Combien de trimestres pour une retraite à taux plein en 2026 ?

Le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir sa retraite à taux plein a augmenté avec la réforme. Combien de trimestres vous seront nécessaires ?
Sommaire

En 2026, le nombre de trimestres exigé pour partir à la retraite à taux plein se situe entre 167 et 172 trimestres selon votre année de naissance (soit entre 41 ans et 9 mois et 43 ans de durée d’assurance).
La suspension de la réforme des retraites de 2023, actée fin 2025, modifie ce calendrier pour les générations 1964 à 1968. Voici les chiffres à jour, génération par génération, et la méthode pour savoir où vous en êtes.

  • 167 à 172 trimestres : le nombre exigé dépend de votre année de naissance (et non d’un seuil unique).
  • Deux conditions cumulatives pour le taux plein : avoir l’âge légal (entre 62 et 64 ans) ET le nombre de trimestres requis.
  • La suspension de la réforme 2023 (LFSS 2026) abaisse l’âge et la durée requise pour les générations 1964 à 1968, pour les départs à compter du 1er septembre 2026.
  • À 67 ans, le taux plein est automatique, quel que soit votre nombre de trimestres : aucune décote.
  • Tous régimes confondus : c’est votre durée d’assurance totale, salarié comme indépendant, qui est prise en compte.

La retraite à taux plein est une pension de base calculée au taux maximal de 50 % du salaire annuel moyen (la moyenne de vos 25 meilleures années au régime général), sans décote. C’est l’objectif de la quasi-totalité des assurés : partir sans subir de réduction définitive de pension.

On obtient le taux plein de deux façons : soit en réunissant le nombre de trimestres requis pour sa génération, soit automatiquement à 67 ans, âge du taux plein quel que soit le nombre de trimestres validés.

À ne pas confondre : taux plein et pension complète
Le taux plein supprime la décote (le coefficient de minoration). Mais une pension de base se calcule aussi au prorata des trimestres réellement validés au régime général.
On peut donc avoir le taux plein grâce aux trimestres tous régimes confondus, tout en subissant une proratisation si la carrière au régime général est incomplète.
Cette nuance, souvent ignorée des simulateurs, change le montant final ; c’est l’un des points qu’un expert vérifie ligne par ligne sur votre relevé.

Le tableau ci-dessous reprend les chiffres officiels en vigueur, vérifiés au 1er janvier 2026 et intégrant déjà la suspension de la réforme. Il indique, pour chaque génération, l’âge à partir duquel vous pouvez partir et le nombre de trimestres exigé pour le taux plein.

Vous êtes né(e)Départ possible à partir deTrimestres exigés (taux plein)
Entre 1958 et 196062 ans
167 (41 ans 9 mois)
01/01/1961 – 31/08/196162 ans
168 (42 ans)

01/09/1961 – 31/12/1961

62 ans et 3 mois

169 (42 ans 3 mois)
1962
62 ans et 6 mois

169 (42 ans 3 mois)

01/01/1963 – 31/03/1965

62 ans et 6 mois

170 (42 ans 6 mois)

01/04/1965 – 31/12/1965

63 ans

171 (42 ans 9 mois)

1966
172 trimestres
172 (43 ans)

1967

63 ans et 3 mois

172 (43 ans)
1968
63 ans et 6 mois

172 (43 ans)
À partir du 01/01/1969

64 ans

172 (43 ans)

 Source : Service Public (DILA), fiche vérifiée le 1er janvier 2026.

Lire ce tableau ne suffit pas à connaître votre situation : carrière à cheval sur plusieurs régimes, trimestres pour enfants, périodes de chômage ou d’expatriation viennent modifier le compte réel. C’est précisément ce que reconstitue un bilan retraite, année par année.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026), promulguée le 30 décembre 2025, suspend le calendrier de la réforme de 2023 du 1er septembre 2026 jusqu’au 1er janvier 2028. Concrètement, l’âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois sur cette période, et le calendrier de montée en charge est décalé d’une génération.

