Retraite médecin généraliste libéral : tout savoir

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Sommaire

A partir de l’âge légal compris entre 62 et 64 ans, un médecin généraliste, lorsqu’il exerce de façon libérale, peut faire liquider ses retraites de base et complémentaires. La retraite de base du médecin libéral, qu’il soit généraliste ou spécialiste, sera calculée à taux plein s’il totalise suffisamment de trimestres ; sinon, son montant sera minoré.

Pour les retraites complémentaires de la Carmf et du régime de l’Allocation Supplémentaire de Vieillesse (ASV), le nombre de trimestres ne compte pas ; elles ne subissent pas d’abattement. En revanche, leur montant est majoré en cas de poursuite d’activité au-delà de 62 ans. 

Nos experts sont là pour répondre à toutes vos questions concernant le montant et l’âge de la retraite d’un médecin généraliste. Nous vous offrons un accompagnement personnalisé pour comprendre les subtilités de votre régime de retraite et optimiser vos droits.

Retraite du médecin généraliste libéral : quels régimes ?

Tous les médecins exerçant à titre libéral, qu’ils soient généralistes ou spécialistes, sont obligatoirement affiliés à la Caisse autonome de retraite des Médecins de France (CARMF).
Cette caisse s’occupe de la gestion des retraites pour cette profession. En plus de gérer la retraite des médecins eux-mêmes, la CARMF s’occupe également des droits à la retraite des conjoints collaborateurs travaillant au sein des cabinets médicaux.
Concrètement, cette caisse unique assure la gestion des trois régimes de
retraite auxquels les médecins généralistes libéraux peuvent prétendre.

Les médecins libéraux ont droit à trois types de retraite :

  • Tout d’abord la retraite du médecin généraliste de base (la CNAVPL pour Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales) : les cotisations versées à ce régime sont converties en points de retraite selon des modalités qui ont varié dans le temps. Certaines situations donnent droit, en outre, à des points gratuits. Toutefois, pour fixer le montant de la retraite d’un médecin libéral de base, les trimestres d’assurance vieillesse validés au cours de votre carrière sont également pris en compte. Ainsi, un trimestre est validé chaque fois que le médecin a cotisé sur un revenu professionnel égal à au moins 150 fois la valeur du Smic horaire (sachant qu’une année ne peut comporter plus de 4 trimestres).
  • Ensuite, la retraite complémentaire des médecins libéraux (RCV ou Régime complémentaire Vieillesse). Le nombre de points acquis est proportionnel aux revenus non-salariés du professionnel.
  • Enfin, la retraite du régime ASV (Allocations supplémentaires vieillesse) : pour les médecins conventionnés de secteur 1, une partie des cotisations à ce troisième niveau de pension est prise en charge par l’assurance maladie. Les modalités d’acquisition des points ont changé dans le temps.

Âge de la retraite d’un médecin généraliste : quels montants pour une liquidation à l’âge légal ?

La retraite d’un médecin libéral de base est établie selon la formule suivante « nombre de points validés x valeur du point » si le médecin a accumulé suffisamment de trimestres d’assurance vieillesse au cours de toute sa carrière (dans tous les régimes confondus). 

Le nombre de trimestre nécessaires évolue selon l’année de naissance du professionnel. Ainsi 167 trimestres sont nécessaires pour les personnes nées avant le 1er septembre 1961, et ce montant évolue d’un trimestre par année de naissance, pour arriver à 172 trimestres pour les personnes nées à partir de 1965. 

Tableau récapitulatif de l’âge de départ à la retraite d’un médecin généraliste :

Année de naissance

CNAVPL, RCV et ASV CNAVPL
Âge d’ouverture des droits à la retraite Nombre de trimestres requis pour bénéficier d’une retraite à taux plein

Âge du taux plein

1955 à 1957

62 ans 166 67 ans
1958 à 1960

167

1er janvier – 31 août 1961

168

1er septembre – 31 décembre 1961 62 ans et 3 mois

169

1962 62 ans et 6 mois
1963 62 ans et 9 mois

170

1964 63 ans

171

1965 63 ans et 3 mois

172

1966 63 ans et 6 mois
1967 63 ans et 9 mois
à partir de 1968

64 ans

À défaut, le montant de la retraite d’un médecin libéral de base subit une décote de 1,25 % par trimestre manquant soit par rapport au nombre de trimestres requis soit par rapport à l’âge où le taux plein est accordé automatiquement (67 ans pour celles et ceux nés à partir de 1955). Le chiffre le plus favorable pour l’assuré est retenu.

