspondant au montant de votre salaire journalier de référence, multiplié par le nombre de jours durant lequel vous avez reçu vos allocations chômage pendant l’année au titre d’un même emploi ;
  • Le taux de calcul des points : 6,2 % pour la partie inférieure au plafond annuel de Sécurité sociale (Pass, 47 100 euros au 1er janvier 2025), et de 17 % pour la partie supérieure.
  • La valeur d’achat du point, fixée à 20,1877 euros en 2025.

Le calcul est ensuite le suivant :
Tranche 1 : (Assiette fictive x 6,20 %) / 20,1877 euros ; Tranche 2 : (Assiette fictive x 17 %) / 20,1877 euros

Les périodes de chômage non indemnisé

Les périodes de chômage non-indemnisé peuvent également être prises en compte par l’assurance retraite.

La première période de chômage non indemnisé

Lors de la première période de chômage non indemnisé ne faisant pas suite à une période de chômage indemnisé, il est possible de valider des trimestres.

On compte 1 trimestre par période de 50 jours de chômage, dans la limite de :

  • 1 an pour les périodes allant jusqu’au 31 décembre 2010 ;
  • 1 an et demi (dans la limite de 6 trimestres) à partir du 1er janvier 2011.

Le relèvement de cette limite bénéficie tout particulièrement aux jeunes en début de carrière, dès lors qu’ils ont déjà cotisé à l’assurance vieillesse.

Les périodes suivantes de chômage non indemnisé

Une condition s’ajoute : la période de chômage non indemnisé doit succéder immédiatement à une période de chômage indemnisé. Les trimestres comptent alors de la même façon dans la limite de 1 an. Si vous avez plus de 55 ans et avez cotisé au moins 20 ans à la retraite, la limite est portée à 5 années.

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Règles particulières pour le chômage non indemnisé

Il faut, de toute façon, avoir cotisé à la SSI ou au régime général avant la période de chômage pour valider des trimestres. Il n’y a pas de montant minimal, une courte période comme durant un simple travail d’été suffit. Si vous cherchez du travail après vos études et n’avez jamais travaillé et cotisé, votre période de recherche ne comptera pas pour la retraite.

La première période de chômage de 1 an et demi peut être « continue » ou « discontinue ». C’est-à-dire que si vous avez repris une activité pendant cette période, rémunérée mais pas suffisamment longue pour vous ouvrir des droits au chômage indemnisé, cela n’interrompt pas la validation. Vos trimestres de chômage au-delà de cette période de travail pourront bien être validés.

En revanche, pour les périodes suivantes, le chômage non indemnisé doit être « continu ». Si vous retravaillez ne serait-ce qu’une journée, sans ouvrir de nouveaux droits au chômage, les périodes au-delà ne seront pas prises en compte.

Retenez que dans le cas du chômage non indemnisé, vous ne bénéficiez pas de points pour la retraite complémentaire. Les trimestres validés concernent seulement la retraite de base et non la retraite complémentaire Agirc-Arrco.

Retraite et chômage : quelles démarches réaliser ?

France Travail transmet les informations relatives aux périodes indemnisées aux Carsat (Caisses d’assurance retraite et de santé au travail).

Depuis juillet 2012, l’organisme fait de même avec les périodes de chômage non indemnisé.

Si l’une ou l’autre période ne figure pas sur votre relevé de situation individuelle, vous devez demander un correctif auprès de votre caisse de retraite. Signalez à la Carsat les périodes de chômage non indemnisé antérieures à juillet 2012. Une déclaration sur l’honneur accompagnée de justificatifs vous sera demandée.

Il est important de vérifier régulièrement votre relevé de carrière pour vous assurer que toutes les périodes de chômage, indemnisées ou non, sont bien prises en compte. En cas d’oubli ou d’erreur, contactez votre caisse de retraite pour effectuer les rectifications nécessaires.

Un indépendant peut-il percevoir une assurance chômage ? Quel est l’impact d’une période d’inactivité pour le calcul de la retraite ?

Pour les assurés du régime général et ceux de la Sécurité sociale des indépendants (SSI, ex-RSI), toutes les périodes de chômage antérieures au 1er janvier 1980 sont prises en compte pour le calcul de votre retraite, que vous ayez été indemnisé ou non.

À partir de 1980, ces périodes sont prises en compte différemment selon s’il s’agit d’une première période ou de périodes suivantes faisant suite à une période indemnisée.

L’allocation chômage des indépendants valide-t-elle des trimestres ?

Depuis le 1er novembre 2019, les travailleurs indépendants peuvent obtenir de France Travail une allocation de chômage appelée l’Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI). Pour l’obtenir, il faut remplir plusieurs conditions :

  • Être inscrit à France Travail ;
  • Être à la recherche effective d’un emploi ;
  • Disposer de ressources inférieures au montant du revenu de solidarité active (RSA), soit 646,52 euros* par mois en 2025 ;
  • Avoir cessé son activité indépendante en raison d’une liquidation ou d’un redressement judiciaire ;
  • Avoir eu un chiffre d’affaires d’au moins 10 000 euros par an au cours des 2 années précédant la cessation d’activité ;
  • Avoir exercé son activité indépendante au moins pendant 2 ans et cela sans interruption.