Résultat : les assurés nés entre 1964 et 1968 partent environ un trimestre plus tôt, avec parfois un trimestre de moins à valider, par rapport à ce que prévoyait la réforme de 2023.
Ces nouvelles règles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 (et non dès la promulgation de la loi).

Année de naissanceÂge avant la suspension de la réformeÂge à partir du 01/09/2026Trimestres (avant/après)
1964
63 ans

62 ans et 9 mois

171 → 170

1965 (jan.–mars)

63 ans 3 mois

62 ans et 9 mois

172 → 170

1965 (avr.–déc.)

63 ans 3 mois

63 ans

172 → 171
1966
63 ans 6 mois

63 ans et 3 mois

172 → 172
1967
63 ans 9 mois

63 ans et 6 mois

172 → 172
1968
64 ans

63 ans et 9 mois

172 → 172

Pour les personnes nées à partir de 1969, la règle reste inchangée : 64 ans et 172 trimestres.

Un trimestre est validé dès que vous avez perçu un revenu soumis à cotisations égal à 150 fois le SMIC horaire brut. Au 1er janvier 2026, le SMIC horaire est de 12,02 € : il faut donc 1 803 € brut pour valider un trimestre, et 7 212 € brut sur l’année pour valider les 4 trimestres (maximum annuel, quel que soit votre revenu).

Certaines périodes sans cotisation sont tout de même comptées : chômage indemnisé, arrêt maladie, maternité, invalidité, service national. Ce sont les trimestres assimilés, retenus dans la durée d’assurance pour le taux plein (mais pas toujours pour les dispositifs exigeant des trimestres cotisés, comme la carrière longue).

Des trimestres supplémentaires peuvent être accordés, notamment pour :

  • les enfants élevés (majoration de durée d’assurance) ;
  • l’éducation d’un enfant en situation de handicap ;
  • la prise en charge d’un adulte handicapé ;
  • le congé parental.

Ces majorations sont fréquemment mal reportées sur les relevés de carrière. Or chaque trimestre oublié peut faire basculer un départ dans la décote ou, à l’inverse, avancer une date de départ. C’est l’un des points que l’audit du relevé permet de sécuriser.

Si vous partez avant 67 ans sans le nombre de trimestres requis, votre pension subit une décote : une réduction définitive, appliquée à vie.

  • Retraite de base : -0,625 % par trimestre manquant (le taux de 50 % diminue d’autant), dans la limite de 20 trimestres.
  • Retraite complémentaire Agirc-Arrco : -1 % par trimestre manquant pour les 12 premiers trimestres, 1,25 % pour les trimestres suivants dans la limite de 20 trimestres.
  • Le nombre de trimestres manquants retenu est le plus favorable pour vous : soit par rapport à la durée requise, soit par rapport à l’âge du taux plein (67 ans).

Exemple chiffré
Il vous manque 8 trimestres au moment du départ. La décote sur la base est de 8 × 0,625 % = 5 % (le taux passe de 50 % à 45 %), et de 8 × 1 % = 8 % (le taux passe de 100 % à 92 %) sur l’Agirc-Arrco. Sur 20 ans de retraite, l’écart cumulé se chiffre vite en dizaines de milliers d’euros.

Avant d’accepter une décote, il existe presque toujours des leviers : partir avec une carrière incomplète reste possible, mais mérite d’être arbitré (attendre, racheter, ou décaler de quelques mois).

Oui. À 67 ans, vous obtenez le taux plein automatiquement, quel que soit votre nombre de trimestres : aucune décote ne s’applique. C’est l’âge dit du « taux plein automatique ».

Attention toutefois : taux plein ne signifie pas pension maximale. Si votre carrière est incomplète, la proratisation continue de réduire le montant. Attendre 67 ans évite la décote, mais ne reconstitue pas les trimestres manquants. L’arbitrage « partir avec décote / attendre 67 ans / racheter » dépend de votre situation précise.