Exemple pour savoir lâge de départ à la retraite d’un médecin généraliste libéral : un médecin né en 1959 prend sa retraite à 62 ans avec 155 trimestres alors qu’il lui en faudrait 167 pour échapper à la décote. Il lui manque donc 12 trimestres (167 – 155) et 20 trimestres pour atteindre 67 ans. La décote sera donc de 15 % (1,25 % x 12). 

Montant de la retraite d’un médecin libéral généraliste : comment obtenir une surcote ?

Il y a deux manières d’obtenir une surcote en ce qui concerne la retraite d’un médecin généraliste de base.

  • La première : le médecin doit poursuivre son activité au-delà de l’âge auquel il a suffisamment de trimestres pour obtenir le taux plein. Chaque trimestre accompli en plus augmente de 1,25% la retraite de base (la surcote était de 0,75 % jusqu’au 01/09/2023).Exemple : un médecin, né en 1962, justifie des 169 trimestres requis pour obtenir sa retraite à taux plein. En prolongeant son activité pendant un an, le montant de sa retraite en tant que médecin libéral de base sera majorée de 5% (1,25% x 4).
  • La deuxième manière d’obtenir une surcote est grâce au dispositif de la retraite dit « en temps choisi ». Le médecin qui fera liquider ses retraites complémentaires et ASV après 62 ans, bénéficiera d’une majoration de 1,25% par trimestre supplémentaire. En demandant à bénéficier de ses retraites à 63 ans, elles seront majorées de 5% ; à 64 ans et 2 trimestres de 12,50%. La surcote n’est plus que de 0,75% par trimestre entre 65 et 70 ans. Pour une liquidation à 70 ans, la surcote sera donc de 30%.
Exemples de majoration en cas de départ en retraite après 62 ans

Age de départ

Majoration

62 ans et 3 trimestres

+3,75%

64 ans et 2 trimestres

+12,50%

65 ans et 1 trimestres

+15,75%

66 ans et 3 trimestres

+20,25%

68 ans et 2 trimestres

+25,50%

70 ans

+30,00%


A noter : à partir d’un certain
âge, la retraite d’un médecin généraliste de base est liquidée automatiquement à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres validés. L’âge du taux plein automatique est fixé pour toutes les générations à 67 ans.

Si vous n’avez pas suffisamment de trimestres avant cet âge pour obtenir le taux plein, pour majorer votre retraite de base, il vous faudra poursuivre votre activité au-delà de l’âge d’attribution automatique du taux plein ou alors racheter des trimestres.

La pension de réversion

La pension de réversion permet aux conjoints survivants de médecins généralistes libéraux de bénéficier d’une part des retraites que le médecin avait accumulées.
Toujours gérée par la CARMF, cette pension offre un soutien financier après le décès du médecin.

Les conditions générales

Pour être éligible à la pension de réversion du régime de base, le conjoint doit respecter des conditions de ressources spécifiques, et le taux appliqué est de 54 %. Les régimes complémentaires et ASV, quant à eux, ne requièrent pas de conditions de ressources, et offrent un taux de réversion de 60 % pour le complémentaire et 50 % pour l’ASV. L’âge minimum pour prétendre à cette pension varie de 55 ans pour le régime de base à 62 ans pour les autres.

Les majorations et conditions particulières

Une majoration de 10 % est appliquée pour les conjoints ayant eu ou élevé trois enfants ou plus. Il n’y a pas de limite de cumul avec d’autres revenus pour les pensions issues des régimes complémentaires et ASV, ce qui facilite la gestion financière du conjoint survivant.

Est-il possible de faire liquider ses retraites et poursuivre son activité ?

C’est possible avec le dispositif du cumul emploi retraite, une option attrayante pour celles et ceux qui approchent l’âge de départ à la retraite. Le médecin généraliste peut donc améliorer son revenu ou maintenir son niveau de vie en diminuant son activité. Attention cependant, si les retraites ont été liquidées avec une décote (sans avoir obtenu le nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein), un plafond de revenu devra être respecté de 47 100 € (valeur 2025).

Le médecin continuera à régler les mêmes cotisations retraite qu’auparavant sans que cela ne lui rapporte de droit à la retraite supplémentaire. Une fois liquidées, les retraites ne sont pas recalculées au moment de la cessation d’activité (ce sont donc des cotisations à fonds perdus). 

Cependant, depuis le 1er septembre 2023 (réforme des retraites), pour les retraites liquidées à taux plein, la reprise d’activité dans le cadre du cumul emploi-retraite libéralisé permet d’obtenir des droits supplémentaires à la retraite au régime de base. La seconde pension ainsi obtenue est plafonnée à 5 % du Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 2 355 € annuels bruts en 2025. Ainsi, un médecin libéral ayant un revenu supérieur au PASS peut obtenir la pension maximale au bout de 6-7 années de cotisations après la liquidation de sa première pension.