* Pour une personne seule sans enfant et sans ressource.

L’ATI, dont le montant forfaitaire est de 26,30 euros par jour, est versée pour une durée limitée de 6 mois (182 jours) non renouvelable. Chaque trimestre civil comportant au moins 50 jours de perception de cette indemnité permet de valider un trimestre pour la retraite.

À noter :
Pour partir à la retraite anticipée pour carrière longue, il faut justifier de 5 trimestres cotisés ou assimilés à la fin de l’année civile de ses 20 ans (4 trimestres si vous êtes né au cours du 4e trimestre de l’année) et d’un certain nombre de trimestres cotisés à la fin de sa carrière. Par exemple, 167 trimestres pour une personne née en 1960. Cependant, 4 trimestres de chômage indemnisé au maximum peuvent entrer, par exception, dans le décompte de ces 167 trimestres considérés comme cotisés.

Si vous êtes né après le 1er janvier 1968, France Travail cessera de vous indemniser à 64 ans si vous avez acquis le nombre de trimestres requis en fin de carrière.

Vous pouvez vérifier votre âge de départ à la retraite en fonction de votre année de naissance sur lassuranceretraite.fr

Assurez-vous que votre relevé de carrière soit complet et toutes vos périodes travaillées comme les événements de votre vie (chômage, maladie, parentalité) sont prises en compte.

Cotisation retraite et chômage : quelles retenus sur les allocations chômage ?

Des périodes de chômage peuvent permettre d’acquérir des trimestres et ainsi influencer le calcul de votre retraite. Elles permettent de valider des trimestres assimilés pour la retraite de base et d’acquérir des points de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Depuis novembre 2019, les salariés démissionnaires et les travailleurs indépendants peuvent prétendre à une allocation de chômage et valider des trimestres via cette nouvelle prestation. »

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FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Cela dépend de l’option et de votre situation. Le rachat au taux seul, qui efface la décote, est généralement rentable assez vite ; le rachat taux + durée l’est beaucoup plus lentement. La déduction fiscale améliore nettement le calcul, surtout si vous êtes fortement imposé. Pour les hauts revenus, l’effet sur la retraite complémentaire peut faire pencher la balance. Un calcul personnalisé est indispensable avant de décider.

 

12 trimestres maximum sur l’ensemble de la carrière, au titre des études supérieures et/ou des années incomplètes. S’y ajoutent, sous conditions, jusqu’à 2 trimestres de stages en entreprise à tarif réduit. Dans tous les cas, on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an.

 

Idéalement 4 à 5 ans avant la date de départ souhaitée : les règles de calcul sont alors connues et le gain comme l’économie d’impôt peuvent être chiffrés précisément. Racheter trop tôt (avant 30 ans) fait courir le risque de payer pour des trimestres qui deviendront inutiles.

 

Au régime général, comptez entre 1 500 € et 4 500 € par trimestre au titre du taux seul, et jusqu’à 6 500 € au titre du taux + durée. Le prix exact dépend de votre âge, de vos revenus des 3 dernières années et de l’option choisie. Le barème est fixé chaque année par la CNAV.

 

La retraite progressive permet de percevoir une partie de sa retraite tout en exerçant une ou plusieurs activités à temps partiel. En revanche, le cumul avec d’autres dispositifs est encadré :

  • Avec une activité salariée : si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas exercer une activité indépendante en parallèle (et vice versa).
  • Avec le cumul emploi-retraite : la retraite progressive est une alternative au cumul emploi-retraite, et non un dispositif qui s’y ajoute. 

Après la retraite définitive : une fois admis à la retraite définitive, si vous poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, celle-ci est soumise aux règles du cumul emploi-retraite.

 

Le montant perçu dépend directement du temps de travail. Une retraite provisoire est calculée sur la base des droits acquis au moment de la demande, et la part versée est proportionnelle à la réduction d’activité. Par exemple, travailler à 65 % donne droit à 35 % de sa retraite. 

À cela s’ajoute le salaire à temps partiel, ce qui permet de maintenir un niveau de revenus global satisfaisant.

Le montant de la retraite progressive est provisoire : la pension sera recalculée et généralement revalorisée lors du départ définitif en retraite, en tenant compte des cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

 

Oui, l’employeur peut refuser une demande de retraite progressive. Toutefois, la loi encadre désormais strictement les motifs de refus : l’employeur doit justifier son refus par les conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l’activité de l’entreprise, ou par des difficultés de recrutement sur le poste concerné. Un employeur invoquant des arguments inexacts s’expose à un recours aux prud’hommes. 

En l’absence de réponse de l’employeur dans les 2 mois suivant la demande, celle-ci est considérée comme acceptée.

 

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, quelle que soit l’année de naissance.

 

Oui, en principe. La fusion n’a modifié ni les droits acquis, ni les taux de cotisation. En pratique, des trimestres ou des revenus ont parfois été mal repris lors du transfert : faire vérifier son relevé de carrière avant de partir est vivement recommandé.

 

Comme pour les salariés : une retraite de base assise sur le revenu annuel moyen des 25 meilleures années (taux de 50 % au taux plein, avec décote ou surcote selon les trimestres), complétée par une retraite complémentaire des indépendants calculée en points. Les droits acquis avant 2018 sont intégralement conservés.

 

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