Plusieurs dispositifs permettent un départ anticipé au taux plein, sous conditions :

  • Carrière longue : départ avant l’âge légal si vous avez commencé à travailler jeune et réuni un nombre de trimestres cotisés suffisant (un décret du 8 mai 2026 fait évoluer ce dispositif au 1er septembre 2026).
  • Handicap : départ anticipé possible avec un taux d’incapacité reconnu et une durée d’assurance minimale.
  • Inaptitude / invalidité : taux plein à 62 ansl sans condition de trimestres.
  • Incapacité : taux plein dès 60 ans ou 2 ans avant l’âge légal en cas de maladie professionnelle ou accident du travail, sous certaines conditions notamment de taux d’incapacité
  • Retraite progressive : accessible dès 60 ans, pour réduire son activité tout en percevant une partie de sa pension.

Chacun de ces dispositifs obéit à des règles précises. Y être éligible sans le savoir ou s’en croire exclu à tort est fréquent.

Quand il manque des trimestres, trois options coexistent, et la bonne dépend du calcul :

1.     Racheter des trimestres : jusqu’à 12 trimestres (années d’études ou années incomplètes). Le coût dépend de l’âge, des revenus et de l’option choisie, et le versement est déductible fiscalement.

2.     Attendre : pour effacer la décote sans débourser, au prix de mois de retraite reportés.

Le bon arbitrage se chiffre. Un rachat de trimestres rentable pour l’un sera à perte pour l’autre, selon le nombre d’années de retraite escomptées et la fiscalité. C’est typiquement une décision où une simulation « à la louche » coûte cher.

Un simulateur estime à partir des données déjà enregistrées pouvant contenir des erreurs déjà existantes.
Selon le dernier rapport de la Cour des comptes, plus d’un nouveau retraité sur neuf a perçu une pension erronée en 2025.
Un expert, lui, vérifie, corrige et engage sa responsabilité sur le résultat.

Ce que Neovia fait concrètement pour votre situation :

  • Bilan Retraite Conseil : reconstitution de carrière, recalcul des droits et date de départ optimale pour les cadres et salariés.
  • Expertise Retraite : pour les dirigeants, chefs d’entreprise et professions libérales aux carrières multi-régimes, analyse des rachats, majorations et régimes pour optimiser la pension.
  • Étude à domicile : sur rendez-vous, un expert se déplace pour une analyse sur mesure et confidentielle.

Avec plus de 2 000 accompagnements par an et un audit qui détecte les anomalies de relevé ligne par ligne, Neovia transforme une question « combien de trimestres me faut-il ? » en réponse certaine, chiffrée et engagée.

Sources :

Service Public — Trimestres exigés pour le taux plein (vérifié 01/01/2026)

CNRACL — Suspension de la réforme : ce qui change au 01/09/2026

OFCE — Réforme et suspension : impacts (LFSS 2026)

info.gouv.fr — PLFSS 2026 : ce qui change pour les retraités

info.gouv.fr — SMIC revalorisé au 1er janvier 2026

L’Assurance retraite — Carrière longue

Code de la sécurité sociale — article L161-17-3 (Légifrance)

Combien de trimestres pour votre taux plein ?

Entre les seuils qui varient selon votre génération et la suspension de la réforme 2023, le compte exact est plus complexe qu’un simple tableau.
Un conseiller Neovia reconstitue votre carrière et vérifie vos trimestres pour fixer votre date de départ au taux plein, sans frais et sans engagement.

FAQ

Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la retraite classées par thématiques.

Les décrets d’application de la réforme de 2023 (article D. 351-1-10 du Code de la Sécurité sociale) fixent les conditions : retraite à taux plein dès 60 ans pour une incapacité permanente d’au moins 20 % liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle, et départ deux ans avant l’âge légal pour une incapacité de 10 % à 19 %, sous réserve d’une exposition d’au moins 17 ans à des facteurs de risques. Un accident de trajet n’ouvre pas ce droit.