Petit rappel, la couverture du régime invalidité-décès ne s’applique plus pendant le cumul emploi-retraite (indemnisation si le médecin est reconnu atteint d’une maladie ou victime d’un accident entraînant une invalidité totale et définitive le rendant inapte à exercer sa profession).

Retraite d’un médecin généraliste : son montant moyen

En juin 2023, la retraite moyenne des médecins généralistes libéraux a enregistré une augmentation significative en atteignant 2829 euros. Cette hausse de plus de 100 euros par rapport à l’année précédente s’explique principalement par les ajustements apportés pour compenser les effets de l’inflation. Ces revalorisations sont essentielles pour maintenir le pouvoir d’achat des médecins retraités face aux fluctuations économiques. L’augmentation de la pension moyenne est une nouvelle positive pour les médecins généralistes qui ont consacré leur vie à préserver la santé de leurs patients.

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FAQ

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Cela dépend de l’option et de votre situation. Le rachat au taux seul, qui efface la décote, est généralement rentable assez vite ; le rachat taux + durée l’est beaucoup plus lentement. La déduction fiscale améliore nettement le calcul, surtout si vous êtes fortement imposé. Pour les hauts revenus, l’effet sur la retraite complémentaire peut faire pencher la balance. Un calcul personnalisé est indispensable avant de décider.

 

12 trimestres maximum sur l’ensemble de la carrière, au titre des études supérieures et/ou des années incomplètes. S’y ajoutent, sous conditions, jusqu’à 2 trimestres de stages en entreprise à tarif réduit. Dans tous les cas, on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an.

 

Idéalement 4 à 5 ans avant la date de départ souhaitée : les règles de calcul sont alors connues et le gain comme l’économie d’impôt peuvent être chiffrés précisément. Racheter trop tôt (avant 30 ans) fait courir le risque de payer pour des trimestres qui deviendront inutiles.

 

Au régime général, comptez entre 1 500 € et 4 500 € par trimestre au titre du taux seul, et jusqu’à 6 500 € au titre du taux + durée. Le prix exact dépend de votre âge, de vos revenus des 3 dernières années et de l’option choisie. Le barème est fixé chaque année par la CNAV.

 

La retraite progressive permet de percevoir une partie de sa retraite tout en exerçant une ou plusieurs activités à temps partiel. En revanche, le cumul avec d’autres dispositifs est encadré :

  • Avec une activité salariée : si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas exercer une activité indépendante en parallèle (et vice versa).
  • Avec le cumul emploi-retraite : la retraite progressive est une alternative au cumul emploi-retraite, et non un dispositif qui s’y ajoute. 

Après la retraite définitive : une fois admis à la retraite définitive, si vous poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, celle-ci est soumise aux règles du cumul emploi-retraite.

 

Le montant perçu dépend directement du temps de travail. Une retraite provisoire est calculée sur la base des droits acquis au moment de la demande, et la part versée est proportionnelle à la réduction d’activité. Par exemple, travailler à 65 % donne droit à 35 % de sa retraite. 

À cela s’ajoute le salaire à temps partiel, ce qui permet de maintenir un niveau de revenus global satisfaisant.

Le montant de la retraite progressive est provisoire : la pension sera recalculée et généralement revalorisée lors du départ définitif en retraite, en tenant compte des cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

 

Oui, l’employeur peut refuser une demande de retraite progressive. Toutefois, la loi encadre désormais strictement les motifs de refus : l’employeur doit justifier son refus par les conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l’activité de l’entreprise, ou par des difficultés de recrutement sur le poste concerné. Un employeur invoquant des arguments inexacts s’expose à un recours aux prud’hommes. 

En l’absence de réponse de l’employeur dans les 2 mois suivant la demande, celle-ci est considérée comme acceptée.

 

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, quelle que soit l’année de naissance.

 

Oui, en principe. La fusion n’a modifié ni les droits acquis, ni les taux de cotisation. En pratique, des trimestres ou des revenus ont parfois été mal repris lors du transfert : faire vérifier son relevé de carrière avant de partir est vivement recommandé.

 

Comme pour les salariés : une retraite de base assise sur le revenu annuel moyen des 25 meilleures années (taux de 50 % au taux plein, avec décote ou surcote selon les trimestres), complétée par une retraite complémentaire des indépendants calculée en points. Les droits acquis avant 2018 sont intégralement conservés.

 

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