 

Cela dépend du dispositif : 50 % d’incapacité permanente (ou handicap comparable) pour la retraite anticipée pour handicap dès 55 ans ; 20 % d’incapacité permanente d’origine professionnelle pour un départ dès 60 ans ; entre 10 % et 19 % pour un départ deux ans avant l’âge légal, sous conditions d’exposition aux risques professionnels.

 

Le cadre repose sur la réforme de 2023 (taux d’incapacité requis abaissé à 50 %, suppression de la condition de trimestres validés) et, en 2026, sur le décret du 7 mai 2026. Ce décret neutralise l’effet de la suspension de la réforme : pour les assurés nés avant 1973, la durée d’assurance de référence reste celle d’avant 2023. Le départ dès 55 ans à taux plein est maintenu, sous réserve des conditions d’incapacité et de trimestres cotisés.

 

Oui. Plusieurs dispositifs permettent un départ avant l’âge légal : la carrière longue (dès 58, 60, 62 ou 63 ans selon l’âge de début d’activité), le handicap (dès 55 ans), l’incapacité permanente d’origine professionnelle (dès 60 ans) et l’inaptitude au travail (dès 62 ans). Chacun obéit à des conditions précises de taux, de trimestres et de justificatifs.

 

Cela dépend de l’option et de votre situation. Le rachat au taux seul, qui efface la décote, est généralement rentable assez vite ; le rachat taux + durée l’est beaucoup plus lentement. La déduction fiscale améliore nettement le calcul, surtout si vous êtes fortement imposé. Pour les hauts revenus, l’effet sur la retraite complémentaire peut faire pencher la balance. Un calcul personnalisé est indispensable avant de décider.

 

12 trimestres maximum sur l’ensemble de la carrière, au titre des études supérieures et/ou des années incomplètes. S’y ajoutent, sous conditions, jusqu’à 2 trimestres de stages en entreprise à tarif réduit. Dans tous les cas, on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an.

 

Idéalement 4 à 5 ans avant la date de départ souhaitée : les règles de calcul sont alors connues et le gain comme l’économie d’impôt peuvent être chiffrés précisément. Racheter trop tôt (avant 30 ans) fait courir le risque de payer pour des trimestres qui deviendront inutiles.

 

Au régime général, comptez entre 1 500 € et 4 500 € par trimestre au titre du taux seul, et jusqu’à 6 500 € au titre du taux + durée. Le prix exact dépend de votre âge, de vos revenus des 3 dernières années et de l’option choisie. Le barème est fixé chaque année par la CNAV.

 

La retraite progressive permet de percevoir une partie de sa retraite tout en exerçant une ou plusieurs activités à temps partiel. En revanche, le cumul avec d’autres dispositifs est encadré :

  • Avec une activité salariée : si vous êtes salarié, vous ne pouvez pas exercer une activité indépendante en parallèle (et vice versa).
  • Avec le cumul emploi-retraite : la retraite progressive est une alternative au cumul emploi-retraite, et non un dispositif qui s’y ajoute. 

Après la retraite définitive : une fois admis à la retraite définitive, si vous poursuivez ou reprenez une activité professionnelle, celle-ci est soumise aux règles du cumul emploi-retraite.

 

Le montant perçu dépend directement du temps de travail. Une retraite provisoire est calculée sur la base des droits acquis au moment de la demande, et la part versée est proportionnelle à la réduction d’activité. Par exemple, travailler à 65 % donne droit à 35 % de sa retraite. 

À cela s’ajoute le salaire à temps partiel, ce qui permet de maintenir un niveau de revenus global satisfaisant.

Le montant de la retraite progressive est provisoire : la pension sera recalculée et généralement revalorisée lors du départ définitif en retraite, en tenant compte des cotisations versées pendant la période de retraite progressive.

 

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